Lise Bésème-Pia
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Lise Bésème-Pia, née le à Sécheval, Ardennes, est une femme de lettres, folkloriste et gastronome ardennaise.
Née le à Sécheval, elle exerce à partir de 1960 comme préparatrice en pharmacie à Renwez, à quelques kilomètres de là, le chef-lieu de canton à la lisière de la forêt ardennaise[1],[2]. En 1966, elle se marie avec Daniel Bésème. Après la naissance de deux enfants dans les années 1970, la mobilité géographique induite par la profession de son mari entraîne la famille dans la Marne, en pays vigneron, tout en conservant une maison familiale à Sécheval, une vieille demeure ardennaise[2].
Devenue femme au foyer, avec des enfants qui grandissent, elle se passionne pour les traditions orales, recettes de cuisine, tours de main et saveurs, histoires locales, légendes, particularités linguistiques, anciennes coutumes, etc., autant celles de son pays natal que des vignerons marnais, ses deux terroirs de prédilection, ou d'autres lieux (y compris de Vendée[3] et de Bretagne d’où une partie de la famille de son mari est originaire). À partir de 1978, elle prend l'habitude de collecter ses échanges avec les anciens, ou les voisins, sur des cahiers d'écolier. Elle complète ces bavardages par des investigations dans les bibliothèques et archives, amassant ainsi une matière éphémère à la manière d'un Albert Meyrac, un siècle après celui-ci[1],[2],[4].
En 1988, un de ses amis, Henri Vastine, créateur du Musée de la Forêt de Renwez, et propriétaire d’une imprimerie dans la vallée de la Meuse, l'encourage à faire imprimer, en s'appuyant sur ces collectes, un ouvrage sur le patois ardennais, accompagnant une monographie de Sécheval. C'est son premier livre, édité en : Mon enfance à Sécheval, le parler de chez nous[2]. Quelques années après, la mise au pilon d'un des rares ouvrages de recettes ardennaises, (un ouvrage de Monique Esquerré-Anciaux aux Éditions Denoël) la décide à rédiger un livre sur ce thème, 300 Recettes du Pays d’Ardenne. Sur les conseils d'un libraire d’Épernay, Jean-Charles Vaillant, elle entre en contact avec l'éditeur Dominique Guéniot, installé à Langres[2]. Le succès des deux publications la surprennent. La première, longtemps épuisée, a été rééditée en 2011. La seconde, primée par l'Académie Nationale de Cuisine, a fait l'objet régulièrement de nouveaux tirages et, complétée de quelques recettes supplémentaires, est devenue, en 2010, 365 Recettes du pays d’Ardenne, « un livre imprégné de transmission et de générosité en cuisine » selon Jacky Durand du quotidien Libération[5],[6].
Et depuis, elle écrit. Elle a plus d'une cinquantaine d'ouvrages à son actif. Sa publication consacrée au biscuit rose de Reims, en 1999, est accueillie avec curiosité et intérêt bien au-delà de la Champagne-Ardenne[7]. Elle recueille aussi, des générations précédentes, des souvenirs telles les recettes pendant l'occupation allemande en 1940-1945[8]. Ses ouvrages culinaires incorporent très souvent des éléments de ses «enquêtes ethnologiques»[9]. Bien que restée fidèle à ses premiers éditeurs, elle est sollicitée en 2005, par les Éditions Flammarion, pour qui elle réalise en 2006, les Recettes traditionnelles de nos campagnes, puis en 2007 les Cakes des grand-mères. Elle continue également, en parallèle, à aborder et à mettre par écrit d'autres traditions orales, telles les Flaves drolatiques en patois de notre village en 1999, le Folklore des dents en Champagne-Ardenne en 2010, ou encore, par exemple, Peau de lait et Cie en 2012.