Louis Maggiolo

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Nationalité
Activité
Louis Maggiolo
Fonction
Recteur de l'académie de Nancy-Metz
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Biographie
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Nationalité
Activité
Enfants
Adrien Maggiolo
Paul Maggiolo (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
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Distinction

Louis Maggiolo, né le à Nancy et mort le à Toul, est un enseignant et haut fonctionnaire français.

Membre de l’Académie de Stanislas, spécialiste de l’œuvre de Pétrarque et biographe de l’abbé Grégoire, il termine sa carrière comme recteur de l’académie de Nancy. Il est connu pour une enquête pionnière mesurant l’évolution de l’alphabétisation en France depuis la fin du XVIIe siècle, dont les résultats sont publiés au début de la IIIe République.

Carrière dans l’administration

Louis-Edmond-Henry Maggiolo naît le à Nancy. Il est le fils de Paule Salvi et de Jean-Baptiste, vicomte Maggiolo (1778-1846), un professeur de langues désargenté descendant d’une ancienne famille patricienne de Gênes[1]. Établi en Lorraine en 1808, son père est autorisé en 1817, par ordonnance du roi Louis XVIII, à résider en France et à y jouir de tous les droits civils[2]. Louis Maggiolo sera naturalisé français en 1845[3].

À l’âge de douze ans, il commence à donner des leçons d’italien pour subvenir aux frais qu’imposent à sa famille ses études au collège royal de Nancy[4]. Bachelier ès lettres en 1830, il devient professeur au collège de Lunéville. Il publie la même année une traduction en italien des Aventures de Télémaque de Fénelon, suivie trois ans plus tard d’une traduction en français de morceaux choisis de la Divine Comédie de Dante Alighieri[1].

Maggiolo est licencié ès lettres en 1835. Il remporte en 1838 un concours organisé par l’Académie de Stanislas ; son éloge de Dom Calmet lui vaut une admission comme associé au sein de cette société savante[4]. En 1844, il soutient une thèse de doctorat ès lettres sur la philosophie morale de Pétrarque.

Nommé en 1846 principal du collège de Pont-à-Mousson, qu’il développe pour accueillir jusqu’à une centaine d’internes, il devient en 1854 inspecteur d’académie, d’abord à Châteauroux, puis à Bar-le-Duc (1856) et à Nancy (1861)[5]. Il est reçu en 1866 comme membre titulaire de l’Académie de Stanislas. En 1867, donnant une série de conférences à Paris en présence d’instituteurs réunis dans la capitale à l’occasion de l’Exposition universelle, il présente ses vues pédagogiques et notamment ses idées sur les cours pour adultes[4].

Par décret du , rendu sur la proposition du ministre Victor Duruy, Louis Maggiolo est nommé recteur de l’académie de Nancy par Napoléon III[6],[7]. Pendant la guerre de 1870 et l’occupation allemande, il vient en aide à de nombreux instituteurs alsaciens et lorrains pour leur permettre de rester fonctionnaires français. Son bonapartisme fidèle le conduit à une mise en retraite anticipée le [8],[1].

L’enquête Maggiolo

À partir des années 1850, Louis Maggiolo s’intéresse à l’évolution historique du degré d’instruction[9]. À sa demande, il est chargé en 1877 d’une mission spéciale par le ministre Joseph Brunet[10]. Pendant deux ans, près de 16 000 instituteurs dans 78 départements relèvent les signatures des époux sur les actes de mariages, pour quatre périodes quinquennales : 1686-1690[11], 1786-1790, 1816-1820 et 1872-1876. Les tableaux statistiques récoltés, publiés en 1880, permettent d’esquisser l’évolution et les variations régionales du taux d’alphabétisation.

Résultats

En moyenne, sur l’ensemble du territoire, 21% des conjoints apparaissent en mesure d’écrire leur nom en 1686-1690 (29% des hommes et 14% des femmes) ; 37% en 1786-1790 (47% des hommes et 27% des femmes) ; 44% en 1816-1820 (54% des hommes et 34% des femmes) ; et 72% en 1872-1876 (78% des hommes et 66% des femmes)[12],[13].

Les données recueillies révèlent une « charnière » géographique déjà mise au jour par le baron Dupin dans les années 1820, une ligne reliant le Mont Saint-Michel à Genève et divisant la France en deux - les départements au nord de cette limite étant en moyenne, à chaque époque étudiée, plus instruits et avancés que ceux situés au sud[14]. Ainsi, à la veille de la Révolution, deux tiers des départements situés au nord de cette ligne comptent plus de 50% de conjoints alphabétisés, tandis qu’au sud, moins d’un dixième des départements atteint les 40%[12].

Les variations entre les périodes 1786-1790 et 1816-1820 sont proportionnellement moins perceptibles que celles observées durant le siècle précédant la Révolution. Maggiolo réhabilite ainsi l’œuvre scolaire de l’Église sous l’Ancien régime, tout en dépréciant l’action révolutionnaire, ce qui déplaira aux nouvelles autorités républicaines[5].

Limites méthodologiques

Cette enquête, la première de ce genre et à cette échelle, présente plusieurs défauts méthodologiques (sans pour autant affecter significativement la fiabilité des résultats obtenus). D’abord, les échantillons sont de tailles inégales entre les départements (en fonction du zèle avec lequel ses directives ont été exécutées). De plus, comme l’indique lui-même Maggiolo, les villes sont sous-représentées, ce qui implique de réviser légèrement à la hausse les pourcentages obtenus dans les départements à forte population urbaine[12]. Enfin, il est loisible de contester le choix de la signature comme critère attestant d’une maîtrise de la lecture et de l’écriture[15],[16].

Dernières années

Louis Maggiolo est l’auteur d’une biographie de l’abbé Grégoire[17] en trois parties (1873, 1883 et 1884), publiée dans les Mémoires de l’Académie de Stanislas. Il s’intéresse aussi à la vie de François de Neufchâteau.

Chaque année, à la réunion des sociétés savantes à la Sorbonne, il présente de nouvelles recherches sur l’enseignement pré-révolutionnaire dans différents départements[18]. Il s’insurge dans Le Moniteur universel contre les lois Jules Ferry[19]. Maggiolo est un contributeur du Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire (publié en 1887 sous la direction de Ferdinand Buisson). Les entrées qu’il rédige glorifient le clergé de l’Ancien régime.

Au moment du centenaire de la Révolution, il publie un article intitulé « Les écoles avant et après 1789 dans la Meurthe, la Meuse, la Moselle et les Vosges », qui témoigne une fois de plus de son hostilité envers l’œuvre scolaire des révolutionnaires[5].

Il s’éteint le à Toul, à l’âge de 83 ans. Son corps est inhumé au cimetière du Sud après des obsèques en l’Église Saint-Pierre de Nancy.

Il avait épousé le , à Bourbonne-les-Bains, Clémence Leveling[1] (1823-1871), fille d’un capitaine d’infanterie de la Grande Armée originaire de Coblence. Il était père de trois enfants :

Décorations

Publications

Notes et références

Liens externes

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