Louis-Napoléon Larochelle est né le à Saint-Anselme, dans le Canada-Est. Son père, Siméon Gautron dit Larochelle, était un industriel et un ingénieux inventeur qui avait grandement participé à développer Saint-Anselme. Il avait construit un moulin à carder en 1830, une forge en 1838, un atelier de menuiserie en 1844, un pont sur la rivière Etchemins en 1849 pour favoriser la colonisation, puis une fabrique de tissus en 1853, et une presse à imprimer pour le journal Le Canadien la même année[1]. Il s'improvise même ingénieur d'artillerie, fabriquant de ses mains un canon qui, selon les journaux de l'époque, "tirait de dix à douze coups à la minute", un record pour l'époque[1]. Dès sa naissance, Louis-Napoléon Larochelle bénéficie donc déjà d'une certaine notoriété en raison des réalisations de son père, dont le nom est déjà célèbre dans la région de la Beauce. Sa mère, Sophie Vachon dit Pomerleau, est née en 1812. En 1829, elle épouse Siméon, avec qui elle a 11 enfants, décédant en accouchant du dernier, en 1848, à l'âge de 36 ans. Après avoir étudié au Petit séminaire de Québec, entre 1847 et 1856, Larochelle prend la tête de l'entreprise familiale à la mort de son père en 1859[2]. En 1870, il construit finalement le chemin de fer que son père avait initié. En 1876, il épouse Marie-Georgina Plante[3], avec qui il a eu cinq enfants.
Il est aussi maire de Saint-Anselme de 1870 à 1878 et de 1881 à 1889[6].
Après un bref arrêt de la vie politique à partir de 1878, il revient à la vie politique en se présentant comme député aux élections générales québécoises de 1881, mais est défait. Puis, survient l'exécution de Louis Riel, qui crée une crise sans précédent entre Anglais et Canadiens français. Nationaliste québécois, Larochelle fait partie des cinq "conservateurs nationaux" dissidents qui retirent leur confiance au gouvernement Ross pour protester contre le sort funeste qu'ils réservent au compatriote Louis Riel. Lors de la crise, il publie dans La Presse avec Fernand Trudel une déclaration sommant Ross de démissionner[7]. Indigné de l'exécution de Louis Riel, il quitte définitivement le Parti conservateur. Ce faisant, il joue un rôle clé dans la chute du Parti conservateur. Leur groupe détenant la balance du pouvoir à l'Assemblée législative, leur défection provoque la chute du gouvernement et permet à Honoré Mercier de former le premier gouvernement du Parti national en . Joignant le Parti National, Larochelle se représente aux élections générales québécoises de 1886, où il est réélu dans Dorchester. Il démissionne finalement de son siège de député en 1888, à la suite de sa promotion au Conseil législatif du Québec par le premier ministreHonoré Mercier, qui souhaite le récompenser pour son rôle dans l'élection du Parti National. Cette nomination prestigieuse signe l'aboutissement honorable d'une longue carrière politique.
Larochelle meurt en fonction le à Saint-Anselme, à l'âge de 55 ans[3].