Les Échos du passé (film)
film de Mascha Schilinski sorti en 2025
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Les Échos du passé (In die Sonne schauen) est un drame historique allemand co-écrit et réalisé par Mascha Schilinski, sorti en 2025.
Louise Peter
Lena Urzendowsky
Lea Drinda
Laeni Geiseler
Susanne Wuest
| Titre original | In die Sonne schauen |
|---|---|
| Réalisation | Mascha Schilinski |
| Scénario |
Mascha Schilinski Louise Peter |
| Acteurs principaux |
Hanna Heckt Lena Urzendowsky Lea Drinda Laeni Geiseler Susanne Wuest |
| Sociétés de production |
Studio Zentral ZDF |
| Pays de production |
|
| Genre | Drame historique |
| Durée | 149 minutes |
| Sortie | 2025 |
Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.
Présenté en compétition officielle au festival de Cannes 2025, il remporte le prix du jury, ex æquo avec Sirāt d'Óliver Laxe.
Le film présente quatre jeunes filles — Alma, Erika, Angelika et Lenka — qui vivent à des époques différentes sur la même ferme isolée dans l'Altmark. Alors que les générations s’enchaînent, le lieu garde la mémoire des drames silencieux, des non-dits familiaux et des cicatrices du passé. Alors qu'elles parcourent leur propre présent, les traces du passé se révèlent à elles[1].
Synopsis
- Alma grandit dans une famille de propriétaires terriens peu avant la Première Guerre mondiale dans l'Empire allemand. Les parents de la fillette de 7 ans sont généralement taciturnes, tandis que le quotidien de la famille est marqué par la religiosité et les superstitions. Un jour, Alma découvre grâce à une photographie post-mortem qu'elle a été nommée d'après sa sœur décédée. Comme elle lui ressemble beaucoup, ses sœurs aînées la taquinent. Dès lors, elle croit être vouée au même destin et se préoccupe de sa propre mortalité[2],[3],[4],[5]. Elle se met en scène dans la même position que la morte sur le daguerréotype[6]. Berta, la gentille domestique, est bientôt victime d'une farce des enfants. Mais après que la famille a mis en scène un « accident du travail » pour éviter que Fritz, le frère aîné d'Alma, ne soit envoyé à la guerre[7], la domestique Trudi, qui, comme beaucoup d'autres servantes, a été stérilisée de force par son employeur[8], s'occupe avec dévouement de Fritz[4], qui a été amputé d'une jambe à la suite de l'« accident ».
- Erika vit à la ferme dans les années 1940 alors que la Seconde Guerre mondiale fait rage[8]. Elle se perd dans une curiosité et une fascination érotiques[5] pour son oncle Fritz, « invalide de guerre »[2]. Elle réalise d'innombrables dessins de cet homme alité et simule elle-même une amputation. Elle se faufile également dans sa chambre la nuit pour goûter la sueur qui s'écoule du nombril de Fritz[9]. Lorsque le père d'Erika la frappe parce qu'elle néglige de plus en plus ses tâches à la ferme, elle ne lui adresse qu'un petit sourire contrit[8]. Alors que la guerre touche à sa fin, on la voit une dernière fois, regardant en arrière vers sa vie passée, sur la berge de la rivière qui deviendra plus tard la rivière frontalière, avant de disparaître avec d'autres femmes dans ses eaux. Le film fait ainsi référence à la fuite d'Allemands devant l'approche de l'Armée rouge et au suicide collectif dans la rivière à Demmin.
- Angelika, avide de vivre, vit à la ferme à l'époque de la RDA dans les années 1980 et est prisonnière d'une famille d'agriculteurs excentrique[4]. Elle est la fille d'Irm, la sœur blonde d'Erika. La sexualité naissante d'Angelika attire l'attention de son oncle Uwe[7], qui tente d'exploiter la jeune fille[8]. Mais son fils maladroit, Rainer, le cousin d'Angelika, éprouve également des sentiments pour elle. Angelika et lui flirtent et s'embrassent[5], tandis qu'elle continue à osciller entre la soif de vivre et le désir de mourir[2],[4]. Lorsqu'elle rejoint la famille pour une photo Polaroid commune, son destin ressemble à celui d'Alma[7].
- Dans les années 2020, Nelly, originaire de Berlin, arrivent avec sa sœur aînée Lenka[8] et ses parents dans la ferme à présent délabrée et presque vide, que les parents souhaitent rénover eux-mêmes[9]. Elle grandit dans un environnement sécurisant. Pourtant, la jeune fille est hantée par des rêves intenses et le poids inconscient du passé. Pendant ce temps, Lenka se lie d'amitié avec une fille du quartier nommée Kaya, dont la mère est morte[7]. Un jour, un événement tragique se répète dans la ferme, après quoi les frontières entre le passé et le présent s'estompent complètement[2].
Fiche technique
- Titre original : In die Sonne schauen[n 1],[10],[11]
- Titre français : Les Échos du passé[12],[13]
- Titre anglais : Sound of Falling[n 2],[14],[15],[16]
- Réalisation : Mascha Schilinski
- Scénario : Mascha Schilinski et Louise Peter
- Photographie : Fabian Gamper
- Montage : Evelyn Rack (de)
- Son : Claudio Demel[17]
- Musique : Michael Fiedler, Eike Hosenfeld
- Production : Lucas Schmidt, Lasse Scharpen, Maren Schmitt
- Sociétés de production : Studio Zentral, ZDF
- Société de distribution : Diaphana Distribution (France)[18]
- Pays de production :
Allemagne - Langue originale : allemand
- Format : couleur — 1,37:1
- Genre : drame historique
- Durée : 149 minutes
- Dates de sortie :
- France : (Festival de Cannes 2025) ; (sortie nationale)[18]
- Allemagne : (Festival du film de Munich) ; (sortie nationale)[19]
Distribution
- Luise Heyer : Christa
- Lena Urzendowsky : Angelika
- Claudia Geisler-Bading : Irm
- Lea Drinda : Erika
- Hanna Heckt : Alma
- Lucas Prisor : Hannes
- Laeni Geiseler : Lenka
- Florian Geißelmann : Rainer
- Andreas Anke : Albat
- Susanne Wuest : Emma
- Gode Benedix : Max
- Bärbel Schwarz : Berta
- Konstantin Lindhorst : Uwe
- Ninel Geiger : Kaya
- Luzia Oppermann : Trudi
Production
Développement
Mascha Schilinski et Louise Peter se sont lancées dans l'écriture du film après avoir passé un été dans une ferme de l'Altmark[20],[21]. Ayant trouvé une photo de 1920 de trois femmes, elles commencèrent à imaginer ce que pouvait être la vie de celles-ci[22],[23] :
« Lorsque nous avons parcouru les pièces de la ferme, nous avons pu sentir les siècles. Cela a fait remonter une question que j'avais depuis mon enfance. Que s'est-il passé entre ces murs dans le passé ? Qui s'est assis là où je suis à présent assise ? Quel destin s'est joué ici ? Qu'ont connu les personnes qui ont vécu ici et qu'ont-elles ressenti ?[n 3] »
L'écriture du scénario a pris trois ans, avec comme titre de travail The Doctor Says I'll Be Alright, But I'm Feelin' Blue[21],[22]. En 2023, le scénario remporte le Thomas Strittmatter Screenplay (de) de la MFG Filmförderung (de)[25],[26]
Casting
Plus de 1 400 jeunes filles ont été auditionnées pour les quatre personnages principaux. Selon la réalisatrice, l'équipe de production recherchait des jeunes filles dont le visage pouvait représenter l'époque de chacun des personnages. Le casting dura plus d'un an et la distribution des rôles compte aussi bien des acteurs expérimentés que des débutants[22].
Tournage
Le tournage commença en [27]. Le film a été tourné en 34 jours à Neulingen et Vehlgast (de), tous deux en Saxe-Anhalt[25],[28], le tournage s'achevant le [29].
Une des références visuelles de l'équipe de production a été l'œuvre de la photographe américaine Francesca Woodman[21].
Bande originale
(Musique additionnelle)
- Anna von Hausswolff, Stranger[30]
Distinctions
Récompenses
- Festival de Cannes 2025 : prix du jury (ex æquo avec Sirāt)
- Deutscher Filmpreis 2026 : meilleur film, meilleure réalisation, meilleur scénario, meilleure actrice dans un second rôle pour Lena Urzendowsky, meilleure photographie, meilleur montage, meilleur son, meilleur décor, meilleurs costumes et meilleur maquillage[31],[32]
Sélections (2025)
- Festival international du film de Shanghai
- Festival du film de Munich
- Festival international du film de Melbourne
- Festival international du film de Toronto 2025
- Festival international du film de Busan
- Festival international du film de São Paulo
- Festival du film de New York
- Festival international du film d'Athènes
- Festival du film de Londres
- Festival international du film des Hamptons
- Festival du film de Mill Valley