Lucy Prenant (née Soto), née le à Paris et morte le dans la même ville, est une philosophe et enseignante française. Elle est directrice de l'École normale supérieure de jeunes filles de 1944 à 1956.
Lucy Soto naît à Paris en 1891, dans une famille aux origines séfarades[1]. Elle fait ses études à la Sorbonne, où elle obtient en 1910 une licence de philosophie et, en 1912, un diplôme d’études supérieures, avec un mémoire intitulé «Rapport des théories biologiques de M. René Quinton avec la théorie de l’évolution» et une licence ès sciences[1]. Elle est infirmière durant la Première Guerre mondiale, rattachée à une ambulance parisienne puis dans des hôpitaux, dans les Vosges et à la Salpêtrière. Elle enseigne d' à dans un collège de garçons d'Étampes, dans des classes de première et de terminale. Elle épouse en Marcel Prenant, dont elle a fait connaissance pendant ses études, le couple a deux enfants, la philosophe et résistante Jeannette Colombel née en 1919[2] et le géographe André Prenant né en 1926[1].
Elle est reçue deuxième à l'agrégation de philosophie en 1920[3]. Elle enseigne dans plusieurs établissements, puis est nommée professeure de khâgne au lycée Fénelon à Paris en [1]. En , elle enseigne en hypokhâgne et khâgne au lycée de jeunes filles de Bordeaux où son poste a été transféré, tandis que son mari est mobilisé dans l'Aisne. Elle retrouve son poste au lycée Fénelon en , cependant, elle est mise à la retraite le après la publication du statut des juifs[1].
À la Libération, elle est «chargée des fonctions de directrice de l’ENS de Sèvres» par un arrêté du , confirmé le [1]. Elle est une candidate idéale pour cette fonction, à la fois sur le plan scientifique, mais également sur le plan politique[4]. Elle gère l'installation de l'école dans des bâtiments pérennes[5], notamment au 48 boulevard Jourdan à Paris à partir d'. Elle est mise à la retraite en 1956, année de ses 65 ans, malgré sa demande de prolonger son mandat au-delà, en raison de son éviction par le gouvernement de Vichy, mais cela lui est refusé car elle n'a pas eu trois enfants[1]. Par ailleurs, elle n'a jamais été nommée directrice en tant que telle, et ne peut prétendre qu'à une retraite de professeure. Une partie de ses ennuis administratifs peut être imputée à ses sympathies communistes, bien qu'elle n'ait jamais été membre au Parti communiste[1].
↑Frédérique Mattonti, «Quelques fragments de Lucy Prenant» dans L’archicube, no21, , p.34-40[lire en ligne] [PDF].
↑Marie-Christine Cavigneaux, «L’École normale supérieure de jeunes filles 1940-1986», Bulletin de la Société des amis de l’École normale supérieure, no201, juin-juillet 1996, p.28-52.
↑«Nouvelles», Femmes diplômées, no105, , p.52 (lire en ligne, consulté le ).