Léo Frankel

personnalité politique hongroise From Wikipedia, the free encyclopedia

Léo Frankel  orthographié en hongrois Leó Frankel, ou en hongrois, où le nom précède le prénom, Frankel Leó , né le à Óbuda (plus précisément à Újlak), aujourd'hui Budapest, et mort le à Paris 10e[1], est un militant syndicaliste et socialiste libertaire d'origine hongroise.

Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 52 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Cimetière du Père-Lachaise, cimetière national de Fiumei út (depuis ), tombe / cénotaphe de Léo Frankel (d) (jusqu'en )Voir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Faits en bref Dirigeant de parti politique General Workers Party of Hungary (en), 1880-1882 ...
Léo Frankel
Fonctions
Dirigeant de parti politique
General Workers Party of Hungary (en)
-
Membre du conseil de la Commune
à partir du
Biographie
Naissance
Décès
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ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Cimetière du Père-Lachaise, cimetière national de Fiumei út (depuis ), tombe / cénotaphe de Léo Frankel (d) (jusqu'en )Voir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
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Il prend part active à la Commune de Paris de 1871, œuvrant à la politisation et à la syndicalisation des citoyens parisiens. De nationalité hongroise, il devient le premier et unique membre élu du conseil de la Commune à ne pas avoir la nationalité française. Il y fait voter les premières lois de régulation sociale du travail, notamment celle encadrant le travail de nuit dans les boulangeries de Paris. Le , il est élu par les citoyens du 13e arrondissement en qualité de résident permanent du 11e arrondissement.

Par son action, Frankel a œuvré à micropolitiser les citoyens parisiens et à consacrer la notion de citoyenneté urbaine. Il a depuis donné son nom à la rue Léo-Frankel, située dans le sud-est du 13e arrondissement.

Biographie

Un militant de l'Internationale

Frankel naît à Budapest, en Hongrie, au sein d'une famille de la petite bourgeoisie juive ashkénaze. Il est le fils du médecin juif ashkénaze hongrois Albert Frankel et de Regina Deutsch, d'origine juive ashkénaze autrichienne. Après des études relativement courtes, Leó Frankel devient ouvrier d'art en orfèvrerie, métier exercé par son grand-père maternel à Vienne. Il séjourne en Allemagne puis au Royaume-Uni, avant de s'installer à Paris en 1867 comme ouvrier-bijoutier, orfèvre et lapidaire, où il représente la section allemande de l'Association internationale des travailleurs (AIT). Il est également correspondant régulier de la Volksstimme de Vienne.

Arrêté fin , il est condamné en juillet à deux mois de prison, pour complot et appartenance à une société secrète (troisième procès de l'Internationale socialiste). Il est libéré à la suite de la proclamation de la République française du 4 septembre 1870 qui renverse le Second Empire. Il devient membre de la Garde nationale, membre du Comité central républicain des Vingt arrondissements et reconstitue, avec Eugène Varlin, le Comité fédéral de l'Internationale pour Paris.

Un dirigeant de la Commune de Paris

Le , il échoue dans sa candidature de député socialiste aux élections à l'Assemblée nationale. Mais le , le 13e arrondissement de Paris l'élit au Conseil de la Commune[2]. Il devient membre de la Commission du travail et de l'échange, puis de la Commission des finances. Le , il est nommé délégué au travail, à l'industrie et à l'échange. Il fait décréter de premières mesures sociales, dont l'interdiction du travail de nuit dans les boulangeries de Paris. Le , il vote initialement pour la création du Comité de Salut public, mais se range vite dans la minorité du Conseil de la Commune, craignant l'instauration d'un régime répressif ou de terreur trop vertical et autoritaire, et protestant rapidement contre ce qu'il nomme la « dictature du Comité de Salut public ».

Durant la Semaine sanglante, il est grièvement blessé sur une barricade de la rue du Faubourg-Saint-Antoine, à l'angle de la rue de Charonne, dans le 11ᵉ arrondissement. Il est soigné par Élisabeth Dmitrieff, fondatrice de l'Union des femmes pour la défense de Paris et les soins aux blessés, et réussit à échapper aux soldats versaillais. Il s'exile alors à Genève, puis à Londres. Le , le sixième Conseil de guerre le condamne à mort par contumace.

Exil

D'abord réfugié politique en Suisse, à Bâle, il rejoint ensuite Karl Marx en Angleterre, avec qui il entretient une amitié étroite et une correspondance épistolaire régulière. Il avait plusieurs fois eu l'occasion de l'inviter au cours de la Commune de Paris. Au sein de l'AIT, également réfugiée à Londres, il vote en 1872 en faveur de l'exclusion de Bakounine. En 1875, il passe en Allemagne d'où il est expulsé, puis en Autriche où il est arrêté et incarcéré en octobre. Libéré de prison en 1876, il se rend en Hongrie où il organise le Parti ouvrier, qui constitue l'ancêtre du Parti socialiste hongrois, qui naîtra en 1880. En , il y est condamné à dix-huit mois de prison par les autorités, inquiètes de ces développements politiques. Libéré en , il devient typographe et correcteur d'imprimerie, collaborant à la revue socialiste libertaire germanophone Die Gleichheit, fondée par la militante Clara Zetkin. À la fin de cette époque, il continue également de se rendre épisodiquement à Londres et au Royaume-Uni.

Retour en France et décès

En , il revient en France, neuf ans après l'amnistie des communards, et participe au congrès fondateur de la Deuxième internationale. Il collabore au Vorwärts, journal des socialistes allemands dont l'existence a inspiré la création du Forverts yiddish, et à La Bataille de Prosper-Olivier Lissagaray.

Il meurt de la tuberculose en 1896 à l'hôpital Lariboisière, et est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (96e division) sous le drapeau rouge de la Commune[3], selon ses dernières volontés. À sa demande, un monument est érigé par souscription internationale et solidaire des socialistes d'Allemagne, Autriche, Hongrie, France, Belgique et Suisse[4].

En 1968, sa dépouille est transférée de Paris au cimetière national de Fiumei út à Budapest[5]. Sa tombe parisienne, devenue depuis lors un cénotaphe, est toujours visible au cimetière du Père Lachaise, dans sa 96ᵉ division[6].

Hommages

Notes et références

Voir aussi

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