Louis de Bourbon-Condé (1709-1771)
militaire français
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Louis de Bourbon-Condé, comte de Clermont[1], abbé de Saint-Germain-des-Prés (1737) et du Bec, né à Versailles le [2] et mort à Paris le [2], est un prince du sang français, ecclésiastique et militaire du XVIIIe siècle. Il est grand-maître de la première Grande Loge de France de 1743 (à sa mort en 1771) et membre de l'Académie française en 1753.
Titre
Fauteuil 34 de l'Académie française
–
(17 ans, 9 mois et 6 jours)
| Prédécesseur | Claude Gros de Boze |
|---|---|
| Successeur | Pierre Laurent Buirette de Belloy |
| Grade militaire | Lieutenant général |
|---|---|
| Gouvernement militaire | Gouvernement de Champagne |
| Conflit | Guerre de Sept Ans |
| Titulature |
Prince du sang Comte de Clermont |
|---|---|
| Dynastie | Maison de Condé |
| Distinctions |
Pair de France Chevalier des ordres du Roi |
| Autres fonctions |
Abbé commendataire de Saint-Germain-des-Prés, de Marmoutier de Tours, du Bec, de Buzay, de Saint-Claude, de Cercamp, de Chaalis, etc. Grand-maître de la Grande Loge de France |
| Nom de naissance | Louis-Henry de Bourbon-Condé |
| Naissance |
Château de Versailles (France) |
| Décès |
(à 62 ans) Paris (France) |
| Sépulture | Église Saint-Nicolas d'Enghien |
| Père | Louis III de Bourbon-Condé |
| Mère | Louise-Françoise de Bourbon |
| Fratrie |
Marie-Gabrielle-Éléonore de Bourbon-Condé Louis IV Henri de Bourbon-Condé, prince de Condé Louise-Élisabeth de Bourbon-Condé Louise-Anne de Bourbon-Condé Marie-Anne de Bourbon-Condé Charles de Bourbon-Condé, comte de Charolais Henriette-Louise de Bourbon-Condé Élisabeth-Alexandrine de Bourbon-Condé |
| Conjoint | Élisabeth Claire Leduc |
| Liaison | Marie-Anne de Camargo |
| Enfants | deux enfants |
| Religion | Catholicisme |
Signature
Biographie
Origines et jeunesse
Louis de Bourbon-Condé est le fils cadet de Louis III de Bourbon-Condé (1668-1710), prince de Condé, et de son épouse Louise-Françoise de Bourbon (1673-1743).
Carrière ecclésiastique
Il est nommé abbé commendataire du Bec (1717[2]) à l'âge de 8 ans, de Saint-Claude () puis de Marmoutiers en 1721[2].
Il reçut du roi l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés ([2]) ; il obtint ses bulles le suivant et en prit possession le par dom René Laneau, supérieur général de la congrégation de Saint-Maur.
En 1737-1741, il fit restaurer les biens de la manse abbatiale de Saint-Germain-des-Prés par son architecte Jacques Hardouin-Mansart de Sagonne. Le palais abbatial et le château de Berny, résidence d'été des abbés, furent remis au goût du jour dans le style rocaille.

Carrière militaire
Bien qu'entré dans les ordres, il obtient du pape Clément XII, en 1733[3], l'autorisation de porter les armes. Lieutenant général en 1735, il participe aux campagnes des Pays-Bas.
Chargé du commandement de l'armée de Bohême, il est vaincu[3] à la bataille de Krefeld (1758). Il commande l'armée du Rhin en 1758.
Après les déboires rencontrés par la France face à Frédéric II de Prusse lors de la guerre de Sept Ans, il élabore des plans de remise en ordre de l'armée.
Il est aussi nommé gouverneur de la Champagne le en remplacement de Charles de Rohan-Soubise, et porta ce titre jusqu'en 1769, lorsqu'il céda sa charge à son neveu Louis VI Henri de Bourbon-Condé[4].
Vie civile
Il est nommé chevalier de l'ordre du Saint-Esprit lors de la promotion du [2].
En 1729, il fonda l’Académie du Petit-Luxembourg, dans l'hôtel du Petit Luxembourg à Paris, où se réunissaient des savants et des artistes comme les architectes Jean Aubert, Germain Boffrand, Jean-Michel Chevotet ou Pierre de Vigny.
En 1733, il devint l'amant de Marie-Anne de Camargo, danseuse de l'Opéra, dont il fit une véritable esclave. Lassée, celle-ci, dit-on, pousse sa condisciple Mlle Élisabeth Claire Leduc[3] dans les bras du prince. Il devient l'amant de cette dernière en 1741.
En 1743, il succède au duc d'Antin à la tête de la franc-maçonnerie française, comme « Grand Maître de toutes les loges régulières de France ». Il garde cette charge pendant près de trente ans[5]. Il fonde le chapitre de Clermont, une loge de hauts grades maçonniques, qui usent de plusieurs hauts grades de l'écossisme et introduit la légende des templiers dans son échelle de grade (Clermont-Rosasches System)[6].

Très cultivé, protégeant les savants et les artistes, il devient membre de l'Académie française en 1753.
« Le personnage est curieux à connaître : prince du sang, abbé, militaire, libertin, amateur de lettres ou du moins académicien, de l'opposition au Parlement, dévot dans ses dernières années, il est un des spécimens les plus frappants, les plus amusants à certains jours, les plus choquants aussi (bien que sans rien d'odieux) des abus et des disparates poussés au scandale sous le régime de bon plaisir et de privilège. »
Il vivait avec Mlle Élisabeth Claire Leduc au château de Berny[3] à Fresnes, résidence de campagne des abbés de Saint-Germain-des-Prés, et contracte avec elle un mariage secret en 1765[7]. Il en eut deux enfants, l'abbé Leduc (1766-1800), qui porta le titre d'abbé de Vendôme[3], et une fille (née en 1768[3]).
Il lui acheta la seigneurie de Tourvoie à Fresnes à proximité du domaine de Berny. Le château de Tourvoie et le château de Berny étaient reliés par une galerie souterraine.
Mlle Leduc était aussi volage que son amant, mais celui-ci était d'une jalousie féroce. Un jour, plus emporté qu'à l'ordinaire il lui griffa le front avec un canif. Honteux et repentant, il demanda au roi de la faire marquise (de Tourvoie) pour se faire pardonner[8].
Il fut aussi l'ami de Madame de Pompadour, dont il portait la cocarde en montant au feu.
En 1769, il est reçu officiellement dans la Compagnie royale des Pénitents bleus de Toulouse et appose le dernier paraphe sur le manuscrit enluminé appelé Livre des Rois, soit le Livre des Statutz de la Compagnie de St Hierosme avec la Confirmation d'iceux donnés par les Saincts Peres contenant ensemble les noms des Confraires d'icelle, esrigée en l'annee 1575.
Mort
Il meurt à Paris le [2], à cinq heures du soir, et est inhumé, selon ses désirs, à Enghien[2] le suivant, son cœur étant déposé à l'église Saint-Paul-Saint-Louis à Paris.
Titulature et décorations
Titulature
- - : Son Altesse Sérénissime Monseigneur[3] Louis de Bourbon, comte de Clermont, prince du sang.
Décorations françaises
| Chevalier des ordres du Roi () |
