Son père, August Brunner, est un commerçant[1], de sensibilité radicale[2]; sa mère est née Elisabeth Netzer[1].
En 1956, elle épouse Ambros Uchtenhagen, psychiatre et directeur du service de psychiatrie sociale de la clinique psychiatrique universitaire de Zurich[1], pionnier de la politique de la drogue en Suisse, en particulier à propos de la dépénalisation des drogues. Ensemble, ils adoptent trois frères et sœurs originaires de Madagascar[4].
Elle réalise également une formation d'assistante en psychiatrie aux États-Unis en 1955-1956[1].
Parcours professionnel
Elle enseigne l'économie et l'instruction civique à l'école de la Société des employés de commerce, puis les sciences et l'économie politique à l'école de travail social de Zurich de 1966 à 1986[1].
Élue au Conseil national dans le canton de Zurich le , Lilian Uchtenhagen fait partie des premières femmes élues après que les Suissesses aient obtenu le droit de vote au niveau fédéral, et la première à y prendre la parole[4]. Elle restera au Conseil national jusqu'en 1991.
En 1983, elle est la première candidate féminine officielle au Conseil fédéral, pour la succession de Willi Ritschard. Mais malgré sa désignation comme seule candidate du Parti socialiste, la majorité bourgeoise lui préférera le socialiste Otto Stich, plus consensuel et pourtant peu connu au niveau fédéral[5]. Cette non-élection, préparée en secret par la droite au cours de ce qui sera appelé une «nuit des longs couteaux»[6], provoque une vague d'indignation au sein du Parti socialiste, qui hésite à se retirer du Conseil fédéral[7], mais également parmi les femmes[8]. Elle démontrait la «toute puissance de la majorité bourgeoise [...] et la pérennité de la domination masculine en politique»[9], douze ans après l'octroi du droit de vote aux femmes en Suisse.
Lilian Uchtenhagen préside, de 1981 à 1997, la Coop Zurich VLZ, puis, de 1998 à 2003, l'association d'entraide Swissaid[10].
Elle a été considérée comme très influente, faisant partie de la «bande des quatre» à la tête du Parti socialiste, avec notamment Helmut Hubacher[10].
↑ Jusqu'en 1988, le mariage entraîne pour l'épouse d'un citoyen suisse la perte de son lieu d'origine, remplacé par celui de son époux. Cf. Valérie Hoffmeyer, «Ces Suisses qui changent de commune d'origine», Le Temps, (ISSN1423-3967, lire en ligne, consulté le ).
↑ Hadrien Buclin, Vents contraires. Le Parti socialiste suisse face aux crises économiques et à l’essor du néolibéralisme (1973-1995), Éditions Alphil-Presses universitaires suisses, (ISBN978-2-88950-225-7, lire en ligne), p.121.
↑ (de-CH) Daniel Gerny et Erich, Aschwanden, «Nachruf: Lilian Uchtenhagens Nichtwahl war ein Fanal | NZZ», Neue Zürcher Zeitung, (ISSN0376-6829, lire en ligne, consulté le ).