Louis de Cazenave
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| Louis de Cazenave | ||
| Naissance | Saint-Georges-d'Aurac, France |
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| Décès | (à 110 ans) Brioude, France |
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| Origine | ||
| Grade | Soldat | |
| Années de service | 1916 – 1918 | |
| Conflits | Première Guerre mondiale | |
| Faits d'armes | Bataille du Chemin des Dames | |
| Distinctions | Chevalier de la Légion d'honneur Croix de guerre 1914-1918 Médaille interalliée 1914-1918 |
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| Famille | Marie de Cazenave (femme) Louis de Cazenave (fils) |
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Louis Henri Félix de Cazenave, né le à Saint-Georges-d'Aurac (Haute-Loire) et mort le à Brioude[1],[2], est du à sa mort le plus ancien et l'un des deux derniers poilus français encore vivants.
Avec le décès d'Aimé Avignon le , il devient également le doyen des hommes français. Par ailleurs, Louis de Cazenave est aussi le onzième homme le plus âgé du monde et le quatrième en Europe. Il est également le huitième homme français à franchir le cap des 110 ans.
Louis de Cazenave appartient à la famille de Cazenave de Libersac, maintenue noble en 1669 par arrêt du Conseil d’Etat et confirmée noble en 1697. Ses ancêtres votent à Libourne en 1789 dans les rangs de la noblesse.
En 1916, il quitte à 19 ans son village natal où sa mère est receveuse des postes. Le jeune soldat est affecté au 22e régiment d'infanterie coloniale, puis au 5e bataillon de tirailleurs sénégalais[3], période qu'il décrit par : « Forcément on ne nous mettait pas dans les endroits les plus calmes. »
En , il est envoyé au chemin des Dames. Il y participe à la terrible offensive lancée par le général Nivelle, qui remplace le maréchal Joffre à la tête de l'État-major français depuis décembre 1916. Les moyens militaires français se montrent rapidement insuffisants face à une armée allemande bien préparée et embusquée dans les côtes de la vallée de l'Aisne.
Louis de Cazenave témoigne : « Je me rappelle du village de Jouy, on disait : Le général Mangin a joui à Jouy avant le Chemin des Dames[4]. »
« C'était un mauvais coin ça bagarrait tout le temps. J'ai vu des centaines de tués, moi je n'ai rien eu du tout[3]. »
« Il faut avoir entendu les blessés entre les lignes. Ils appelaient leur mère, suppliaient qu'on les achève. C'était une chose horrible. Les Allemands on les retrouvait quand on allait chercher de l'eau au puits. On discutait. Ils étaient comme nous, ils en avaient assez[5]. »
Il a le souvenir de veiller dans les tranchées nuit et jour et il n'a pas oublié la chanson de Craonne. Durant l'année 1917, il raconte : « Nous avions fraternisé mais quand c'est arrivé aux oreilles de l'État-major, il a ordonné une attaque[6]. »
Puis il est muté dans l'artillerie en : « Là ce n'était pas comparable[5]. » Titulaire d'une citation, il est décoré de la Croix de guerre en 1918. Le canonnier de Cazenave est démobilisé en . Il reçoit la carte du Combattant en 1930[7].
Après la guerre
À la fin de la guerre, il revient dans la Haute-Loire et entre aux chemins de fer en 1919. Il épouse en 1920 Marie, receveuse des postes, qui met au monde trois fils auxquels il ne parlera jamais de ce qu'il a vécu dans les tranchées. Il s'installe en 1927 à Brioude avec sa famille. Pacifiste convaincu, Louis de Cazenave participe aux grèves de 1936 et s'abonne à La Patrie humaine, un journal libertaire. Fin 1941, il est arrêté par la police de Vichy et emprisonné quelques semaines[8]. Selon son fils, « Il n'était pas d'accord avec le régime de Pétain » et fut mis en retraite d'office. Il est donc retraité de à .