Les Empires coloniaux
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XIXe – XXe siècle
Isabelle Surun
Armelle Enders
Hélène Blais
Sylvie Thénault
Claire Fredj
Marie-Albane de Suremain
Bouda Etemad
Emmanuelle Sibeud
Frederick Cooper
| Les Empires coloniaux XIXe – XXe siècle | |
| Auteur | Pierre Singaravélou Isabelle Surun Armelle Enders Hélène Blais Sylvie Thénault Claire Fredj Marie-Albane de Suremain Bouda Etemad Emmanuelle Sibeud Frederick Cooper |
|---|---|
| Pays | |
| Directeur de publication | Pierre Singaravélou |
| Genre | Livre d'histoire |
| Sujet | Empire colonial |
| Éditeur | Éditions Points |
| Lieu de parution | Paris |
| Date de parution | 2013 |
| Nombre de pages | 480 |
| ISBN | 978-2-7578-2843-4 |
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Les Empires coloniaux. XIXe – XXe siècle est un livre d'histoire dirigé par Pierre Singaravélou et paru en 2013[1],[2],[3],[4],[5],[6],[7].
Chapitre premier : Appropriations territoriales
Chapitre 2 : « Castes », « races », « classes »
Chapitre 3 : Des empires en mouvement ?
Chapitre 4 : Reconfigurations territoriales
Chapitre 5 : L'État colonial
Chapitre 6 : Un Prométhée colonial ?
Chapitre 7 : Un bilan économique de la colonisation
Selon Bouda Etemad, les empires coloniaux constituent un avantage écologique et économique majeur pour les puissances européennes. Les colonies permettent d’accéder à des ressources abondantes, de surmonter les contraintes locales (famines, climat) et de stimuler la prospérité des métropoles, parfois au-delà de leur propre continent. Pour la France, les colonies servent notamment de terrain d’expansion pour le capitalisme, favorisant des secteurs comme la métallurgie .
Pendant la Grande Dépression, l’Empire britannique adopte une politique protectionniste, privilégiant les échanges intra-impériaux pour protéger sa monnaie et son économie. Ce modèle permet aux empires de limiter les effets de la crise, bien que les critiques envers la colonisation ne démontrent pas que les économies métropolitaines auraient été plus florissantes sans elles.
Les empires se distinguent par leur niveau de richesse et leur modèle économique : les Pays-Bas et la Belgique tirent profit des mines et de l’agriculture, tandis que le Portugal, aux colonies plus modestes, doit s’appuyer sur des investisseurs européens. L’Empire japonais, quant à lui, intègre ses colonies proches à son économie nationale.
La New Institutional History analyse les ex-colonies comme des « laboratoires » économiques. La comparaison entre les colonies nord-américaines (modèle de peuplement blanc durable) et les Caraïbes (production de masse) illustre cette diversité. En Asie et en Afrique, les structures précoloniales, souvent maintenues ou réappropriées, influencent le succès ou l’échec des modèles coloniaux. La réussite économique dépend ainsi de la vitalité des réseaux locaux et de l’hétérogénéité démographique.
Enfin, l’auteur souligne que l’impact de la colonisation sur le développement économique et social des anciennes colonies reste contrasté, mais qu’elle est à l’origine des inégalités contemporaines.
Chapitre 8 : Cultures coloniales et impériales
Dans son analyse des cultures coloniales, l’historienne Emmanuelle Sibeud, spécialiste reconnue de l’histoire des colonisations et des enjeux de protection des indigènes au XXe siècle, propose une approche renouvelée des études postcoloniales et subalternes. Elle souligne que les cultures impériales ne se limitent pas à une propagande imposée par le haut, mais s’inscrivent aussi dans des échanges culturels du quotidien, impliquant toutes les classes sociales de manière inégale. À travers des exemples comme l’Exposition universelle de Paris de 1889, où la reconstruction de la rue du Caire vise à marquer les esprits des classes populaires et moyennes, Sibeud montre comment l’identité occidentale se construit en opposition aux identités non-occidentales. Elle élargit la définition des cultures coloniales (au pluriel) pour inclure des pratiques variées, comme la mode (à l’image du mouvement Sape, né dans le Congo français) ou les résistances religieuses, insistant sur la nécessité d’étudier chaque cas de manière spécifique.
Emmanuelle Sibeud analyse les usages politiques de la culture comme un levier essentiel de la domination coloniale, oscillant constamment entre assimilation et distinction. Les pouvoirs coloniaux réorganisent l’espace public à leur image pour assimiler les populations, tout en restreignant drastiquement l’accès à l’éducation et en détruisant les lieux de savoir autochtones. Cette dualité se manifeste aussi dans la réinvention des traditions ou dans les stratégies linguistiques, où l’imposition d’une langue impériale (l’anglais face au persan en 1830, par exemple) ne se fait jamais sans résistance. L’autrice souligne que l’acculturation, loin d’être un processus unilatéral, donne lieu à des logiques métisses : les individus, marqués par des expériences variées comme la ségrégation, s’approprient et réinterprètent les éléments culturels imposés. Les élites colonisées, souvent les seules à bénéficier d’un accès à la culture occidentale, créent des salons et des lieux de diffusion alternatifs, tandis que les missionnaires chrétiens, confrontés à la diversité des croyances locales, adoptent des attitudes allant du rejet à l’alliance avec les populations colonisées. Ces dynamiques révèlent une réalité coloniale bien plus complexe que le simple schéma de la domination culturelle, où chaque acteur, selon sa position sociale et son histoire, participe à la réinvention permanente des cultures en contact.
Chapitre 9 : Conflits, réformes et décolonisation
Réception
Références
- ↑ Jacques Frémeaux, « Singaravélou Pierre (dir.), Les Empires coloniaux , XIX e -XX e siècle, Paris, Points, 2013, 454 p. (ISBN 978-2-7578-2843-4), 11 euros.: », Outre-Mers, vol. N° 424-425, nos 3-4, , p. 242–244 (ISSN 1631-0438, DOI 10.3917/om.424.0242, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Claire Laux, « Singaravélou Pierre (dir.), Les Empires coloniaux, xix e - xx e siècle , Paris, Éd. du Seuil, « Points histoire », 2013, 475 p., 10 €: », Vingtième Siècle. Revue d'histoire, vol. N° 131, no 3, , p. 87a–91a (ISSN 0294-1759, DOI 10.3917/ving.131.0087a, lire en ligne, consulté le )
- ↑ M’hamed Oualdi, « Pierre SINGARAVÉLOU [dir.], Les empires coloniaux. XIXe-XXe siècle », Revue d'histoire du XIXe siècle. Société d'histoire de la révolution de 1848 et des révolutions du XIXe siècle, no 49, 2014/déc./01, p. 246–248 (ISSN 1265-1354, DOI 10.4000/rh19.4809, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Emmanuel Delille, « Pierre Singaravélou (sous la direction de), Les empires coloniaux xixe-xxe siècle », Ebisu. Études japonaises, no 50, , p. 232–236 (ISSN 1340-3656, DOI 10.4000/ebisu.1243, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Jacques Frémeaux, « Les Empires coloniaux, XIXe-XXe siècle ed. by Pierre Singaravélou (review) », Le mouvement social, vol. 255, no 1, , p. 185–187 (ISSN 1961-8646, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Jacques Frémeaux, « Pierre SINGARAVÉLOU (dir.). – Les Empires coloniaux, XIX e -XX e siècle , Paris, Le Seuil, 2013, 480 pages. « Points Histoire »: », Le Mouvement Social, vol. n° 255, no 2, , p. XI–XI (ISSN 0027-2671, DOI 10.3917/lms.255.0161k, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Jacques Frémeaux, « Review of Les Empires coloniaux, XIXᵉ-XXᵉ siècle « Points Histoire » », Le Mouvement social, no 255, , p. 185–187 (ISSN 0027-2671, lire en ligne, consulté le )