Légion (poème)
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Hommages (d) |
Légion est un poème écrit en 1950[1] par Paul Éluard[2], dans son recueil Hommages[3],[4],[5],[6], qui rend hommage « vingt-trois résistants des Francs-tireurs et partisans - Main-d'œuvre immigrée (FTP-MOI), étrangers torturés et fusillés à Paris par les Allemands »[7],[8], placés sous le commandement de Joseph Epstein et appelés Groupe Manouchian-Boczov-Rayman, « presque tous »[9] ou une « immense majorité »[10], étant juifs, dans la mémoire des survivants[9], ce qui aussi « était au cœur de la propagande nazie »[10].
Ce poème, que Éluard avait d'abord publié dans le journal Les Lettres françaises[11], souligne la convergence des résistants français et étrangers[12] et la nécessité de vengeance[13] et accompagne la publication par un autre auteur d'un livre illustré de 200 pages sur le même sujet, Pages de gloire des 23. Il ne parle pas de Manouchian lui-même[11], précédant, de cinq ans le poème d'Aragon sur le même sujet[9], dans lequel « il n'est pas question d'évoquer l'identité juive de sept des dix de l'Affiche » même si ses accusation antisémites sur complot dit « des Blouses blanches » se sont éteintes car « Staline vient de mourir ».
L'article d'une vingtaine de lignes sur une colonne paru dans la revue Les Lettres françaises, édition clandestine de , ne cite aucun nom mais observe que l'une des personnes sur l'affiche rouge est accusée d'avoir tué 150 personnes[14].
Le poète est alors un ami proche de la jeune Madeleine Riffaud, autre figure de la Résistance, et voit dans Missak Manouchian et souligne en particulier que « ces étrangers savaient quelle était leur patrie, leurs portraits sur les murs sont vivants pour toujours, un soleil de mémoire éclaire leur beauté »[15]. Le dernier vers déclare « lorsqu'on ne tuera plus, ils seront bien vengés. Et ce sera justice. »[16],[17].
Ce poème a été réédité dans Œuvres complètes, dans la Pléiade, en 1968.
Dès 2014, il sera question de faire entrer au Panthéon les 23[10]. Le , Missak et Mélinée Manouchian sont panthéonisés, une inscription dans la crypte du Panthéon rappelle les noms et le sacrifice des membres du groupe[18]