Louis-Joseph Forget est né à Terrebonne en 1853[1]. Il est catholique, et a étudié les principes de l'Église au collège Masson[2]. Il prit souvent, seul, dans sa chapelle privée à l'intérieur de sa maison bourgeoise[2].
Le à Montréal, il épouse Maria Raymond et quatre filles sont nées de leur union[1].
Après avoir été commis dans une maison de courtage de Montréal, il fonde en 1876 sa propre firme de courtage, la L. J. Forget et Cie. Son entreprise connaît du succès et il embauche Rodolphe Forget, son neveu, avec qui il s'associe[3]. La firme de courtage est présente dans plusieurs secteurs tels que les tramways, les transports, l'électricité, le charbon, et l'acier[4].
Forget entretient des relations d'affaires tant avec les milieux francophones qu'anglophones[5]. Cette capacité à naviguer entre les deux communautés constitue un atout important dans ses activités économiques[5]. En 1884, à l'âge de 31 ans, il déménage dans sa nouvelle maison sur la rue Sherbrooke dans le mille carré doré[5]. Ce secteur anglophone de Montréal est reconnu comme le principal quartier résidentiel de l'élite économique de la ville[5]. La majorité de la bourgeoisie francophone de l'époque habite à l'est, vers la rue Saint-Denis[5].
En 1895, Forget devient président de la Bourse de Montréal[6]. Le , il devient sénateur du Canada[7]. Il est un des premiers Canadiens francophones de son époque à faire partie de la haute bourgeoisie financière du Canada[5].
Il est associé à deux grands succès commerciaux. Le premier est la formation en 1901 de la Montreal Light, Heat and Power[4]. Le second est la fin en 1905 d'un autre ambitieux projet de restructuration en participant à la création de la Dominion Textile Company[2]. Il est membre de plusieurs conseils d'administration, dont celui du Canadien Pacifique (1904), où il est alors le premier Canadien francophone à y siéger. Il habite une demeure bourgeoise sur la rue Sherbrooke dans le quartier du Mille carré doré. Il est aussi propriétaire d'un important domaine à Senneville, dans l'ouest de l'Île de Montréal.
Il décède à Cimiez, le vendredi lors d'un voyage de repos et laissera à sa succession une immense fortune[8],[2]. Sa sépulture est située dans le Cimetière Notre-Dame-des-Neiges, à Montréal.
1234François Rémillard et Brian Merrett, Demeures Bourgeoises de Montréal, Le Mille Carré Doré 1850-1930, Montréal, Les Éditions du Méridien, , 244p. (ISBN2-920417-08-8), p.100-103.
↑Pascal Huot, «Rodolphe Forget: un financier québécois (1861-1919)», Cap-aux-Diamants: la revue d'histoire du Québec, no150, , p.56–57 (ISSN0829-7983 et 1923-0923, lire en ligne, consulté le ).
12Clarence Hatton-Proulx, «Travailleuses anonymes et modernité énergétique. L’industrie électrique et gazière et l’économie domestique à Montréal, 1904-1959», Revue d’histoire de l’Amérique française, vol.75, no3, , p.35-68.
123456(en) Donald MacKay, The Square Mile: Merchant Princes of Montreal, Montréal, Douglas & McIntyre, , 224p. (ISBN0-88894-562-0), p.130.
↑Sylvie Tremblay, «La famille Forget dit Despatis», Cap-aux-Diamants: la revue d'histoire du Québec, no21, , p.69–69 (ISSN0829-7983 et 1923-0923, lire en ligne, consulté le ).
↑(en) «Senator Forget.», sur BAnQ, Montreal Daily Herald, (consulté le ), p.2
↑«AVRIL», sur BAnQ, Le peuple: organe du district de Montmagny, (consulté le ), p.8