Lucien Laby, né en 1892 et mort en 1982, est un médecin et dessinateur français, qui a laissé de nombreux carnets rédigés ou dessinés de son expérience du front pendant la Grande Guerre, ensemble publié par l'historien Stéphane Audoin-Rouzeau[1].
Fils d’un pharmacien ayant officié à Reims, Lucien Laby réside près d’Amiens dans la Somme lorsque la guerre éclate. Effectuant ses études à l’École de santé militaire de Lyon, il est mobilisé au titre de médecin auxiliaire dans la 56e division d’infanterie de réserve, avec le groupe des brancardiers divisionnaires. Le jeune aspirant, comme des millions d’autres soldats, accompagne les pires batailles de la Grande Guerre. À partir d’, le voilà médecin de bataillon, chargé des premiers soins et des évacuations depuis les postes de secours à l’arrière des premières lignes. On le retrouve au cœur de l’offensive de Champagne, dans la bataille de Verdun, dans la Somme, sur le Chemin des Dames (Aisne) en 1917, année qui le voit s’éloigner du front puisqu’il est affecté à une ambulance chirurgicale automobile, activité «embusquée» - selon Laby - par excellence[2].
Pendant ces quatre années de conflit, il rédige ses «Feuilles de route» et dessine abondamment, ensemble qui sera publié pour la première fois en 2001 par l'historien Stéphane Audouin-Rouzeau sous le titre Les Carnets de l'aspirant Laby, chez Bayard[3]. Dans ses "Feuilles de route", rédigées au quotidien, Laby décrit avec minutie l'horreur de la guerre, les blessure, la mort omniprésente, la violence des combats, les souffrances, les conditions difficiles dans les tranchées, etc. Ses dessins réalisés sur le vif visaient à rendre compte du quotidien des soldats, mais dans une veine édulcorée. D'autres réalisations, conçues à l'arrière-front, l'étaient dans la perspective d'une publication dans la presse satirique de l'arrière, Laby ayant été publié dès avant le conflit par une revue médicale. Entre 1915 et 1918, on retrouve ses dessins dans Le Rire rouge, La Baïonnette, et d'autres journaux satiriques publiés à l'époque en France[4].
Les descendants de Lucien Laby ont, ces dernières années, versé aux Archives départementales de l'Aisne des carnets, peintures, sculptures, photographies et documents ayant appartenu à Lucien Laby[5].