Louis Lesaint

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Louis Lesaint, né le à Gorron et mort le à Nice, est un instituteur, syndicaliste, homme politique socialiste et franc-maçon français.

Biographie

Origine

Louis Lesaint naît le à Gorron, en Mayenne, dixième et dernier enfant d’un perruquier[1]. Il fréquente l’école primaire et le cours complémentaire de sa ville natale, avant d’intégrer l’École normale d’instituteurs de Laval en 1894[1].

Instituteur et syndicaliste

Après son service militaire[1], il entame sa carrière d’instituteur dans le département de la Mayenne[2].

Carrière professionnelle et engagements syndicaux

Louis Lesaint s’engage très tôt dans le syndicalisme enseignant. Influencé par l'Affaire Dreyfus, il participe activement à la vie syndicale et politique dès le début du XXe siècle. A sa fondation, en 1902, il rejoint l’Association amicale des instituteurs et institutrices de la Mayenne, dont il devient l’un des membres les plus actifs, aux côtés de Basile Augustin et Camille Lhuissier[1].

Partisan de la transformation de l’Amicale en syndicat[3], il fonde avec ses amis une section syndicale le 6 juillet 1905, malgré l’opposition de la majorité des membres. Il est un des piliers du mouvement syndical des instituteurs[4].

Il participa en 1910 au lancement du premier bulletin syndical des instituteurs du département de la Mayenne : l’Émancipation de l’instituteur[1]. Délégué de l'École émancipée, il donne une grande audience à ce mouvement. Il a de nombreux engagements en dehors de son métier. En 1910, il est élu membre du conseil syndical de la section, qui refuse de se dissoudre malgré une injonction préfectorale[1]. Avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale, il s’engagea activement, aux côtés de ses camarades comme Camille Lhuissier, dans la défense et l’expansion du mouvement syndical en Mayenne[1]. Ensemble, ils résistèrent aux pressions et aux mesures répressives exercées par le gouvernement et l’administration, en particulier en 1908, en 1910 et en 1912[1]. Cette année-là, il fut poursuivi, avec seize autres militants, pour avoir signé le Manifeste de Chambéry, qui revendiquait le droit syndical pour les fonctionnaires[1].

En 1917, il participe au congrès interdit de la Fédération nationale des syndicats d’instituteurs, qui prend position contre la Première guerre mondiale[1]. En 1919, la section syndicale devient le Syndicat des membres de l’enseignement laïque de la Mayenne, et Louis Lesaint est désigné délégué à la commission administrative de l’Union départementale Confédération générale du travail[1].

Bien que sympathisant de la Révolution russe, avec Halé et Camille Lhuissier[5], il mit en garde les instituteurs syndicalistes mayennais contre une adhésion à l’Internationale, redoutant le dévoiement du syndicalisme. Il s’oppose à l’adhésion des syndicats à l’Internationale syndicale rouge et se retrouve en minorité lors de l’assemblée générale de 1920[1]. Au cours de la campagne pour les Élections législatives françaises de 1919, il protesta violemment contre lIntervention alliée pendant la guerre civile russe, mais ne se rallia pas pour autant à la majorité du Congrès de Tours en et resta au Parti socialiste SFIO[1]. Il continue cependant à militer pour l’unité syndicale et participe à la création d’un comité antifasciste local en 1933[1].

Engagement politique et social

Proche de Roche, professeur à l'École d’agriculture de Beauchêne, il est l'un des fondateurs en 1905 de l'Union démocratique mayennaise[6].

Louis Lesaint adhère au Parti socialiste SFIO après l’unification de 1905. Il est administrateur de l’Émancipatrice lavalloise, une coopérative de consommation au service de la classe ouvrière. Il participe aussi à la fondation de la Solidarité, société d’aide au décès, et de l’ Antituberculeuse, facilitant les séjours au sanatorium de Sainte-Feyre[1]. Il est également membre de l'Université populaire de Laval, dont il devient président en 1930[1].

Franc-maçonnerie

Louis Lesaint est initié à la franc-maçonnerie en 1905 au Grand Orient de Rennes, puis rejoint la loge Volney[7]. Il en est élu vénérable en 1926[1]. Louis Lesaint est à l'origine de la fondation à Laval d'une loge mixte[8] relevant de l'Ordre maçonnique mixte international « le Droit humain ». Un triangle fonctionnera à partir du , puis est transformé en loge régulière[9] le [8]. Celle-ci prend à partir de novembre 1934 le titre distinctif de « Travail-Sérénité ».

Le 21 octobre 1934, Louis Lesaint, quittant définitivement la Mayenne est remplacé par le frère Auguste Maulavé, instituteur à Ernée[1]. Après son installation à Nice en 1934, il est élu vénérable de la loge du Grand Orient France démocratique de Nice, poste qu’il occupe jusqu’en 1950[8]. Il est ensuite élu membre du Conseil de l’Ordre du Grand Orient en septembre 1950[8].

Vie privée et fin de vie

Louis Lesaint épouse Aurélie Célerier, institutrice et syndicaliste originaire de la Corrèze, le à Laval[1]. En 1934, il quitte la Mayenne pour Nice, où sa femme a été nommée[8]. Il fait partie de la liste établie par la loi du qui ordonne la publication au Journal officiel[10] des noms et rangs des dignitaires et hauts gradés de la franc-maçonnerie[11].

Il poursuit à Nice ses engagements maçonniques et syndicaux jusqu’à sa mort, le . Une rue de Laval porte son nom[6]. Gustave Quêté, dans La Voix syndicale de la Mayenne (janvier-février 1972), décrit Louis Lesaint comme une figure marquante du syndicalisme enseignant : Je revois la barbe de prophète de Lesaint, ses yeux pétillants de malice, son sourire bienveillant et par-dessus tout son calme imperturbable.[12].

Œuvres et publications

Louis Lesaint a laissé plusieurs écrits, notamment :

  • L’Université populaire lavalloise : sa création, son passé (manuscrit d’une conférence, 1929)
  • L’histoire des loges des Alpes-Maritimes, La Franc-Maçonnerie niçoise, Le Grand Orient de France à Nice (1792-1814) (Pax, n°7 et 8, Nice, 1961).

Il collabore à La Mayenne laïque dont il fut secrétaire de rédaction de 1926, date de sa création, à 1934[1].

Notes et références

Bibliographie

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