Aux langues anatoliennes parlées dans cette région, se sont ajoutés ensuite le phrygien (langue thraco-illyrienne), puis le galate (langue celtique).
Annexée à la Perse en 546 av. J.-C., elle devient une satrapie jusqu'aux conquêtes d'Alexandre le Grand, puis fait partie du royaume des Séleucides, et enfin de celui de Pergame à partir de 260, comme en témoignent Strabon[1] et Tite Live.
La région, intégrée à l'Empire romain, est rattachée à la province de Cilicie quand Cicéron en devient proconsul en 50 av. J.-C. : il y fait rassembler cinq cohortes romaines et des troupes alliées pour faire face à la guerre contre les Parthes[2],[3]. Pline distingue entre une partie de la Lycaonie rattachée à la province d'Asie, avec les villes de Philomélion et Tymbrias, une « tétrarchie » autonome comprenant Iconium et 13 autres cités à la frontière de la Galatie, et la « Lycaonie proprement dite » avec les villes de Thébase et Hyde[4],[5].
Au Ier siècle, les apôtres Paul de Tarse et Barnabé vont prêcher le christianisme en Lycaonie, dans les villes de Lystre et Derbé.
Au IVe siècle, la Lycaonie est une province romaine du diocèse d'Asie. Elle est ensuite intégrée au thème byzantin des Anatoliques.
En 1071, la Lycaonie est conquise par le Sultanat seldjoukide de Roum puis, à l'époque des beylicats, échoit au sultanat des Karamanides, puis, après 1390, à celui des Ottomans. La Lycaonie, appelée karakurt-ili en turc (« pays des loups noirs ») fut l'une des premières régions d'installation des Turcs en Anatolie, et la population autochtone, grecque et orthodoxe durant le premier millénaire de notre ère, mais clairsemée après les guerres turco-byzantines et le passage des croisades, devient elle aussi turque et musulmane pour ne plus payer le haraç et pour ne plus subir le devchirmé.
C'est aujourd'hui une région agricole et industrielle partagée entre les provinces turques de Konya et de Karaman. Les loups, en revanche, y ont disparu, chassés par les bergers.