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Les Parapluies

peinture d'Auguste Renoir From Wikipedia, the free encyclopedia

Les Parapluies est un tableau peint par Auguste Renoir entre 1881 et 1886. Il mesure 180 cm de haut sur 115 cm de large. Il appartient à la National Gallery de Londres dans le cadre du legs Lane (en) mais est exposée alternativement à Londres et à la Hugh Lane Gallery de Dublin avec une rotation de 6 ans : de mai 2013 à 2019, il était exposé à Dublin[1] où on peut de nouveau le voir depuis février 2026.

Date
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Faits en bref Artiste, Date ...
Les Parapluies
Artiste
Date
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Type
Matériau
Dimensions (H × L)
180,3 × 114,9 cmVoir et modifier les données sur Wikidata
No d’inventaire
NG3268, 3268Voir et modifier les données sur Wikidata
Localisation
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Développement

Renoir a commencé le tableau vers 1880-1881, avant son voyage en Italie, utilisant des coups de pinceau libres et des tons sombres et vifs, caractéristiques du mouvement impressionniste. Vers 1885, après avoir admiré l'art classique en Italie ainsi que des œuvres d'Ingres et de Cézanne, il en a retravaillé certaines parties, notamment la figure féminine principale, à gauche, aux contours nettement définis et aux couleurs plus sourdes. Il a ajouté l'arrière-plan ainsi que les parapluies. L'analyse aux rayons X a révélé que les vêtements de la figure féminine étaient à l'origine différents : elle portait un chapeau et sa robe présentait des rangées horizontales de volants, avec de la dentelle blanche aux poignets et au col, suggérant qu'elle appartenait à la classe moyenne. Les vêtements plus simples de la version retravaillée la en font une représentante de la classe ouvrière, une grisette et non une bourgeoise. L'analyse aux rayons X et l'évolution des modes permettent de dater les deux périodes de travail avec une précision raisonnable.

Description

Le tableau représente une rue bondée à Paris (thème typique de la peinture impressionniste, bien que peu exploité par Renoir, qui préférait les scènes champêtres), où la plupart des passants tiennent un parapluie. À droite, une mère regarde ses filles, vêtues à la mode de 1881 pour la promenade de l'après-midi. Elle cache en grande partie une femme, au centre, au moment où elle ouvre son parapluie, ce qui suggère que la pluie commence à tomber. La figure féminine principale, à gauche, un « trottin de mode » (employée d’un magasin de mode qui effectue les livraisons), pour laquelle posa Suzanne Valadon - maîtresse et muse fréquente de Renoir -, relève sa jupe pour éviter de se salir. Elle tient une boîte à chapeau, mais elle n’en porte pas, et n’a ni imperméable, ni parapluie. Elle a le visage fatigué. Un jeune homme barbu et vigoureux semble sur le point de l'aborder, peut-être pour lui offrir l'abri de son parapluie.

La grisette et la petite fille à droite, avec son cerceau, regardent le spectateur, tandis que la plupart des autres personnes vaquent à leurs occupations, soulignant le manque de communication au sein d’une société en pleine transformation, car les personnages semblent n’avoir aucun lien entre eux et s’ignorer mutuellement, sauf le jeune homme de gauche. De manière peu conventionnelle, le point focal de la peinture n'est pas au centre, et plusieurs figures sont coupées par le cadre, comme si le tableau était une photographie. La composition semble naturelle, mais les parapluies ouverts semblent se fondre les uns dans les autres et dessinent des formes géométriques complexes.

La composition joue sur des formes circulaires et semi-circulaires (panier, parapluie ou cerceau). Le traitement géométrique des parapluies pourrait être influencé par l’œuvre de Cézanne, bien que la manière de représenter les personnages soit très propre à Renoir, marquée par la douceur, la chaleur et l’idée de bonheur qui se dégage des personnages, contrastant avec l’atmosphère grisâtre de cette journée pluvieuse. La palette de couleurs est dominée par les tons bleus et gris pour représenter les parapluies et les vêtements des passants, auxquels s’ajoutent uniquement du brun, du vert et du beige. Les couleurs reflètent le temps qu’il fait et l’atmosphère paisible de la scène.

Analyse matérielle

L'analyse des pigments des Parapluies de Renoir, menée par les scientifiques de la National Gallery de Londres[2], a confirmé l'hypothèse selon laquelle il avait été peint en deux phases distinctes, comme mentionné précédemment. Pour la robe de la femme à gauche, deux couches ont été identifiées : la couche inférieure contient du bleu de cobalt mélangé à du jaune de zinc et un rouge. Il s'agit d'un mélange de pigments similaire à celui utilisé pour la femme à droite et ses deux filles. Les deux couches ont été peintes lors de la première phase en 1881. La couche supérieure de la robe de la femme à gauche, peinte lors de la deuxième phase en 1886, contient un mélange d'outremer avec d'autres pigments, d'une couleur bleu grisâtre nettement moins vive[3].

Acquisition

Renoir n'a pas exposé Les Parapluies immédiatement, peut-être parce qu'il craignait que la combinaison des deux styles ne déroute le public. Il a finalement vendu le tableau en 1892 au marchand d'art Paul Durand-Ruel, qui l'a revendu à Sir Hugh Lane.

Après la mort de ce dernier dans le naufrage du RMS Lusitania en 1915, l’œuvre fut léguée par tstament (avec d'autres) à la Tate Gallery et entra dans ses collections en 1917, bien qu'un codicille signé suggère que Lane avait changé d'avis avant sa mort et aurait préféré que ses tableaux soient exposés à Dublin. Cependant, ce codicille n'a pas été contresigné et a donc été contesté comme rédigé sans témoin. Le tableau a été transféré à la National Gallery en 1935, mais un accord a été conclu en 1959 pour l’exposer en alternance (avec sept autres tableaux du legs Lane) à Londres ou à Dublin.

Pendant la guerre, l'opération Picture of the month permit aux Londoniens, à partir de 1941, de continuer à admirer chaque mois une œuvre différente alors que les collections avaient été évacuées vers une mine désaffectée du Pays de Galles[4].

Exceptionnellement, l’œuvre a été prêtée pour une exposition à la Frick Collection de New York en 2013 ; au New Walk Museum and Art Gallery à Leicester, en 2024, puis au musée d'Orsay, à Paris, pour l’exposition ‘Renoir et l'amour : La modernité heureuse (1865-1885)’, en 2026.

Bibliographie

Notes et références

Liens externes

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