Les Salauds
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Chiara Mastroianni
Julie Bataille
Michel Subor
| Réalisation | Claire Denis |
|---|---|
| Scénario | Claire Denis et Jean-Pol Fargeau |
| Acteurs principaux |
Vincent Lindon Chiara Mastroianni Julie Bataille Michel Subor |
| Sociétés de production | Wild Bunch et Alcatraz Films |
| Pays de production |
|
| Genre | Néo-noir |
| Durée | 100 minutes |
| Sortie | 2013 |
Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.
Les Salauds est un film français de Claire Denis sorti en 2013. Il est présenté en compétition dans la section « Un certain regard » lors du 66e festival de Cannes.
Marco Silvestri, officier de marine marchande sur un supertanker, revient précipitamment en France lorsque sa sœur Sandra lui apprend le suicide de son mari, Jacques, et le viol de sa nièce, Justine, retrouvée errant nue dans les rues de Paris. Fomentant une vengeance envers les « salauds » qui ont poussé son beau-frère à se tuer, il décide un mois plus tard d'emménager dans l'immeuble d'Édouard Laporte, un associé en affaires de ce dernier. Il fait la rencontre de Raphaëlle, la jeune compagne de Laporte. Il décide et réussit à la séduire afin d'approcher le couple sans toutefois bien définir la forme définitive que prendra son action, bien que son esprit se laisse aller à des actions violentes. Petit à petit, une réalité des plus noires est révélée aux yeux de Marco Silvestri : sa nièce participe volontairement à des soirées sexuelles en banlieue organisées par un trouble couple, Xavier et Élysée. Il finit par découvrir — à la suite du visionnage de vidéos et de photos fournies par Xavier — que Laporte, mais aussi Jacques, sont présents et participent activement et en toute liberté à ces réunions.
Fiche technique
- Titre : Les Salauds
- Titre international : Bastards
- Réalisation : Claire Denis (assistée de Pierre Sénélas et Christelle Lahaye)
- Scénario : Claire Denis et Jean-Pol Fargeau
- Photographie : Agnès Godard
- Montage : Annette Dutertre
- Son : Martin Boissau
- Décors : Michel Barthélémy
- Costumes : Judy Shrewsbury
- Musique originale : Stuart Staples et Tindersticks
- Pays d'origine :
France - Producteurs : Laurence Clerc, Olivier Thery Lapiney et Vincent Maraval ; Producteur associé : Vincent Lindon
- Sociétés de production : Wild Bunch et Alcatraz Films en coproduction avec Pandora Film Produktion, Arte France Cinéma[1], en association avec la SOFICA Indéfilms, avec le soutien du CNC[2] et du Fonds de soutien aux industries techniques cinématographiques et audiovisuelles de la région Île-de-France[3]
- Société de distribution : Wild Bunch Distribution (France)
- Genre : néo-noir[4]
- Langue : français
- Format : couleur - numérique - Son Dolby SRD 5:1 - 1,85:1
- Durée : 100 minutes
- Dates de sortie :
- France : (Festival de Cannes), (sortie généralisée)
- Belgique :
- États-Unis : (Festival du film de New York)
- Classification : Interdit aux moins de 12 ans[5]
Distribution
- Vincent Lindon : Marco Silvestri
- Chiara Mastroianni : Raphaëlle Laporte
- Julie Bataille : Sandra
- Michel Subor : Édouard Laporte
- Lola Créton : Justine
- Laurent Grévill : Jacques
- Alex Descas : Le docteur Bethanie
- Christophe Miossec : Guy
- Grégoire Colin : Xavier
- Florence Loiret Caille : Élysée
- Hélène Fillières : La banquière
- Éric Dupond-Moretti : Lui-même
- Sharunas Bartas : Le représentant de l'armateur étranger
- Nicole Dogué : L'inspectrice de police
- Claire Tran : L'infirmière
- Élise Lhomeau : La baby-sitter
- Jeanne Disson : Audrey
- Yann Antoine Bizette : Le petit Joseph
Projet et réalisation du film
Écriture du scénario

Alors que Claire Denis peine avec un projet de film qu'elle n'arrive pas à faire avancer[6], Vincent Maraval — producteur et patron de la société Wild Bunch qui avait précédemment participé à la production de White Material (2010) — lui conseille début 2012 de s'investir dans un autre projet et de bousculer ses méthodes de travail, d'« abandonner sa lenteur[6] » naturelle, en lui demandant de faire un « film à l'arrache[7],[8] » dont il lui passe commande et pour lequel il lui donne quelques semaines pour établir les grandes lignes. Dans cette optique, elle obtient également le soutien de Vincent Lindon qui l'encourage dans cette voie inhabituelle d'écriture et s'engage à tourner dans son film si le projet est mené à bien[6]. Claire Denis, pour ce douzième film, et Jean-Pol Fargeau — son scénariste attitré pour lequel ce film constitue la neuvième collaboration[9] —, s'inspirent des films d'Akira Kurosawa avec Toshiro Mifune (en particulier de la thématique et du titre du film Les salauds dorment en paix[6] sorti en 1960) et décident d'écrire un film noir dont ils bouclent finalement le scénario en un mois. Une autre référence importante est le roman Sanctuaire (1931) de William Faulkner dont elle emprunte les éléments (grange, épi de maïs) de la scène de viol[10],[11]. À sa lecture, Vincent Maraval et Vincent Lindon enthousiaste[8], tiennent leurs engagements et s'investissent dans le film. Claire Denis qui était avec Chiara Mastroianni dans le jury du Festival de Deauville 2011 — et était rentrée avec elle en voiture à Paris, ce qui lui inspirera une scène du film —, lui propose alors de tenir le rôle principal féminin[8]. Le producteur pousse à nouveau la réalisatrice à monter rapidement son projet financier pour obtenir auprès du Centre national du cinéma l'avance sur recettes en afin de pouvoir entreprendre sans délais le tournage du film dès l'été[6],[8]. Au total moins de six mois auront été nécessaires pour mettre en œuvre le film pour lequel la réalisatrice n'avait pas effectué précédemment de travaux ou réflexions préparatoires et pour lequel elle décida de changer profondément ses méthodes d'écriture.
Tournage et montage
Le tournage débute à Paris le [12] et s'étend jusqu'à la fin du mois d'octobre[1] avec de nombreuses scènes tournées à Écharcon dans l'Essonne[9]. Pour filmer, Claire Denis utilise pour la première fois une caméra numérique — technique qui jusqu'à présent l'avait rebutée en raison de la « présence intrusive » de la machine et de l'usage de combos, moniteurs, et du grand nombre de techniciens sur le plateau — à la fois en raison de contraintes budgétaires mais également pour expérimenter une nouvelle technique de filmage pour une œuvre dont l'ensemble de la réalisation s'est faite en totale opposition à ses habitudes de travail[6]. Sur les conseils de la chef opératrice Agnès Godard, elle choisit une Red EPIC[7] ainsi qu'un système d'éclairage diffus par ballon de lumière afin de disposer d'une source unique pour différents plans[9]. Les scènes d'intérieur ont été tournées dans un immeuble du boulevard Haussmann[7] ; celles de la maison close ont été tournées dans une grange d'Écharcon et dans ses alentours, avec des conditions de prises de son qui ont conduit à les refaire en post-synchronisation en raison de bruits parasites mais normaux des activités de la campagne[9] ; celle de l'accident de voiture a été tournée de nuit dans le camp militaire de Montlhéry dans des conditions météorologiques difficiles[13],[9] ; une petite équipe est partie aux Émirats arabes unis pour tourner dans le port de Fujaïrah.
Le montage débute en . Après le mauvais accueil par la presse française lors de la présentation du film à Cannes, et sur les conseils de la production, Claire Denis tente un montage alternatif du film afin d'éclaircir la narration et de supprimer certaines séquences ; déçue et non convaincue par le résultat, elle décide d'abandonner cette option à l'exception d'un plan supprimé dans la scène finale[14].
Musique du film et bande originale
| Sortie | |
|---|---|
| Durée | 40 min 05 s |
| Genre | Musiques électroniques |
| Label | Naïve Records |
| Critique |
Durant la période du montage, Claire Denis demande une nouvelle fois à Stuart Staples — pour ce qui constitue la sixième collaboration avec le groupe britannique Tindersticks — de composer la bande originale du film qu'elle souhaite moins présente qu'habituellement et basée sur des musiques électroniques dissonantes à l'image de celles du groupe Tangerine Dream pour le film Le Solitaire (1981) de Michael Mann[6]. Staples réalise des musiques dans ce sens, très minimalistes et éthérées, et laisse volontairement un souffle continu très présent sur les bandes qui s'apparente à un bruit blanc. Il écrit également pour le titre principal (qui est le premier et le dernier titre de l'album) une reprise de la chanson Put Your Love in Me (1977) du groupe anglais Hot Chocolate dans une adaptation originale.
La liste des titres de la bande originale est la suivante :
- Put Your Love in Me (Fade) – 2 min 41 s
- Opening – 3 min 36 s
- Marco – 0 min 52 s
- Elevator – 1 min 51 s
- Night Time Cigarettes – 2 min 51 s
- The Yellow Bike – 1 min 03 s
- Naked Walk – 1 min 38 s
- Factory / Dave Drive – 3 min 58 s
- Love on the Stairs – 2 min 31 s
- Low Life – 6 min 03 s
- Night Time Woods – 2 min 10 s
- Night Drive – 3 min 24 s
- Put Your Love in Me d'après Hot Chocolate – 7 min 27 s