Les Chevaux capricieux

chanson From Wikipedia, the free encyclopedia

Les Chevaux capricieux (en langue russe = Priveredlivie koni - en cyrillique = Привередливые кони )[1],[2], connue aussi d'après sa première phrase « Le long de la falaise, au-dessus du précipice… » (en russe: « Вдоль обрыва, по-над пропастью… ») (vdol obriva, po-nad propastiou…)[3]) est une chanson de Vladimir Vyssotski, écrite au début de l'année 1972 (selon certaines sources l'écriture aurait débuté déjà en 1971). Le héros de la chanson fait galoper ses chevaux au bord d'une falaise, mais, pressentant sa propre mort imminente, il les supplie de ne pas courir si vite, pour que son dernier voyage se prolonge un peu plus longtemps. Bien que la chanson évoque une course effrénée, elle est écrite sur un tempo tranquille dans des vers inhabituellement longs pour l'œuvre de Vyssotski.

Sortie
Langue russe
Faits en bref Sortie, Langue ...
Les Chevaux capricieux
Chanson de Vladimir Vyssotski
Sortie
Langue russe
Auteur-compositeur Vladimir Vyssotski
Fermer

Cette chanson, que l'auteur avait destinée au film La Terre de Sannikov, n'a finalement pas été retenue du fait que lui-même n' a pas pu y jouer le rôle du hussard Krestovski. Toutefois, plus tard la chanson est devenue l'une des plus populaires des Vyssotski. Plus d'une fois elle a été enregistrée sur disque, tant de son vivant que durant la première décennie après sa mort. Elle figure parmi les œuvres les plus traduites de l'auteur avec 150 traductions dans plus de 30 langues. Il existe aussi de nombreuses reprises, tant en russe que dans d'autres langues. La phrase Un peu plus lentement les chevaux ! et le titre même de la chanson sont devenus des expressions courantes en russe. L'image de chevaux au galop a été reprise dans des œuvres consacrées à Vyssotski et figure notamment sur sa pierre tombale. Les paroles de cette chanson ont été parmi les premières à faire l'objet d'une analyse littéraire après la mort de Vyssotski, et ont été par la suite de nombreux travaux dans le domaine de l'étude du chanteur en particulier sous l'angle de l'intertextualité.

Привередливые кони (1er couplet)

Вдоль обрыва, по-над пропастью, по самому по краю
Я коней своих нагайкою стегаю, погоняю…
Что-то воздуху мне мало — ветер пью, туман глотаю,—
Чую с гибельным восторгом: пропадаю, пропадаю!
Чуть помедленнее, кони, чуть помедленнее!
Вы тугую не слушайте плеть!
Но что-то кони мне попались привередливые —
И дожить не успел, мне допеть не успеть.
Я коней напою,
я куплет допою —
Хоть немного ещё постою
на краю…

Les chevaux capricieux (premier couplet)

Le long de la falaise, au-dessus du précipice, tout au bord
Je fouette mes chevaux, je les éperonne…
Je manque d'air — je bois du vent, j'avale du brouillard,—
Je ressens, avec un ravissement funeste, que je disparais, je disparais!
Plus lentement, chevaux, un peu plus lentement!
N'écoutez pas le fouet claquer!
Mais je suis tombé sur des chevaux capricieux —
Et je n'ai pas eu le temps de terminer ma vie, de finir ma chanson.
Je vais les abreuver ,
Je vais finir ce couplet —
Je vais rester un peu
au bord…

[4]

Sujet

Le héros de la chanson fait galoper ses chevaux le long d'une falaise surplombant un précipice, à travers vent et brouillard. Il ressent que sa fin est proche, mais cela lui procure un ravissement funeste. Il exhorte ses chevaux à ne pas obéir aux coups de fouets et à galoper plus lentement. Il n'a pas eu le temps de vivre pleinement et n'aura même pas le temps de finir sa chanson. Il rêve de s'arrêter encore un instant au bord du précipice, pour abreuver ses chevaux et terminer un couplet.

Le héros pressent comment il va mourir: «l'ouragan l'emportera par la main comme un flocon de neige», et son corps sera porté en traineau sur la neige du matin (comme le souligne A.V. Skobelev, cette image correspond à celle décrite au chapitre 6 du roman de Pouchkine Eugène Onéguine après le duel entre Onéguine et Lenski[5]). Il exhorte à nouveau ses chevaux à ralentir leur allure pour que le «chemin vers le dernier refuge» ne s'achève pas aussi vite.

Mais la chevauchée se termine et il n'a pas eu le temps de vivre («мы не успели») . Les commentateurs soulignent l'homonymie du mot réussir («успеть») et avoir le temps[6],[7].

Circonstance de la création

Dans les recueils des œuvres de Vladimir Vyssotski, cette chanson est datée de 1972 [5],[8]. À cette époque il était prévu que Vyssotski incarne le jeune hussard Krestovsky dans le long métrage La Terre de Sannikov. L'acteur avait donné son accord pour le tournage et avait écrit plusieurs chansons que son personnage devait interpréter : Ce jour là, on tutoyait le capitaine, Ballade du navire abandonné, Le Silence blanc et Les Chevaux[9],[10] Cependant, sur instruction personnelle du directeur général du studio Mosfilm Nikolaï Sizov, la participation de Vyssotski a été écartée[9]. Ses chansons n'ont dès lors pas été incluses dans le film [1][11] ; à leur place, la chanson il n'y a qu'un instant du poème de Leonid Derbenev a été reprise dans le film[12].

Notes et références

Annexes

Related Articles

Wikiwand AI