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Leica Leicaflex

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Le Leicaflex est le premier appareil photographique reflex mono-objectif (SLR) conçu et fabriqué par la firme allemande Leitz, dont le nom a été changé à Leica en 1986. Celle-ci est bien connue aujourd’hui pour avoir été une des pionnières[1] de l’utilisation de la pellicule 35 mm en photographie avec à sa gamme d’appareils Leica commercialisés à partir de 1925[2]. Il a toutefois fallu attendre jusqu’en 1964 pour que la compagnie s’intéresse au marché des appareils reflex en introduisant le Leicaflex, un appareil robuste et haut de gamme mais dispendieux. Il a été suivi par les Leicaflex SL en 1968 et SL2 en 1974. La production de cette gamme d’appareils a cessé en 1976, victime de son coût de production élevé et du retard pris sur ses concurrents japonais.

TypeReflex mono-objectif
Format d'image24 × 36 mm
Faits en bref Type, Format de pellicule ...
Leicaflex
Image illustrative de l'article Leica Leicaflex

Type Reflex mono-objectif
Format de pellicule 135
Format d'image 24 × 36 mm
Monture porte-objectifs Leica R
Obturateur à rideau
Viseur Reflex à pentaprisme toit
Mise au point Manuelle
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Contexte historique

La visée reflex chez les appareils 35 mm a été introduite en 1936[3] avec le Kine-Exakta allemand suivi de près par le Sport russe en 1937 et le Praktiflex, allemand lui-aussi, en 1939. Les concepteurs de ces appareils cherchaient à corriger le principal inconvénient des appareils télémétriques : l’écart entre l’image observée dans le viseur et celle captée à travers l’objectif. Toutefois, les premiers appareils reflex souffraient aussi d’un désagrément de taille, l’inversion latérale de l’image, surtout que celle-ci se retrouvait la tête en bas lors d’une prise en orientation portrait.

Dès 1948, un nouveau type d’appareil apparaît sur le marché. Ils sont équipés d’un pentaprisme afin de redresser complètement l’image. Il s’agit du Rectaflex italien suivi de près par le Contax S de la firme allemande Zeiss Ikon. Cette dernière fabriquait aussi le Contax I, appareil télémétrique concurrent direct du Leica II. Les appareils de Zeiss Ikon utilisaient un obturateur focal à déplacement vertical composé de lamelles et de volets métalliques. Cet arrangement empêchait l’insertion d’un miroir mobile entre l’objectif et la pellicule qui aurait permis de transformer le Contax I en appareil reflex[4]. Zeiss Ikon a donc dû concevoir un appareil complètement nouveau avant d’arriver au Contax S.

En revanche, les appareils Leica de Leitz sont construits autour d’un obturateur à rideau à déplacement horizontal. Cette configuration offre la possibilité d’ajouter assez facilement un miroir à un appareil télémétrique afin de le convertir en appareil reflex. Le Zenit, fabriqué à partir de 1952 par KMZ près de Moscou, démontre bien que cette transition est possible puisqu’il est basé sur les appareils télémétriques russes Zorki, eux-mêmes dérivés du concept des Leica. Il a suffi aux ingénieurs russes d’augmenter la profondeur du boitier pour laisser suffisamment d’espace pour le mouvement du miroir et de modifier les objectifs en conséquence.

Piégé par la popularité de ses appareils télémétriques, Leitz n’a pas perçu l’importance du changement qui s’annonçait dans le marché des appareils petit-format et n’a pas pu saisir l’opportunité qui s’offrait à la compagnie. En effet, il aura fallu attendre dix-sept années après la mise en marché du premier appareil reflex à pentaprisme, le Rectaflex, pour que Leitz s’intéresse à son tour à ce segment du marché. Ainsi, en introduisant le Leicaflex en 1964, la firme était déjà à la traîne de presque toutes les compagnies qui se sont lancées dans ce marché, aussi bien japonaises qu’européennes.

Modèles et variations

La gamme des Leicaflex comprend trois modèles. Ils partagent tous les caractéristiques suivantes :

  • Un viseur grand et lumineux grâce à un écran équipé d’une lentille de Fresnel et d’un condenseur,
  • Une vitesse d’obturation maximale de 1/2000 sec et réglable de façon continue[5],
  • Une synchronisation du flash (électronique ou à bulbe) jusqu’à 1/100 sec
  • Et un retardateur avec une plage allant de 4 à 10 sec.

Leicaflex

Leicaflex de 1964

On réfère souvent à ce modèle comme le Leicaflex original ou standard, bien que ce ne soit pas une dénomination officielle. Cette première version de l’appareil est munie d’un photomètre placé au-dessus de la monture de l’objectif. Il ne permet donc pas une mesure de la lumière à travers la lentille (TTL) comme le font déjà des appareils concurrents tels que le Topcon RE et le Pentax Spotmatic.

Leicaflex de 1964, vue de dessus

La mise au point s’effectue à l’aide d’une zone circulaire couverte de plus de 13000 microprismes au centre de la fenêtre du viseur. Ceux-ci permettent de ne dévier que les rayons qui sont hors focus[5],[6]. Cet arrangement permet d’avoir une image floue lorsqu'elle est hors focus, comme avec un verre dépoli, mais en accentuant davantage la différence par rapport au reste de l’image, facilitant ainsi la mise au point.

Un petit levier près de celui du retardateur permet de garder le miroir en position relevée. Lorsque ce levier est placé vers le haut, le miroir opère normalement. S’il est tourné vers le côté, le miroir se relève dès qu’on appuie sur le déclencheur et reste ainsi jusqu’à ce qu’on replace le levier vers le haut. Avec le levier orienté vers le bas, le miroir est bloqué en position relevée avant le déclenchement de l’obturateur et jusqu’à ce que le levier soit retourné vers le haut[5].

Le Leicaflex a été mis sur le marché en même temps que quatre nouveaux objectifs développés spécialement pour lui afin de tenir compte de la plus grande distance (requise par l’ajout du miroir) entre l’objectif et la pellicule par rapport aux Leica télémétriques. Il s’agit du 35mm Elmarit-R f/2.8, du 50mm Summicron-R f/2, du 90mm Elmarit-R f/2.8 et du 135mm Elmarit-R f/2.8[7]. Ils sont munis de la nouvelle monture à baïonnette à trois pattes développées pour le Leicaflex, le suffixe R indiquant leur appartenance à ce nouveau système de visée reflex.

Au cours de l’année, un autre objectif a été introduit pour le Leicaflex : le 21mm Super-Angulon-R f/3.4[7]. Étant donné la très courte longueur focale de cet objectif, le miroir doit d’abord être relevé afin de pouvoir installer l’objectif dans l’espace ainsi libéré sous le miroir. Évidemment, il n’est alors plus possible de cadrer l’image, de faire la mise au point ni d’ajuster l’exposition. Pour le cadrage, Leitz a conçu un viseur optique grand-angle spécial (no de catalogue 12,002)[8] à installer dans la griffe porte-accessoire au-dessus de l’appareil. Bien qu’il permette de voir la scène à photographier, ce simple viseur n’a pas de mécanisme pour faire la mise au point. Il faut plutôt estimer la distance et ajuster en conséquence l’échelle des distances de l’objectif. Ce n’est pas un problème étant donné la grande profondeur de champ d’un tel objectif. Finalement, l’ouverture du diaphragme nécessaire doit être déterminée et notée à l’aide d’un objectif standard avant d’installer le Super-Angulon. Il suffit ensuite d’ajuster le Super-Angulon selon ce qu’on a noté[6].

Détails des Leicaflex Mark 1 (à gauche) et Mark 2 (à droite)

Un objectif de plus longue focale a aussi été introduit en 1966, le 180mm Elmarit-R f/2.8, muni comme tous les autres d’un diaphragme automatique à présélection[7]. Ce dernier objectif est apparu sur le marché après janvier 1966 puisqu’il n’apparaît toujours pas dans le catalogue no.39 de Leica du 1er février 1966[8].

Ce premier Leicaflex était disponible en versions chromées et laquées noires, la seconde étant beaucoup plus rare. La plage des numéros de série s’étale de 1080001 à 1174700 mais elle est partagée avec d’autres modèles d’appareils de sorte qu’un total de 37 500 unités a été construit[9]. De plus, les collectionneurs distinguent deux versions de ce Leicaflex original. La première, appelée « Mark 1 »[10], se reconnaît par la fenêtre du compteur de pose en forme de pointe de tarte tronquée et par les trois vis autour de la douille de fixation de trépied sous l’appareil. La deuxième version, « Mark 2 », a une fenêtre circulaire et la douille pour le trépied est intégré dans la base de l’appareil sans nécessité de vis. Environ 14800 unités font partie de la première version et 22650, de la deuxième.

Leicaflex SL

Leicaflex SL

En 1968, Leitz propose la mesure d’exposition à travers l'objectif (TTL) pour son nouveau modèle, le Leicaflex SL. Il ajoute également la mesure sélective de la lumière (d’où la dénomination SL) qui limite la lecture à la zone centrale de microprismes. De plus, la région du viseur qui entoure les microprismes est maintenant en verre dépoli[7]. Le développement d’un nouvel objectif rétrofocus, le 21mm Super-Angulon f/4, rend inutile le levier de blocage du miroir qui est remplacé par un bouton permettant de juger de la profondeur de champ.

On peut aussi noter l’introduction d’un soufflet et d’un nouvel objectif, le 100mm Macro-Elmar-R f/4, qui permettent ensemble une mise au point continue de l’infini jusqu’à une échelle de 1:1[7].

De 1972 à 1974, près de 1000 appareils ont été fabriqués avec un petit arbre de transmission interne permettant de connecter un moteur externe. Ces appareils, les Leicaflex SL MOT, se reconnaissent par les nouveaux contacts sous l’appareil et bien sûre par la mention MOT sur le devant du boitier. Ce système permet de 3 à 4 images par seconde[7].

Le Leicaflex SL se décline lui aussi en versions chromées ou noires. Cette fois, la plage des numéros de série s’étale de 1173001 à 1375000, incluant la version MOT ainsi que d’autres modèles d’appareils. Le nombre total d’unités se chiffre à près de 62000[9], faisant de ce modèle le plus répandu des Leicaflex.

Leicaflex SL2

Leicaflex SL2

À la foire Photokina de 1974, Leitz présente le Leicaflex SL2 qui apporte quelques améliorations au modèle précédent :

  • Plage de mesure étendue pour la mesure sélective de la lumière à travers l'objectif (TTL)
  • Amélioration par un facteur 8 de la sensibilité du photomètre
  • Ajout d’un stigmomètre (télémètre à image divisée) dans la zone de microprismes
  • Ajout d’un contact électrique à la griffe porte-accessoire
  • Ajout de l’indication de l’ouverture dans le viseur
  • Modification du mécanisme du miroir afin de pouvoir accepter de nouveaux objectifs super-grand-angle, 16mm f/2.8 Fisheye Elmarit-R, 19mm f/2.8 Elmarit-R et le 24mm f/2.8 Elmarit-R
Leicaflex motorisés

Tout comme les modèles précédents, la version noire est beaucoup plus rare. La plage des numéros de série va de 1369801 à 1446000, incluant la version motorisée, le Leicaflex SL2 MOT et d’autres modèles. Près de 26000 SL2 ont été fabriqués, dont un peu plus de 1000 pour le SL2 mot[9].

Le Leicaflex SL 2 n’était déjà plus à la pointe de la technologie au moment de son lancement sur le marché, face à des concurrents qui travaillaient déjà assidûment sur les multi-automatiques. De plus, la production du SL 2 était si coûteuse que les boîtiers devaient être mis sur le marché à perte. Le profit réalisé avec les objectifs n’était pas suffisant et la production s’est arrêtée après seulement deux ans

Références

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