Lexicographie hébraïque

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Entête du Sefer Hashorashim (édition Berlin 1897), l'un des principaux travaux de lexicographie hébraïque au Moyen Âge

La lexicographie hébraïque est une science visant au recensement et à l'ordonnance de lexies appartenant à la langue hébraïque, afin de former un lexique d'hébreu, qu'il s'agisse d'une liste de termes utilisables en poésie ou d'un dictionnaire de traductions ou de définitions.

Elle est souvent associée, voire confondue, avec la lexicologie hébraïque, qui permet d'expliquer le fonctionnement des lexèmes du lexique hébraïque.

Aux origines de la lexicologie hébraïque

Bien qu'une liste commentée des noms propres de la Bible (grec ancien : Ερμενεία Εβραικῶν Ονομάτων Hermeneia Hebraikön Onomatôn) ait été dressée par un Juif hellénisé, avant d'être complétée Origène (IIIe siècle), et traduite en latin par Jérôme de Stridon un siècle plus tard[1], il semble qu'elle n'ait eu aucune résonance dans les milieux juifs. Le véritable précurseur de la lexicologie hébraïque semble davantage être la littérature traditionnelle des traductions de la Bible en araméen (Targoum), ainsi que la littérature midrashique des docteurs de la Mishna, qui contient de nombreux commentaires lexicaux sur les mots de la Bible.

La lexicographie hébraïque médiévale

La lexicographie hébraïque proprement dite naît au Moyen Âge, vers la fin de la période des Gueonim. Outre le lexique de judéo-araméen babylonien réalisé au IXe siècle par Tzemah ben Paltoï, Gaon (directeur de l'académie talmudique) de Poumbedita, dont il ne reste que quelques citations d'auteurs ultérieurs, Saadia Gaon (Xe siècle) réalise les premiers prototypes de lexiques hébraïques.

Le premier, appelé le Sefer haEgron (Livre de la Collection), est une œuvre de jeunesse rédigée en 903, visant, par le biais de la poésie hébraïque, à promouvoir la langue hébraïque parmi les Juifs, qui en négligent l'étude au profit de l'arabe. Comprenant environ 5000 termes, il est arrangé en deux parties, sur le modèle des lexiques arabes de l'époque ; la première partie suit l'ordre alphabétique des lettres initiales afin d'aider à la production de beaux acrostiches, la seconde partie celui des lettres finales pour obtenir de belles rimes. Dans une seconde édition de son lexique, Saadia fournit des équivalents arabes aux mots de chaque liste, ainsi que des chapitres en arabe sur divers sujets utiles pour les poètes, dont des considérations grammaticales. En effet, et de façon caractéristique, les diverses branches de la linguistique, à savoir la grammaire (qui étudie la formation des mots, leur morphologie, la syntaxe des phrases), la lexicologie et la lexicographie, ne sont pas nettement distinguées dans la littérature linguistique hébraïque jusqu'à l'ère moderne ; en règle générale, un traité considéré comme grammatical comprend des sections lexicographiques et réciproquement.
Le second ouvrage produit par Saadia est le Tafsir al-Sab'in Lafẓah al-Mufrada, un livre plus petit mais fort influent en son temps où l'auteur explique le sens de 70 (plus exactement 90) mots rares ou uniques dans le texte biblique, à l'aide du langage de la Mishna et du Talmud. Là aussi, Saadia vise à réduire l'influence d'adversaires au judaïsme rabbinique, en l'occurrence les Karaïtes (adeptes d'un mouvement juif déniant toute autorité à la tradition orale du judaïsme rabbinique au profit de la libre exégèse de la seule Bible hébraïque), en montrant les limites de la libre exégèse. Ce petit livre a connu de fréquentes réimpressions, notamment celle de Dukes & Ewald, en 1844[2]. Il a également été traduit en anglais et commenté par Samuel Krauss[3].

Juda ibn Quraysh de Tahort, un contemporain plus âgé de Saadia, élargit le travail de celui-ci, et jette les bases de la philologie sémitique comparée, en publiant une lettre circulaire (Risāla) à la communauté de Fès. La Risāla est divisée en trois sections, la première comparant l'hébreu de la Bible à l'hébreu aramisé de la Mishna, la seconde à l'araméen, la troisième, appelée Sefer ha-Yaḥas, Sefer Av vaEm ou Egron Av vaEm[4], à l'arabe. Il est probable que le dictionnaire attribué à Ibn Quraysh et non retrouvé soit aussi cette troisième partie. Le livre est devenu un classique de la philologie et a été réédité par Bargès & Goldberg (Paris, 1857).

Autres grammairiens précurseurs

Ibn Ganach, Manahem Ibn Saruq, Dunash Ibn Labrat, Rabbi Salomon ben Isaac, Abraham Ibn Ezra, David Kimchi et les siens, Elie Levita Habahuc.

Techniques modernes de lexicographie hébraïque

Voir aussi

Notes et références

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