Likhvod hahanoukka
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Likhvod Hahanoukka (hébreu : לכבוד החנוכה « En l’honneur de Hanoucca ») est un chant de Hanoucca adapté d’un poème de Haïm Nahman Bialik paru à Odessa en 1916. Il est chanté sur un air hassidique auquel il est devenu associé.
Le poème paraît pour la première fois à Odessa en 1916 dans le recueil Alef-Beit des éditions Moriah, dirigées par Bialik. Pourtant, son nom n'apparaît nulle part, et le poème est reproduit anonymement voire attribué à d'autres puis traduit en yiddish par Israël Goikhberg (he). En 1928,S. Ben-Tsion (he) précise dans le manuel Betokh Ami, publié à Tel-Aviv, que sa version “s'inspire de H.N. Bialik”. Ce dernier le confirme en 1933 dans le recueil Shirim oupizmonot layeladim (« Chants et comptines pour enfants »), paru à Tel-Aviv aux éditions Dvir, où le poème est accompagné d'une illustration de Nahum Gutman[1].
S. Ben-Tsion adapte assez librement le texte original. Le changement le plus notable qu'il introduit, est le remplacement du kirkar — formé sur la racine k-r-k-r (cf. 2 Samuel 6:14 : « David dansait [mekharker] de toutes ses forces ») —, que Bialik avait choisi pour traduire draydel, en restituant l'idée de dray (du haut-allemand drehen, « tourner »). Ben-Sion lui préféra sevivon, contribuant à l'imposer dans l’hébreu moderne. De même, Myriam Avigal (he) change Likhvod mi (« Pour qui ? ») en Likhvod ma (« À l'occasion de quoi ? »). Ces dernières modifications resteront en usage, même dans les versions plus fidèles au texte original[2].
Caractéristiques
Paroles
Likhvod Hahanoukka met en scène un enfant qui adresse à son public des questions didactiques. Leurs réponses renseignent sur les coutumes de la fête de Hanoucca. Ces coutumes sont décrites comme les actes des proches et familiers de l’enfant afin de le réjouir pour la fête : son père allume avec lui les bougies, son maître lui offre une toupie de Hanoucca pour en jouer (la toupie est en plomb durci car le danger du plomb pour la santé n’est pas encore connu), sa mère lui donne un beignet, chaud et sucré, et son oncle lui glisse une piécette en cadeau.
| # | Traduction[3] | Transcription | Hébreu[2] |
|---|---|---|---|
| 1 | Papa a allumé des bougies pour moi, et le shamash est pour lui une torche Savez-vous en l’honneur de quoi ? En l’honneur de Hanoucca ! |
Avi hidlik nèrot li vèshamash lo avouka Yodʿim atem likhvod ma ? Likvod ha’hanoukka |
אָבִי הִדְלִיק נֵרוֹת לִי וְשַׁמָּש לוֹ אֲבוּקָה – יוֹדְעִים אַתֶּם לִכְבוֹד מַה? לִכְבוֹד הַחֲנֻכָּה! |
| 2 | Mon instituteur a apporté une toupie pour moi, coulée en plomb durci Savez-vous en l’honneur de quoi ? En l’honneur de Hanoucca ! |
Mori hèvi sevivon li ben-oferet yetsouka Yodʿim atem likhvod ma ? Likvod ha’hanoukka |
מוֹרִי נָתַן סְבִיבוֹן לִי, בֶּן-עוֹפֶרֶת יְצוּקָה – יוֹדְעִים אַתֶּם לִכְבוֹד מַה? לִכְבוֹד הַחֲנֻכָּה! |
| 3 | Maman a donné un beignet pour moi, un beignet chaud et sucré Savez-vous en l’honneur de quoi ? En l’honneur de Hanoucca ! |
Imi natna lèviva li lèviva ’hama oumetouka Yodʿim atem likhvod ma ? Likvod ha’hanoukka |
אִמִּי נָתְנָה לְבִיבָה לָי, לְבִיבָה חַמָּה וּמְתוּקָה – יוֹדְעִים אַתֶּם לִכְבוֹד מַה? לִכְבוֹד הַחֲנֻכָּה! |
| 4 | Tonton a donné un cadeau pour moi, un centime usé Savez-vous en l’honneur de quoi ? En l’honneur de Hanoucca ! |
Dodi natan tèshoura li perouta a’hat she’houka Yodʿim atem likhvod ma ? Likvod ha’hanoukka |
דּוֹדִי נָתַן תְּשׁוּרָה לִי, פְּרוּטָה אַחַת שְׁחוּקָה – יוֹדְעִים אַתֶּם לִכְבוֹד מַה? לִכְבוֹד הַחֲנֻכָּה! |
Musique
La version la plus connue de Likhvod Hahanoukka est celle d'Itzhak Edel (he), inspirée d’une mélodie hassidique de la dynastie Loubavitch, très appréciée par les gens de la deuxième Aliya (en). En raison de son style hassidique, volontiers répétitif, la deuxième ligne de chaque couplet est chantée deux fois et la troisième trois fois. Traditionnellement liée à Yibone Hamikdosh, le dernier couplet du poème de Chabbat Tsour mishelo (he), elle a aussi servi de base à un chant sioniste plus tardif, Shir Ashir Lakhem[4].
Il se trouve toutefois qu’une première version, aujourd’hui tombée dans l’oubli, avait été tentée par Pinhas Minkowsky (en), proche de Bialik[1].
