Loi portant réforme du crédit à la consommation

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La loi no 2010-737 du portant réforme du crédit à la consommation, dite loi Lagarde du nom de Christine Lagarde, alors ministre de l'Économie, est une loi française transposant une directive européenne sur les crédits à la consommation.

Titre Loi portant réforme du crédit à la consommation
Référence Loi n°2010-737 ;
NOR : ECEX0906890L
Pays Drapeau de la France France
Langue(s) officielle(s) Français
Faits en bref Titre, Référence ...
Loi Lagarde
Présentation
Titre Loi portant réforme du crédit à la consommation
Référence Loi n°2010-737 ;
NOR : ECEX0906890L
Pays Drapeau de la France France
Langue(s) officielle(s) Français
Type Loi ordinaire de transposition d'une directive européenne[1]
Branche Droit des contrats spéciaux ; Droit bancaire
Adoption et entrée en vigueur
Régime Ve République
Gouvernement Fillon II
Adoption
Promulgation par Nicolas Sarkozy
Publication au JORF

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Depuis lors le code de la consommation a été refondu par l'ordonnance no 2016-301 du [3].

Historique

Cette loi spécifique au crédit à la consommation est en réalité, la Loi de transposition en droit interne français de la directive européenne sur les crédits à la consommation, ou "Consumer Credit Directive" (CCD).

Outre l'introduction des clauses de la Directive CCD, cette loi s'est fixée différents objectifs connexes, hétérogènes, principalement la plus grande liberté donnée aux emprunteurs en matière d'assurance, l'encadrement strict de la publicité, ou encore, la limitation du crédit renouvelable.

Elle est ainsi venue renforcer la loi MURCEF (mesures urgentes de réformes à caractère économique et financier) de 2001, qui interdit aux organismes prêteurs de proposer des offres groupées crédit/assurance[4].

Le , Christine Lagarde, alors ministre de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, annonce sa volonté que « les emprunteurs [soient] libres de choisir l'assurance liée à leur crédit, à condition de fournir une garantie équivalente à celle proposée par le banquier »[5].

Le , l'Assemblée nationale adopte le texte en première lecture[6] et le Sénat en deuxième lecture le [7]. Le texte est ensuite publié le au Journal officiel[8].

Par la suite, la mise en application de cette loi a fait l'objet d'analyse et de critiques, les plus sérieuses émanant du Comité Consultatif du Secteur Financier (CCSF). Dans un avis du , cet organisme affirme que seul un emprunteur sur dix profite effectivement de la délégation d'assurance que la loi Lagarde est supposée favoriser.

Principales mesures

Les différentes dispositions de la Loi sont entrées en application progressivement au cours des années 2010 et 2011 :

  •  : libre concurrence pour le choix par l'emprunteur de son assurance de prêt,
  •  : procédures de surendettement accélérées, plan de surendettement passant de 10 à 8 ans[9],
  •  : réforme des taux d'usure, désormais définis en fonction du montant du prêt et non de sa nature [10],
  • la création d'un TEG (taux effectif global)dédié aux crédits à la consommation, et appelé le taux annualisé effectif global ou TAEG
  •  : réforme du crédit renouvelable. Pour un montant supérieur à 1 000€, le client pourra systématiquement choisir entre crédit renouvelable et crédit amortissable. Chaque mensualité devra comporter une partie de remboursement du capital emprunté. La durée des crédits renouvelables est limitée à 36 mois en dessous de 3 000€ et 60 mois au-dessus[11].

Mise en œuvre

La délégation d'assurance de prêt permise par la loi Lagarde reste une possibilité sous-exploitée. Selon Bercy, les conditions ne sont toujours pas réunies pour permettre aux consommateurs de choisir librement leur assurance[12]. Le projet de réforme bancaire adopté par l'Assemblée nationale le [13] propose dans ce contexte des améliorations du dispositif de la loi Lagarde[14]. Le projet prévoit ainsi l'interdiction des frais de délégation facturés par la banque, ainsi que l'amélioration et la standardisation de l'information transmise au client[15].

Plusieurs acteurs ont émergé à la suite de cette loi pour permettre aux emprunteurs de mettre en œuvre cette délégation d'assurance facilement : des acteurs historiques comme la MAIF ou nouveaux comme la start-up Réassurez-moi.

Quatre ans après la mise en place de la Loi Lagarde, les banques émettrices de crédit réussissent encore à vendre entre 80 et 85 % des contrats d'assurance[16]. La loi Hamon du viendra donc soutenir la première ébauche de la loi Lagarde pour les emprunteurs en apportant le droit à un changement d'assurance emprunteur au cours des 12 mois suivant la signature du crédit. Les deux lois utilisées simultanément donnent ainsi le droit à l'emprunteur de changer d'assurance emprunteur au cours du délai fixé (12 mois, Loi Hamon), en allant auprès de l'institut qu'il désire (Loi Lagarde).

Liens et articles connexes

Notes et références

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