Lev Arens

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Naissance
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Martyshkino (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Décès
Nationalité
Lev Arens
Biographie
Naissance
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Martyshkino (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Décès
Nationalité
Formation
Activités
Père
E. I. Arens (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
A travaillé pour
Université nationale de Tauride V. I. Vernadski (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Distinctions
Médaille de Saint-Georges (d)
Croix de Saint-Georges (en)Voir et modifier les données sur Wikidata

Lev Evguenievitch Arens (1890-1967) (en russe : Лев Евгеньевич Аренс) est un botaniste, naturaliste et poète soviétique, spécialiste des abeilles.

Formation

Lev Arens naît à Martychkino (aujourd'hui dépendant de la ville de Lomonossov, anciennement Oranienbaum) près de Peterhof. Son père, Evgueni Arens (1856-1931), est capitaine-lieutenant et futur général de la flotte. Comme ce dernier commande à partir de 1903 les appontements de Peterhof et de l'Amirauté de Tsarskoïe Selo, son fils Lev passe une partie de sa jeunesse à l'Amirauté de Tsarskoïe Selo où la famille dispose d'un appartement de fonction. On y reçoit des amis de la famille, comme le compositeur Vladimir Dechevov (ru), le poète Vassili Komarovski (ru), l'écrivain Nikolaï Goumiliov, l'historien d'art Nikolaï Pounine. Sa sœur Anna est l'épouse de ce dernier et son autre sœur, Zoé, l'épouse du frère de Pounine, Alexandre[1], lui aussi botaniste.

Lev Arens termine le lycée de Tsarskoïe Selo en 1909 et entre au département de sciences naturelles de l'université de Saint-Pétersbourg. La faculté pendant ses études l'envoie aux stations biologiques de Sébastopol (1910), de Seliger et de Borodino (1912) et de Villefranche-sur-Mer (1913) en France où la Russie disposait d'une base navale. Il en profite pour assister au congrès zoologique international qui se tient à Monaco. Lev Arens s'intéresse également à la littérature depuis son jeune âge et s'essaye à la poésie. Il fait lire ses premiers écrits à Goumiliov, ami de la famille, qui le dissuade de continuer... Arens cesse de composer des vers pendant trente ans.

Débuts de carrière

À la fin de ses études en 1915, Arens s'engage dans la marine impériale comme matelot de 2e classe. Il combat en mer Noire, reçoit la médaille puis la croix de Saint-Georges. Il devient ensuite sous-lieutenant à l'Amirauté. Il est démobilisé après la révolution de 1917 qui met fin à la participation de la Russie à la guerre et travaille à l'invitation de Lounatcharski au premier commissariat du Peuple à l'éducation comme secrétaire de commission. Il entre à la fin de 1918 à l'institut Leshaft de Pétrograd où il va travailler avec quelques interruptions pendant dix-neuf ans. Il s'occupe surtout d'entomologie. Il travaille également quelque temps dans la filiale de l'institut à Borissovka (près de Belgorod) où il étudie la flore de la réserve naturelle locale.

En 1919 et 1920, il est assistant à la chaire d'histologie de l'université nationale de Tauride (en) (Crimée) et secrétaire du commissariat à l'éducation de Crimée. C'est alors qu'il épouse une jeune juive karaïte (ou karaïme selon l'usage récent), Sarah, qui donnera naissance à trois fils: Evgueni (1921), Igor (1923) et Youri (1929). Il se rapproche des futuristes dans les années 1920 et de plusieurs cercles littéraires d'avant-garde autour du poète Tikhon Tchouriline (1885-1946)[2]. Il est le premier à écrire un article nécrologique sur Velimir Khlebnikov. De 1923 à 1931, il enseigne à la chaire de zoogéographie de la faculté de géographie de l'université de Léningrad. Il est également lecteur à l'institut de zoologie. EN 1931-1932, il est spécialiste scientifique à l'institut de Botanique de l'Union, puis il est envoyé à la réserve naturelle de Narian-Mar (en Sibérie) où l'on élève des rennes. Il y reste deux ans alors que la répression stalinienne commence à frapper les milieux scientifiques. Arens étudie les rennes et la flore locale (comme la ciboulette Allium schoenoprasum). La répression s'intensifie après la mort de Kirov en . Elle est d'abord dirigée contre les milieux cultivés et l'intelligentsia de Léningrad.

Répression stalinienne

En paraît un arrêt ordonnant de chasser de Léningrad les « éléments socialement indésirables ». C'est ainsi que l'on désignait les descendants de l'ancienne noblesse d'avant la révolution. Lev Arens est le fils d'un ancien haut officier de la marine impériale appartenant donc selon la table des rangs à la noblesse. Il est donc visé par cette mesure. Il est arrêté et immédiatement jugé le par le conseil spécial du NKVD qui l'envoie dans un camp de travaux forcés en tant qu'élément social dangereux (fils de noble) pour cinq ans. Il purge sa peine dans un camp des environs de Medvejiegorsk en Carélie où il employé au combinat agricole de la station située auprès du canal de la mer Blanche, construit par les forçats. Sa femme Sarah est reléguée à Astrakhan où elle demeure avec son fils cadet, jusqu'à la libération de son mari en 1939. Le fils aîné vit chez sa tante paternelle et le fils puîné dans la famille des Pounine. Ils ont le droit de quitter Léningrad chaque été pour rendre visite à leur mère pendant les grandes vacances.

Lev Arens est libéré le du camp de travail du canal de la mer Blanche, ayant accompli 252 jours de travaux. Trouvant difficilement du travail après sa condamnation, il part à l'été 1940 s'installer avec sa famille à Gloukhov en Ukraine, puis la guerre éclate et la famille déménage à la réserve naturelle de la Khopior (près de Voronej). Il perd deux de ses fils pendant la guerre : Youri à la réserve naturelle de la Khopior en et Igor de dystrophie en pendant la famine due au siège de Léningrad.

Après la guerre

Après la guerre, Arens travaille pendant dix ans à la réserve naturelle de Teberda. il est membre de la Société géographique d'URSS et de la Société d'entomologie d'URSS. Naturaliste distingué, il est l'auteur de plus d'une centaine de publications, ainsi que de recensions, de chroniques, de traductions du français (en particulier du poète et spécialiste des abeilles Jean-Henri Fabre). Un certain nombre de ses travaux demeurés à la Société géographique n'ont pas encore été publiés, ainsi que des manuscrits sur Khomiakov et Chamisso.

Quelques publications

Notes

Liens externes

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