Les Bolards
site archéologique à Nuits-Saint-Georges (Côte-d'Or)
From Wikipedia, the free encyclopedia
Les Bolards est un site archéologique gallo-romain situé sur la commune de Nuits-Saint-Georges (Côte-d'Or), au sud-est de l'agglomération actuelle. Le nom d'origine de la cité a été perdu dans le temps et l'appellation "les Bolards" date vraisemblablement du Moyen Âge.
Bas-Empire : Lyonnaise première
| Les Bolards | |||
Le site archéologique des Bolards | |||
| Localisation | |||
|---|---|---|---|
| Pays | |||
| Province romaine | Haut-Empire : Gaule lyonnaise Bas-Empire : Lyonnaise première |
||
| Région | Bourgogne-Franche-Comté | ||
| Département | Côte-d'Or | ||
| Commune | Nuits-Saint-Georges | ||
| Type | Vicus | ||
| Coordonnées | 47° 07′ 26″ nord, 4° 57′ 33″ est | ||
| Histoire | |||
| Époque | Antiquité (Empire romain) | ||
| Géolocalisation sur la carte : Rome antique
Géolocalisation sur la carte : Côte-d'Or
| |||
| modifier |
|||
Une partie de la ville antique a été fouillée pour dégager des vestiges séparés en deux parties: une partie d'habitations et une partie de sanctuaires. Les relevés aériens effectués par René Goguey dans les années 1960 ont estimé la superficie de l'agglomération antique à une vingtaine d'hectares[1].
Situation géographique
Le site des Bolards se trouve à environ 1,5 km du centre de Nuits-Saint-Georges, sur la rive gauche du Meuzin. La ville antique profite de la rivière, qui forme un arc de cercle à cet endroit, pour venir s'y installer. Le site, implanté au débouché d'une combe sur la plaine de la Saône, n'offre aucune valeur défensive, mais permet à la ville de s'étendre tout au long de son occupation.
La cité des Bolards se trouve sur le territoire du peuple éduen, non loin de la frontière nord avec leurs voisins les Lingons.
L'agglomération antique (vicus) profite d'un emplacement privilégié en matière de voie de communication. À l'ouest, à seulement, 4 kilomètres, se trouve la Via Agrippa. Cette grande voie romaine représentait le principal axe de circulation entre le sud-est et le nord de la Gaule romaine, reliant Lugdunum (Lyon) à Trèves et Cologne, permettant par extension une connexion à la mer Méditerranée à travers la vallée du Rhône.
Au sud de la ville, passait également la route reliant Augustodunum (Autun) à Vesontio (Besançon), mettant ainsi le vicus des Bolards sur le chemin entre la capitale des Éduens et celle des Séquanes.
Occupation du site
Le site fut occupé dès l'Âge du bronze, mais surtout à partir du Ier siècle av. J.-C. et jusqu'à la fin de l'Empire romain. Un déclin dans la population s'observe au cours de la deuxième moitié du Ve siècle. les troubles politiques et sociaux de la fin de l'Empire romain ont sûrement poussé les populations à trouver refuge dans des agglomérations possédants des remparts dans la région, telles que Dijon ou Autun.
Fouilles
La présence de vestiges antiques est bien connue des locaux depuis le XVIIe siècle, notamment grâce aux nombreuses découvertes d'objets lors du labourage des sols. Dès la fin du siècle, des amateurs d'antiquités et des érudits locaux effectuent des fouilles sporadiques dans le but de constituer des collections privées, mais aussi de préserver le patrimoine de la ville.
Plusieurs opération indépendantes se succèdent au début du XXe siècle sur le site. C'est le cas des sondages du mithraeum effectués en 1938 et 1939 par Albert Vauthier et les frères Paul et André Vacherot. Ces derniers, accompagnés de Louis Roux, mettent véritablement au jour les vestiges de ce temple en décembre 1948.
Des campagnes de fouilles officielles et systématiques ont été organisées entre 1964 et 1985 sous la direction du docteur Ernest Planson, pédiatre dijonnais, puis de Colette Pommeret. Ces campagnes ont permis de mettre au jour les vestiges encore actuellement visibles sur le site.
Un chantier de fouilles de sauvetages dans les années 1970, conduit par l'INRAP lors de la construction de la bretelle d'autoroute A31, a révélé une nécropole de la ville antique[1].
Vestiges de la partie habitation
Le site archéologique des Bolards est divisé en deux parties, séparées par la route. D'un côté, se trouve la partie habitation, qui a livré des vestiges qui se situaient à l'origine vers le centre de la ville antique. Les fouilles du terrain ont permis de dégager plusieurs rues: une voie de circulation surnommée la voie "au caniveau", ainsi que des tronçons du cardo et du decumanus. La voie "au caniveau" passe à proximité du sanctuaire et de la basilique. Des sondages de l'INRAP en 2025 ont révélé que la voie se poursuit à travers la ville jusqu'à en sortir et prendre la direction de la Via Agrippa. Plusieurs puits ont été découverts parmi les ruines, certains se situant directement sur les voies, d'autres parmi les constructions.
La plupart des vestiges de la partie habitation se trouvent entre ces trois rues. Dans cette zone, ont été mis au jour de nombreuses traces de substructions et de caves ayant appartenu à des habitations et à des commerces, comme la cave dite "aux amphores". Outre les vestiges d'habitats et de commerces, les fouilles ont révélé les soubassements d'une basilique, un sacellum et d'autres structures telles qu'un four à chaux[1],[2].
Vestiges de la partie sanctuaire
De l'autre coté de la route actuelle, sous laquelle se trouverait en partie le forum antique, se trouve la partie "sanctuaire" des fouilles. Cette dernière est constituée de quatre temples. Trois d'entre eux se sont succédé dans le temps au même emplacement : le fanum primitif, le fanum augustéen et le "Grand Temple". Un quatrième temple, plus modeste en taille, se situe à côté de l'enceinte du Grand Temple, il s'agit d'un mithraeum, un temple dédié au dieu Mithra.
Le Grand Temple a la particularité de posséder des attributs architecturaux hérités de la tradition gauloise et de la tradition romaine. Il reprend ainsi le plan général des fana gaulois tout en présentant un fronton hexastyle corinthien typique de la culture romaine[1],[2].
Outre les vestiges à caractère religieux, la partie sanctuaire a livré des traces d'une rue, d'habitats et d'ateliers d'artisans qui ont disparu au moment de la construction du Grand Temple et de son enceinte.
Nécropoles

À l'occasion des travaux de construction de l'autoroute A31 en 1973 et 1974, une nécropole en lien avec le vicus des Bolards a été découverte. Elle se situe le long de la voie dite "au caniveau" qui se poursuit en dehors de la cité pour rejoindre la Via Agrippa. La nécropole a livré de nombreuses stèles, aujourd'hui exposées au musée de Nuits-Saint-Georges. Beaucoup d'imbrices, des sépultures de nouveau-nés, ont été découverts, supportant la théorie d'un sanctuaire des eaux lié à la maternité[3].
Les Bolards aujourd'hui
De nos jours, le site relève du Service régional de l'archéologie de Dijon. Le musée d'art et d'histoire de Nuits-Saint-Georges organise des visites guidées pour faire connaître les vestiges archéologiques et l'histoire des Bolards. Il conserve et expose également les objets retrouvés lors des fouilles dans une salle dédiée à l'agglomération gallo-romaine.