Littérature éwé
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Écriture
L'éwé s'écrit a l'aide de l'alphabet latin, plus quelques lettres de l'alphabet phonétique international. Dr Schlegel, D. Westermann, et Jacob knusli sont les Allemands qui ont rédigé la grammaire de la langue éwé. L'alphabet éwé ainsi conçu comporte 30 lettres dont 7 voyelles et 23 consonnes[2]. On distingue la littérature écrite comme les romans ; les récits tandis que la littérature orale ou parlée qui comprend des proverbes et des énigmes sont diffusées le plus souvent à la radio.
Publications
À partir de la fin du XIXe siècle, une fois la langue éwé codifiée pour l'écriture, de nombreux missionnaires apprennent la langue et traduisent un important corpus d'ouvrages en langue éwé. En 1913, on dénombre 10 400 ouvrages : textes religieux de types évangiles ou autres extraits de la Bible, ouvrages de grammaire et scientifiques. Une grande partie d'entre eux s'est perdue[3].
Le premier ouvrage de fiction connu est une nouvelle de Sam Obianim, Ɖe meye ɖe (« Si je savais »), publiée en 1914, traitant des mœurs dissolues d'une jeune fille. ll faudra attendre 1946 pour qu'une autre nouvelle paraisse, et 1973 pour qu'une production régulière s'installe, sous l'impulsion du Bureau of Ghana Languages d'Accra[4].
Le roman policier Ku Le Xɔme (littéralement « meurtre à domicile ») du Ghanéen Seth Akafia traduit par Simon Agbeko Amegbleame (Drame à Tanyigbe[5]) est le premier roman de langue éwé[6]. Écrit en 1968 pour un concours de langues nationales, il parait tout d'abord en feuilleton dans un quotidien ghanéen d'informations générales, le Daily Graphic, avant d'être publié en 1970[4].
La première pièce de théâtre en langue éwé est aussi la première de langue africaine. Toko Atolia (« La cinquième lagune ») est écrite en 1937, par Kwasi Fiawoo, un pasteur de Ho, au Togo britannique. Elle est rapidement traduite en allemand et en anglais[7].
En 1949 Sam Obianim écrit le roman sur les mésaventures de Agbezuge, Amegbetoa[8],[9]. Cette histoire est un classique de la littérature éwé[10]. Elle est racontée aussi de façon orale sur les médias locaux comme les radios privées au Togo comme au Ghana[réf. souhaitée]. Il en existe une version traduite en français en 1990, Amegbetoa ou les aventures d'Agbeuge[7].
Malgré ces débuts, la littérature dans cette langue se heurte aux politiques linguistiques changeantes dans ces pays[9], avec par exemple un frein au développement de la langue éwé au Togo pour assurer l'égalité avec la langue kabiyé sous l'influence de Gnassingbé Eyadéma[7].