Louis Saudinos

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Décès
(à 89 ans)
Gaillac
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Louis Saudinos
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Décès
(à 89 ans)
Gaillac
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Louis Saudinos, né le à Mayrègne et mort le à Gaillac[1], consacre ses années de retraite à transmettre la langue et de la culture rurale du Pays de Luchon et plus particulièrement de Mayrègne. Il collecte les faits linguistiques du patois local[2], créée la section des Arts et traditions populaires du Musée du Pays de Luchon, publie de nombreux articles et études sous les presses de Jean Sarthe, dans les colonnes de L'Echo Pyrénéen puis du journal Le Petit Commingeois.

Membre fondateur de la section socialiste[3] de Champagnac-le-Mines et de Mayrègne, président fondateur de la section Mauriacoise de la Ligue des fonctionnaires pères de famille nombreuse[4], commis principal des commissions indirectes à Saignes, puis à Mauriac en 1910, en 1911[5], à Vergèze. En 1912, il est nommé chef de poste des contributions indirectes à Puisserguier[6], il publie plusieurs articles[7] dans « Le Réveil du Cantal », sous son nom et sous les pseudonymes de Jean des Gaules, ou encore Jean Després.

Conseiller municipal[8] de Bagnères-de-Luchon, Membre de l’Académie Julien Sacaze à compter du [9], il en est élu vice-président pour les années 1955 et 1956 puis, le [10], Président pour les années 1957 et 1958.

Sur recommandation du chroniqueur et auteur Henry Spont, il est chargé par la Commission Nationale de Toponymie et par le CNRS de dresser le répertoire des noms de lieux-dits[11] du canton de Bagnères-de-Luchon. Ce travail, achevé en 1954, ne sera édité par l'Université de Toulouse[12] qu'en 1976.

En 1957, il est président d'honneur[13] du comité de patronage qui veille au bon emploi des fonds collectés en vue de la sauvegarde de l’Eglise romane de Benqué-Dessus.

Par legs testamentaire, Louis Saudinos fait don de nombreuses pièces au Musée du Pays de Luchon[14].

Saudinos constate que l'arrivée de l'autobus dans la Vallée d'Oueil, est à l'origine de profondes mutations sociologiques et de l'abandon de nombreuses traditions[15]. Paradoxalement, parce qu'il n'est pas véhiculé, c'est au moyen de ce même autobus qu'il parcourt pendant des années le Pays de Luchon afin de collecter les mots et les choses de la vie quotidienne des paysans d'autrefois[16].

Tandis que Théobald Lalanne déroulait son questionnaire linguistique dans les Landes de Gascogne, de village en village – de point d’enquête en point d’enquête – au volant de sa Simca, distribuant cigares et alcool fort pour délier les langues, Louis Saudinos parcourait en autobus le Pays de Luchon, offrant sucreries, cigarettes ou verres de blanc contre les vieux objets devenus inutiles ou hors d’usage, qu’il collectionnait[14] et dont il fit notamment don au Musée.

Reconnaissance anthume et posthume

« Saudinos, que s’ei tournat hol »[14], disait-on de lui, parce qu’il vidait les greniers pour augmenter la collection du musée de Luchon : une formule qui n’est pas sans rappeler celle que reçut en son temps, Félix Arnaudin qualifié de "Pèc" à l’autre extrémité de la même Gascogne, lorsqu’il rémunérait le temps que ses informateurs Landais prenaient sur les heures de labeur domestique ou agropastoral pour répondre à ses sollicitations.

Saudinos a publié plusieurs dizaines d'articles dans la presse locale et enquêté sur les lieux-dits du canton de Luchon sous la direction d'Albert Dauzat[17]. Ce travail de plus de dix ans dont il dépose le manuscrit à l'Institut d'Études Méridionales de Toulouse, est publié en 1976 par Jean-Louis Fossat et Dennis Philps, linguistes de l'Université de Toulouse-le-Mirail[18].

Mestre d’Obro du Félibrige de l'Escolo deras Pireneos, il fut lauréat du prix du Baron de Lassus[2] en 1946 pour ses études sur les mœurs et les coutumes traditionnelles et populaires dans les hautes vallées d’Oueil et du Larboust[19].

Fritz Krüger, dialectologue allemand de l'école des mots et des choses, mentionne[20],[21] le travail de Saudinos, qu'il qualifie « d’infatigable mécène du Musée de Luchon[21] », de « bon ami, grand folkloriste et digne représentant des traditions de son pays »[22].

Carmen Ennesch[23] consacre deux articles au travail de Saudinos : l'un traite de son essai de glossaire, l'autre de sa monographie de Mayrègne.

Jean Séguy, dans un article publié en 1956 par la Revue de Comminges[24], rend hommage aux qualités de la collecte d’éléments linguistiques réalisée par Saudinos et souligne leur nécessité pour l’ethnolinguistique qui bien souvent, n'est que de passage sur son terrain d'enquêtes.

Saudinos fait partie des informateurs d'Albert Dauzat pour le Nouvel Atlas linguistique de la France, de Margalide Le Bondidier qui le cite notamment dans son ouvrage sur les cires de deuil et de Hélène Trémaud[25],[26], chercheuse rattachée au Musée national des arts et traditions populaires qui a étudié le jeu de quilles de 9[27].

Éléments de Bibliographie

Références

Liens externes

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