Loi électorale du 3 mars 1831

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Médaille faite par Maurice Borrel : Les députés du peuple belge sont élus directement à la représentation nationale

La loi électorale du 3 mars 1831 est une loi belge qui accorde le droit de vote aux Belges de sexe masculin selon le principe du suffrage censitaire.

Des suites de la révolution belge de 1830, l’idée dominante en Belgique était que l’on ne pouvait prétendre purement et simplement au droit de vote[1]. Afin d’avoir accès au vote, il fallait disposer de certaines capacités. Les élections se faisaient donc via un suffrage capacitaire. En 1830, le gouvernement provisoire du pays constitué d’Alexandre Gendebien, André-Edouard Jolly, Charles Rogier, Louis de Potter, Sylvain Van de Weyer, le baron Feuillen de Coppin, le comte Félix de Merode, Joseph van der Linden et le baron Emmanuel Van der Linden d'Hooghvorst déclare l’indépendance Belge par un décret le qui annonce la convocation d’un Congrès national belge dont le but est la représentation des diverses provinces du pays ainsi que de mettre en place une Constitution. Pour ce faire, des élections doivent être tenues. La question de la nature du suffrage se pose alors. Ainsi, le , un comité central, composé de membres du gouvernement provisoire, c'est-à-dire de Louis De Potter, Charles Rogier, Sylvain Van de Weyer, Félix de Mérode, est créé afin de définir les principes fondamentaux autour desquels évoluera le pays, parmi lesquels le choix d’une monarchie héréditaire, le bicamérisme et les modalités de l’élection au Congrès national. Ces dernières seront décidées en une seule séance, sans débat de fond et d’un accord général. Ces modalités seront publiées le . Le Congrès national opte donc pour l’abandon du suffrage capacitaire au profit du suffrage censitaire et dont le montant inscrit dans la constitution sera compris entre 20 et 100 florins. Le suffrage censitaire restera en vigueur en Belgique jusqu’en 1893[2],[3].

Principes directeurs au suffrage

Le suffrage universel était considéré à l'époque comme une solution trop utopiste et irréalisable. L’un des principes directeurs au choix du suffrage censitaire repose sur la volonté d’assurer que les électeurs présenteraient les garanties « d’ordre » (c’est-à-dire d’attachement à l’ordre établi), de « lumières et d’indépendance nécessaire pour remplir leur fonction ». L’élite dominante estimant que les électeurs devaient disposer de certaines aptitudes et d’une certaine indépendance économique. La conception à la base de ce raisonnement et qui est privilégiée par les élites dirigeantes de l'époque est celle de « l’électorat-fonction ». Ces principes seront des préoccupations majeures, notamment du côté des Libéraux redoutant l’influence de l’église et des catholiques. La loi entre donc en vigueur dans un contexte politique et une volonté d’unionisme belge entre catholiques et libéraux, afin d’assurer un équilibre entre les deux tendances. C’est pourquoi sera établi par la loi un régime de cens différentiel, plus élevé dans les villes que dans les campagnes, afin d’assurer un équilibre numérique entre les électeurs urbains et ruraux. Ce cens sera abaissé au minimum constitutionnel en 1848, c’est-à-dire 20 florins, afin de contenter la petite bourgeoisie des villes et afin d’éviter une contagion des révolutions de février 1848 que connait la France à cette même période. Le nombre d’électeurs en 1848 passe donc de 1,5% à 2% de la population Belge, soit 7% de la population masculine adulte. En 1875, les électeurs pour les élections législatives sont au nombre de 114 000. Ils seront de 225 000 aux élections provinciales et de 359 000 aux élections communales. Le cens représentait également une condition d’éligibilité au sénat[3].

La loi

La fin du vote censitaire en Belgique

Références

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