Louis Dufort

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Louis Dufort
Concert Akousma @ Empac. 1er novembre 2014. Louis Dufort y présentait sa pièce Étude no. 2 (2014) : https://vimeopro.com/empac/empac-video-archive/video/152627299
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Empreintes DIGITALes (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Louis Dufort (, Montréal, Canada) est un compositeur de musique électroacoustique résidant à Montréal, Canada.

Les œuvres de Louis Dufort sont de factures multiples : musique sur support fixe, musique mixte avec traitement et musique visuelle. Il reçoit plusieurs commandes de divers ensembles et organismes de musique, dont l’Association pour la création et la recherche électroacoustiques du Québec (ACREQ[1]), la Société de musique contemporaine du Québec (SMCQ[2]), Réseaux/Akousma[3], Chants libres[4], Codes d’accès[5], l’Ensemble contemporain de Montréal (ECM+[6]), EMPAC[7], le quatuor de saxophones Quasar[8], le quatuor à cordes Bozzini[9],[10], l’ensemble à percussion Sixtrum et le Centre d’art et de technologie des médias de Karlsruhe[11].

Depuis 1996, il collabore étroitement avec la chorégraphe Marie Chouinard en composant la musique pour un grand nombre de ses créations[12],[13]. D’ailleurs, un numéro entier de la revue Circuit, musiques contemporaines a été consacré à cette collaboration[14]. Louis Dufort enseigne la composition au Conservatoire de musique de Montréal[15] et il est le directeur artistique de la société de diffusion Akousma[16], qui produit le Festival international des musiques numériques immersives, lequel a lieu annuellement à Montréal. En 2018, Louis Dufort a remporté le prix Opus du directeur artistique de l’année[17]. Il a en outre participé à la composition de la bande sonore originale des films La chute de l’empire américain (2018)[18] et Testament (2023)[19] de Denys Arcand.

Louis Dufort a d’abord développé son approche compositionnelle par le médium de la musique électroacoustique, puis il s’est rapidement intéressé à la musique mixte et aux œuvres multimédias[20].

Œuvres de jeunesse (1990-2000)

Dans les années 1990-2000, les compositions de Louis Dufort se caractérisent par un style dramatique, lequel se remarque dans certaines de ses œuvres électroacoustiques telles que Pointe-aux-Trembles (1996), Transit (1998) et Zénith (1999), ainsi que dans ses œuvres mixtes comme Lucie (1998), ou encore Consomption (1999), pour soprano et support, dans laquelle l’interprète devient un véritable personnage servant le discours narratif. C’est toutefois avec Décap (2000), pour bande seule, que ce caractère dramatique atteint son paroxysme, l’œuvre dénonçant l’horreur et les conséquences humaines des conflits qui sévissent dans le monde[21].

Tournant vers l'organicisme (2000-2010)

Les œuvres de cette décennie (2000-2010), comme celles pour médium fixe qui composent l’album Matériaux composés (2008, empreintes DIGITALes), dont tout particulièrement Grain de sable (2004-2005) et le cycle Matério (2006-2007), constitué de Matério_* (2006), Matério_** (2006) et Matério_*** (2007), laissent place à une expressivité plus abstraite. En effet, pour l’écriture de ces compositions, Louis Dufort emprunte une approche organiciste[22], ce qui témoigne déjà d’une certaine influence de la nature. Le compositeur explique que « ce cycle marque l’amorce d’une approche organiciste abstraite, ce qui représente un changement de direction par rapport à mes œuvres précédentes, qui étaient davantage construites autour d’affects dramatiques[23] », ajoutant que « le cycle des Matério est une première tentative de soutirer des structures organisationnelles et musicales à même les propriétés émergentes et dynamiques de la matière sonore[23] ».

Œuvres récentes (2010-)

Plus récemment, on remarque que les processus compositionnels de Louis Dufort affirment une influence avouée non seulement de la nature, comme la forêt laurentienne pour Monts Valin (2022)[24], mais aussi des phénomènes d’ordre biologique, notamment à travers les « vues macroscopiques des micro-organismes et l’organisation chaotique naturelle des éléments[6] », ce qui crée une musique qui « devient très active, nerveuse, minérale, presque chimique[25] ». Le cycle Into the Forest (2021, Empreintes DIGITALes) s’inspire notamment de la vie forestière, avec « l’idée d’une grande structure, les branches comme les racines, qui organisent la vie en forêt[25] ». Cette inspiration pour la nature se retrouve aussi dans des œuvres de musique visuelle comme bjvfewo (2018)[26], ainsi que dans la série de miniatures composée de Argile (2022)[27], Billot (2024)[28], Femme Forêt (2024)[29], Fleuve Rive (2023)[30] et Planétarium (2024)[31].

Traitement

Les œuvres mixtes comme Accident (2001), Spiel (2001), Déflagration (2002), Intonarumori (2002), ou encore Manu militari (2003) sont représentatives d'une préoccupation de Louis Dufort envers le traitement en temps réel. Toutefois, ces œuvres contrastent avec d'autres plus récentes qui mobilisent une autre approche, comme Les corpuscules agglutinés (2013). Cette dernière est une pièce mixte pour 10 instruments acoustiques qui marque un tournant dans l’approche compositionnelle de Louis Dufort, puisqu’il y délaisse les traitements en temps réel afin de se concentrer uniquement sur la qualité du spectre des instruments acoustiques (la nature même du timbre), ce qu’il réalise en recourant à une fine amplification de ceux-ci[32].

Musique visuelle

Des œuvres comme Épochè (2008), relevant de la musique visuelle, se caractérisent par une conscience qui repose sur l’écoute des mouvements du son à travers l’espace et la durée, et par une volonté d’inclure le corps en entier dans l’expérience de l’auditoire[10], la démarche de Louis Dufort étant fortement marquée par ses collaborations avec le milieu de la danse. Cette conscience du mouvement ainsi que l’exploration des interactions avec des éléments technologiques se reflètent également dans les œuvres audiovisuelles mixtes comme Yutiröp (2011) et Quatre histoires néguentropiques (2011)[33],[34],[35],[36], cette dernière étant une œuvre pluridisciplinaire pour quatuor à corde, support, synthèse visuelle 3d et danse.

Influences

Louis Dufort qualifie son travail de « maximaliste[37] » et il s’inspire de l’approche systémique[38], qu’il utilise pour étudier les objets sonores dans leur complexité, profitant des possibilités offertes par les technologies numériques, lesquelles permettent d’analyser et de traiter le son dans ses plus infimes détails[6]. Ses influences sont nombreuses. Parmi elles, les écrits et la musique d’Horacio Vaggione[20], de même que les enseignements qu’il a reçus de Francis Dhomont, qu’il considère comme son maître[39], constituent des sources d’inspiration notables pour Louis Dufort.

Discographie

Cette section présente une liste des enregistrements discographiques de Louis Dufort[40].

  • Francis Dhomont – Frankenstein Symphony (1997), Asphodel/Sombient (collectif)[41]
  • Prix International Noroit-Léonce Petitot 1997 (1998), Centre Noroit (collectif)[42]
  • eXcitations : Sampler (2000), empreintes DIGITALes, IMED 0050 (collectif)[43]
  • Connexion (2000), empreintes DIGITALes, IMDE 0051[44]
  • Électricités/Electricities (2003), Centre de musique canadienne/Canadian Music Centre (collectif)[45]
  • L’Orchestre de granulation (2003), empreintes DIGITALes, NT 086 (collectif)[46]
  • Montreal Sound Matter – Montréal Matière Sonore (2006), Pogus Productions, P21041-2 (collectif)[47]
  • Matériaux composés (2008), empreintes DIGITALes, IMDE 0893[48]
  • trans_canada (2009), empreintes DIGITALes, IMDE 09100 (collectif)[49]
  • Victoriaville matière sonore (2009), Les Disques Victo, VICTO 113 (collectif)[50]
  • A Tasty Swarm of Small Signals (2010), Störung, str008 (collectif)[51]
  • Into the Forest (2021), empreintes DIGITALes, IMDE 21175[52]
  • Tour Mode (2021), SUPERPANG (collectif)[53]
  • Volume (2021), SUPERPANG[54]

Œuvres

Liens externes

Notes et références

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