Ligne de Mâcon à Fleurville

From Wikipedia, the free encyclopedia

PaysDrapeau de la France France
Mise en service
Longueur35,248 km
Ligne
de Mâcon à Fleurville
Mâcon-Fleurville via Lugny
Image illustrative de l’article Ligne de Mâcon à Fleurville
Le « tacot de Fleurville » dans les rues de Mâcon.
Pays Drapeau de la France France
Historique
Mise en service
Concessionnaires Compagnie des chemins de fer d'intérêt local de Saône-et-Loire
Caractéristiques techniques
Longueur 35,248 km
Écartement métrique (1,000 m)
Électrification Non électrifiée
Nombre de voies Voie unique
Trafic
Exploitant(s) Compagnie des chemins de fer d'intérêt local de Saône-et-Loire
Trafic Marchandises (jusqu'en 1935) et voyageurs (jusqu'en 1931)

La ligne de Mâcon à Fleurville via Lugny est une ancienne ligne ferroviaire française.

Genèse

Les rails de la voie métrique place de la Barre, à Mâcon.

Le projet initial, établi au début des années 1890, prévoyait l'établissement d'un chemin de fer à voie étroite entre Fleurville et Saint-Sorlin (ancien nom de La Roche-Vineuse, jusqu'en 1908). Le tracé fut cependant profondément modifié et finit par s'établir définitivement entre Mâcon et Fleurville via Lugny, desservant Hurigny par la vallée de Verchizeuil puis, successivement, les communes d'Igé, d'Azé, de Saint-Gengoux-de-Scissé et de Bissy-la-Mâconnaise, avant de parvenir à Lugny et, de là, rejoindre Fleurville. Diverses variantes furent rejetées, parmi lesquelles, d'une part, une desserte des communes de Saint-Maurice-de-Satonnay et de Laizé et, d'autre part, une desserte de Verzé.

Mise en service

Cette ligne fut inaugurée le [1]. Elle appartenait au réseau de la Compagnie des chemins de fer d'intérêt local de Saône-et-Loire.

Elle devint progressivement un moyen de transport commode pour les voyageurs et les marchandises et le train, vite adopté sous le nom de « tacot de Fleurville », connut un succès ininterrompu jusqu’à sa disparition au milieu des années 1930, effectuant plusieurs allers-retours quotidiens.

Ainsi, le nombre de billets aller-retour distribués à Mâcon par la compagnie ferroviaire pour des voyages effectués en direction de Lugny et de Fleurville, pour la seule année 1909, s'éleva à 36 242[2].

Fermeture

La ligne a fonctionné jusqu'en 1931 pour le trafic quotidien de voyageurs et jusque dans le milieu des années trente pour le trafic de marchandises.

Caractéristiques

Le tracé de la voie métrique Mâcon-Fleurville via Lugny, longue de 35 kilomètres.

Longue de 35,248 kilomètres, elle est inaugurée le et dessert nombre de communes du Mâconnais et du Haut-Mâconnais (seize stations, haltes et arrêts facultatifs).

La durée du trajet est de deux heures et treize minutes, dans un sens comme dans l'autre.

Les communes desservies sont (outre les terminus de Mâcon et Fleurville) : Flacé, Laizé (hameau de Blany), Verzé, Igé, Azé, Saint-Gengoux-de-Scissé, Bissy-la-Mâconnaise, Lugny, Montbellet (hameau de Thurissey).

Les terminus se situent :

Le dépôt et les ateliers se trouvent à Fleurville.

Les horaires, tels qu'ils apparaissent dans la presse départementale[3], sont, en , les suivants :

  • au départ de Mâcon : 6 h 22 du matin, 1 h 20 et 6 h 17 du soir ;
  • au départ de Fleurville : 5 h 06 et 10 h 45 du matin, 6 h 30 du soir.

Les trains se composent de deux ou trois voitures de voyageurs, d’un fourgon à bagages et d’un wagon de marchandises, le convoi étant tracté par une locomotive à vapeur du type 030T (pesant 17 tonnes à vide et 21 tonnes en ordre de marche) sortie des ateliers des établissements Corpet-Louvet.

Hormis les voyageurs, le chauffeur, le mécanicien et le chef de train, le « Tacot de Fleurville », transporte du vin, du charbon, du bétail, du bois ou encore des pierres de taille.

Exploitation

Elle est administrée par la Compagnie des chemins de fer d'intérêt local de Saône-et-Loire[4], créée à la fin du XIXe siècle pour construire et exploiter un réseau ferroviaire à voie métrique d'une dizaine de lignes[5] dans le département de Saône-et-Loire entre 1901 et 1945[6].

Après la suppression du chemin de fer d'intérêt local, le département de Saône-et-Loire met en vente les terrains composant la plateforme de la voie ainsi que les bâtiments divers (gares, dépôt). À titre d'exemple, la gare de Lugny est achetée fin 1940 par cette commune, le cout ayant été fixé à 19000 francs par l'administration[7].

Stations

En Images

Témoignages

« Je faisais les voyages entre Lugny et Mâcon à bord du Tacot, surnom affectueusement donné à ce sympathique petit train qui, jusqu’à sa disparition au milieu des années trente, relia Fleurville à Mâcon en desservant bon nombre de villages du Mâconnais. Ce train ne brillait toutefois pas par son confort. L’odeur de charbon me donnait la nausée et je préférais être au grand air, en me tenant sur la plate-forme d’extrémité du wagon. À l’intérieur de ces wagons, un détail a plus particulièrement retenu mon attention : ces bouillottes ayant la forme de longues boîtes métalliques plates remplies d’eau chaude placées au pied des sièges et censées réchauffer les passagers. » a raconté Madeleine Soboul, une habitante de Lugny qui, après avoir obtenu son certificat d’études primaires, poursuivit ses études à Mâcon[8].

« Le premier train partait très tôt, six heures à l'heure du soleil, le dernier à huit heures le soir, c'est-à-dire que l'hiver on roulait la nuit, et on rentrait tard le soir. Le train du matin amenait le courrier, celui du soir le ramenait [...]. Le tacot remplissait en ce temps-là une mission extraordinaire, aussi bien pour les voyageurs que pour tous les produits lourds. C'était une révolution, il remplaçait la diligence pour les personnes, et les voituriers pour les marchandises. Pour le vin, pour le bois, pour tous les colis, c'est par wagons complets que tout était acheminé. » a raconté Alphonse Grosbon, habitant de Saint-Gengoux-de-Scissé[9].

Incidents et accidents

Bibliographie

Notes et références

Related Articles

Wikiwand AI