Louis Boissey
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Saint Aubin de Bonneval, France
Beauchêne, France
| Naissance |
Saint Aubin de Bonneval, France |
|---|---|
| Décès |
Beauchêne, France |
| Nationalité | Française |
| Diplôme |
Doctorat |
| Profession |
Prêtre |
| Formation |
Grand Séminaire de Séez Séminaire Français à Rome |
| Distinctions |
Chanoine (1919) |
Le chanoine Louis Bossey, né en 1859 à Saint-Aubin-de-Bonneval, et mort le à Beauchêne[1], est un prêtre séculier du diocèse de Séez. Il est le curé constructeur de l'église Notre-Dame de la Paix de Beauchêne, et fondateur de l'Archiconfrérie du même nom.
Enfance et Éducation
Louis Boissey nait dans une famille de modeste cultivateur à Saint-Aubin-de-Bonneval. Enfant, il est remarqué pour son humilité et son talent scolaire, ce qui lui valut d'entrer en quatrième au Petit Séminaire de Séez en 1873. Étant le plus jeune, il se fait surnommer "le petit Boissey"[1] mais il prend vite la tête de ses camarades. Ses études continuaient, aussi brillante qu'il avait commencé, et " en philosophie et en rhétorique, il se classait parmi les trois ou quatre premiers[1]".
Au grand séminaire, il continue d'exceller, et en 1881, après son sous-diaconat, il est envoyé terminer ses études au Séminaire français de Rome. Il soutient son doctorat en .
Ministère
Première Paroisse
Ordonné prêtre, il rentre à Séez en septembre, puis, malgré une excellence académique qui le désigne pour enseigner, il est nommé vicaire à Passais[1]. Dans cette première paroisse, il prend l'initiative de construire la flèche de l'église et d'acheter la grosse cloche. Il est également reconnu pour être proche de la population et des pauvres ainsi que d'être dévot à la vierge Marie. Quatorze ans après son arrivée, est nommé curé de Beauchêne. Il ne possède alors rien, et la population de Passais lui donne tout le nécessaire pour aller s'installer dans sa nouvelle paroisse[1].
Débuts à Beauchêne
L'abbé Boissey arrive à Beauchêne le dimanche de la Passion 1896. Il trouve alors une paroisse assez pauvre et une église dans un état peu encourageant. Les fondations sont absentes, la charpente est mal conçue, la sacristie est invivable, des étais soutiennent les plancher du clocher[2]. Cela ne le fait pas reculer pour autant, et malgré plusieurs sollicitations de l'évêque de Séez pour des postes plus important, il reste à Beauchêne, selon ses mots, il désire y mourir.
« Je viens chez vous pour y être l'instrument de Dieu et le père de vos âmes, je désire y mourir »
— [1]. L'abbé Louis Boissey, en arrivant à Beauchêne.
Dévotion à Notre-Dame de la Paix
En 1889, alors que la première conférence pour la Paix a lieu à la Haye, il écrit à Monseigneur Bardel, son évêque, qu’elle ne peut aboutir aux résultats désirés, si Dieu ne la bénissais pas et ne donnait lui-même cette paix. Il propose d’initier "des prières et des sacrifices" (en particulier celui de la messe) à cette intention, et demande à Monseigneur l’autorisation de construire la nouvelle église à l’intention de Notre-Dame de la Paix [3].
Monseigneur Bardel accepte, et le projet reçoit bientôt la bénédiction apostolique du pape Léon XIII.
L’abbé Boissey se met aussitôt au travail. Il fait peindre un tableau qu’il place dans la vieille église et il créer la confrérie Notre-Dame de la Paix. Il se lance également dans la publication mensuelle des Annales de Notre-Dame de la Paix[1]. Il y publie en la « Belle prière à faire pendant la messe », plus tard dite prière pour la paix ou prière de saint François. C'est la seconde publication connue de cette prière, parue anonyme dans La Clochette en [4].
Construction de l'église
Au vu de la faible population de sa paroisse, la fabrique de la paroisse ne possède alors que 400 francs. La tâche de reconstruire l’église n’est pas aisée. La dédicace promise à Notre-Dame-de la Paix lui permet de récolter les fonds nécessaires auprès des membres de la confrérie. Il reçut également une subvention de l’état et des arbres pour la charpente[1],[2],[5].
Les fondations sont posées en 1903 et la première pierre est bénie le . Plusieurs phases de travaux se succèderont alors. La nef est livrée au culte en 1906 une grande cérémonie est organisée le pour la translation du saint sacrement du vielle édifice au nouveau. L’ancienne église est détruite en partie, reste le clocher. Le chœur est livré à l’automne 1908 et la dédicace solennelle a lieu le par Monseigneur Bardel[3].
Les aménagements se poursuivent ensuite par la création de la colline et ses terrasses entre la nouvelle église et la route[3].
La séparation de l’Église et de l’État
Les travaux de la nouvelle église n’ont pas été sans problème. En effet, la loi de séparation de l’Église et de l’État arrive au milieu de la construction, en 1905. Cela aura pour effet la disparition de la fabrique et l’arrêt du travail d’une partie des entrepreneurs. L’abbé Boissey délègue alors son vicaire, l’abbé Aubine pour devenir conducteur de la maçonnerie[5].
L’abbé s’oppose à l’inventaire de son église[5].
En 1907, on observe un différend entre l’abbé Boissey et le conseil municipal, suite à la dissolution de la fabrique. Les dettes de celle-ci sont disputées. Il est également reproché à l’abbé d’avoir abattu l’ancienne église avant d’avoir recueilli l’argent nécessaire pour la construction de la nouvelle, condition votée en 1902 [5].
Continuation de l’œuvre
L’abbé Boissey travaille ensuite à meubler l’église et à propager son œuvre pour paix. En 1919 il reçoit le canonicat, les insignes lui sont offerts par ses paroissiens. Le clocher ne sera élevé qu’après la Première Guerre mondiale. Il est inauguré le et l’ancien clocher est détruit[1],[3],[5].
La confrérie sera élevée au rang d’Archiconfrérie nationale en 1910, avec les privilèges associés, par un bref du pape Pie X du et compte, en 1927, 18 000 membres[3].
Décès
L’abbé Boissey décède le , dans sa paroisse de Beauchêne. Il sera inhumé le lundi de Pâques suivant, dans l’église qu’il a construite, au pied de l’autel de Notre-Dame de la Paix, après 36 années de services[1]. Il laisse derrière lui un testament spirituel :
« Je veux mourir dans la foi de l’Eglise Catholique Apostolique et Romaine, dont je suis l’indigne ministre, et dans l’amour du Sacré-Cœur de Jésus et de Notre-Dame de la Paix, à qui je me recommande pour mon heure dernière. Je demande pardon à tous ceux que j’aurais offensés comme je pardonne à tous ceux qui m’aurait fait de la peine. Je recommande à mes paroissiens et aux membres de ma famille d’avoir une grande dévotion à Notre-Dame de la Paix, de vivre toujours dans la concorde, de fuir les dissensions et les procès. » (Testament Spirituel de l’Abbé Boissey)
Bibliographie
Christian Renoux, La prière pour la paix attribuée à saint François, une énigme à résoudre, Paris, éditions franciscaines, coll. « Présence de saint François » (no 39), , 210 p. (ISBN 978-2-85020-096-0), chapitre 4, « Le chanoine et le marquis », p. 41-47.
Notes et références
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 F.D., Annales de Notre-Dame de la Paix, Flers, Imp. Catholique, , 131e éd., 12 p., p. 1-6.
- 1 2 Rapport du Prefet au conseil Général de l'Orne, 20 avril 1903, p 275-276
- 1 2 3 4 5 L'EGLISE de NOTRE-DAME DE LA PAIX A BEAUCHÊNE - Notice historique et Cantiques, .
- ↑ Christian Renoux, La prière pour la paix attribuée à saint François: une énigme à résoudre, les Éd. franciscaines, coll. « Présence de saint François », (ISBN 978-2-85020-096-0).
- 1 2 3 4 5 Florentin Haucourt, La colline inspirée et ses sanctuaires - Construction de la nouvelle église - Le vieux Beauchêne, .