Léon Gignoux
From Wikipedia, the free encyclopedia
| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Sépulture | |
| Nom de naissance |
Jean Marie Léon Gignoux |
| Nationalité | |
| Activité | |
| Fratrie |
| Grade militaire | |
|---|---|
| Conflit | |
| Distinction |
Léon Gignoux, né le dans le 2e arrondissement de Lyon et mort pour la France à Harbonnières dans le département de la Somme le , est un écrivain français du XXe siècle. Son nom est inscrit au Panthéon parmi les 560 écrivains morts au combat pendant la Première Guerre mondiale.
Jean Marie Léon Gignoux, né le [1] au No 2 de la rue Vaubecour à Lyon, est le fils de Marie Pierre Georges Gignoux (1843-1915), avocat et de Marie Berthe Regad (1855-1918)[2].
Il est le dernier enfant d'une fratrie[1], dont Régis Gignoux, journaliste au Figaro en 1914[3]. Celui-ci le décrit comme un enfant qui se « trouve seul dans sa famille, car les aînés se sont hâtés de fuir […] Trop timide, trop sensible. Le cerveau est imprégné de Baudelaire, de Laforgue, de Verlaine. Le cœur est vierge et se déplie peu à peu. Grandes impressions sur lui de Francis Carco. Charmante imprévoyance des lois matérielles : seul souci de regarder, d'entendre, de sentir »[1].
Il fait son service militaire au 11e bataillon de chasseurs à pied à partir d' et le termine avec le grade de caporal en [4]. C'est là qu'il fait la connaissance de Maurice Dalleré également appelé sous les drapeaux à Annecy[5].
Marius Mermillon le décrit ainsi : « Je me souviens du bel athlète qu'était Léon Gignoux, camarade de jeunesse. En 1912, il s'était réfugié dans une auberge du Mont-d'Or lyonnais, pour y travailler et vivre au grand air. Nous allions le rejoindre le dimanche. On escaladait à pied les coteaux. Il y avait Henri Béraud, Paul Lintier, Louis Darmet, Joseph Gravier, des poètes, des peintres […] Je crois que Léon Gignoux s'entraînait à la course à pied et à la boxe, contre les arbres. Mais il nous lisait, à l'arrivée, des contes charmants. Croquemouche est le seul dont je me souvienne »[6].
Après son service militaire, il va à Paris et raconte ses projets à son frère : « Moi, mon vieux, voilà ce que je veux faire. Trouver une boite qui m'assure la matérielle, mais une boîte qui me laisse assez de temps pour travailler. Je ne veux pas tomber dans le journalisme comme toi. Tu aurais pu faire quelque chose… tu auras perdu ta vie à écrire des lignes, des lignes… Pauvre type, va… je te dédierai tout de même mon premier bouquin »[6]. Maurice Dalleré raconte qu'à Paris, Léon Gignoux vend son temps à une compagnie d'assurances qui le paie cinq francs par jour[7] et fait partie des premiers à être publiés dans La Caravane qui voit le jour en [8].
Il vient d'être opéré d'une hernie et achève sa convalescence à Lyon, quand la Première Guerre mondiale éclate. Mobilisé début , il rejoint le 11e bataillon de chasseurs à pied et reste au dépôt à Annecy. En octobre, il est envoyé au front avec les troupes de renforts et se trouve en première ligne le . Grièvement blessé par un éclat d'obus à Cappy le , il n'est évacué que deux jours plus tard. Atteint de la gangrène, Léon Gignoux est amputé du bras gauche à l'hôpital temporaire n°7 du 14e corps d'armée à Harbonnières où il meurt le [9],[10],[11].
Il est inhumé à la nécropole nationale de Dompierre-Bécquincourt (tombe 2453 bis)[12].
Distinctions
Hommages
- Le nom de Léon Gignoux est inscrit au Panthéon dans la liste des 560 écrivains morts pour la France[13].
- Son nom figure sur la plaque commémorative du centre scolaire de Saint-Marc et sur le monument aux morts à Lyon.
- En , le journal L'Intransigeant rapporte que « la revue La Caravane, à laquelle il collaborait, publie des vers de lui, amers comme ceux de Corbière, et pleins de talent. Elle publie aussi un hommage que M. Maurice Dalleré consacre à sa mémoire »[14].
- Régis Gignoux rend hommage à son frère dans la préface de son roman Le Tabac du bouc en 1922 en commençant par cette phrase : « Ce soir, mon frère Léon est arrivé de notre province […] Il a refermé lui-même ma porte ; il nous a tendu ses grandes mains ; puis il s'est assis sans regarder sa chaise. Il a rompu son pain ; il a rempli son verre, et il n'a plus cessé de rire, de manger et de parler […] Mais la guerre est arrivée […] Comme les condamnés, mon frère Léon a regardé une dernière fois sa chambre, la fenêtre ; il est parti ; il a été tué avec tant d'autres gosses »[6],[15].