Léon Riesener

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Nom de naissance
Louis Antoine Léon Riesener
Léon Riesener
Eugène Delacroix, Portrait de Léon Riesener (1835),
Paris, musée du Louvre.
Naissance
Décès
Sépulture
Nom de naissance
Louis Antoine Léon Riesener
Nationalité
Activité
Maître
Élève
Lieu de travail
Mouvement
Influencé par
A influencé
Père
Mère
Anne Louise Félicité Hassassin de Longroy (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfant
Louise Riesener (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Parentèle
Eugène Delacroix (cousin germain)Voir et modifier les données sur Wikidata
Distinction
Vue de la sépulture.

Léon Riesener, né le à Paris et mort dans la même ville le , est un peintre romantique français.

Famille

Léon Riesener est issu d'une lignée d'artistes et d'artisans[1].

D'origine allemande, Jean-Henri Riesener (-), grand-père de Léon Riesener, compagnon de Jean-François Oeben, fut nommé « ébéniste ordinaire de la couronne ». Ruiné par la Révolution, il ne chercha pas à se faire de nouveaux clients et mourut pauvre dans le faubourg Saint-Antoine.

Henri-François Riesener (-), fils du grand ébéniste et père de Léon Riesener, fut élève de François-André Vincent, puis de Jacques-Louis David, dont il quitta l'atelier pour rejoindre l'armée pendant les guerres napoléoniennes. Il fit des portraits d'Eugène de Beauharnais, de Napoléon, du comte de Cessac. Il épousa en 1807 Félicité Longrois, dame d'annonce de l'impératrice Joséphine. En 1815, il s'exila en Russie pendant sept ans et y fit notamment un portrait équestre du tsar Alexandre. Il mourut en 1828, six ans après son retour à Paris.

Riesener et Delacroix

Texte alternatif
Léon Riesener, Portrait d'Eugène Delacroix (1842), daguerréotype, Paris, musée d'Orsay[2].

Léon Riesener et Eugène Delacroix étaient cousins germains par leur grand-mère Marguerite-Françoise Vandercruse. C'est Henri-François Riesener qui fit entrer son neveu, Eugène Delacroix, dans l'atelier de Guérin. En 1823, ils peignent ensemble au château de Valmont et sur la Côte d'Albâtre[3].

Depuis cette période, Riesener et Delacroix eurent de l'amitié l'un pour l'autre. L'étude de l'Antique servait de sujet de discussions à leurs entretiens. Tous deux étaient des peintres coloristes et recherchent la technique nouvelle de la division des tons. La différence de leur tempéraments s'exprime dans leur manière de contempler la nature : Delacroix pensait au drame qui s'en dégage, Riesener en ressentait la sensualité. Delacroix acheta à Riesener son tableau Angélique (1842) et l'accrocha dans son atelier[4].

À sa mort, Delacroix légua à Léon Riesener la maison de campagne à Champrosay.

Formation et débuts (1831-1839)

Adolescent encore, Léon Riesener prend ses premières leçons de dessin avec son père. Dès sa sortie du collège, celui-ci le met dans l'atelier de Antoine-Jean Gros. C'est au retour de son père, en 1822, qu'il fait plus ample connaissance avec son cousin Eugène Delacroix[5], plus âgé que lui de dix ans.

De 1830 à 1839, il commence à exposer des œuvres importantes au Salon comme une Bacchante, pour laquelle il obtient une médaille de troisième classe en 1836. Les sujets naturalistes, inspirés de ses séjours à Frépillon, l'attirent : un petit pâtre, un petit orphelin, une paysanne revenant de la messe, une bohémienne[6]. Il habite à cette époque chez ses parents au 24, rue Neuve-Bréva[7].

En 1839, Léon Riesener reçoit de l'État sa première commande du ministère de l'Intérieur : une copie du Christ à la colonne de Titien.

Le , il épouse à Paris une jeune fille de la bourgeoisie parisienne, Laure Peytouraud (1822-1900). De leur union naissent trois filles : Thérèse (1840-1932), Rosalie (1843-1913) et Louise (1860-1944). En 1846, il achète un terrain rue Bayard à Paris où il se fait construire sa maison et son atelier. Sa famille et sa peinture l'amènent à vivre en dehors des événements politiques.

Période de maturité (1839-1857)

De 1839 à 1848, Léon Riesener reçoit les commandes d'importantes peintures murales : la décoration de cinq plafonds pour la bibliothèque de la Chambre des Pairs (1840-1842), représentant La Philosophie, La Poésie, L'Évangile, La Loi, L'Histoire, et la décoration de la chapelle de l'hospice de Charenton (1843-1849).

En même temps que ces peintures murales, il reçoit des commandes du ministère de l'Intérieur : Jésus au milieu des Docteurs (1847-1855), La Naissance de la Vierge (1843-1844), La Mort des enfants de Niobé (1850-1856). Il continue à exposer des tableaux au Salon : Léda (1841), Clythie (1842), Madeleine (1849).

Les commandes se raréfiant après 1849, il peint une série de portraits dont un grand nombre figureront au Salon de 1850. Il y expose notamment les portraits de son ami Théophile Gautier et de sa compagne la danseuse de ballet Ernesta Grisi[8].

Dernières années et postérité (1857-1878)

En 1857, poussé par le besoin d'impressions neuves et de solitude, Riesener achète un moulin à Beuzeval, commune qui sera plus tard rattachée à Houlgate. Riesener y approfondit ses recherches sur le coloris. Ses séjours à Beuzeval lui inspirent une série d'effets de soleil, de marines, de chemins creux, de paysages de pleine nature. La fréquentation de nombreux artistes transforme le moulin de Riesener en cénacle artistique. Il explore la côte escarpée avec ses amis Constant Troyon et Paul Huet, parle art et littérature en compagnie de Jouvet, Delisle, Jules Paton[9].

Beuzeval est loué pendant deux étés consécutifs à la famille Morisot. Il se noue une intimité très grande entre les Morisot et les Riesener. Berthe Morisot, amie de Rosalie Riesener, recherche les avis éclairés du peintre, écoute ses conseils et copie environ 135 pages de ses écrits[10].

À partir de 1860, il envoie successivement au Salon une Baigneuse, des Muses, Jupiter et Junon.

En 1871, recevant une commande de l'État, Léon Riesener part pour Anvers et, de là, pour la Hollande, où il admire les travaux de Rubens et de Rembrandt. Il rentre à Paris le . Enthousiasmé par ce voyage, il décide de réaliser un de ses vœux les plus chers : le , il part pour l'Italie. Il visite Genève, Milan, Côme, Parme, Rome, Turin et Naples. Il monte au Vésuve par un temps orageux et tombe malade, ce qui met fin à son voyage[11].

Léon Riesener s'éteint à Paris le , deux ans après son retour d'Italie. Il est enterré à Paris au cimetière du Père-Lachaise.

À la mort de Léon Riesener, les impressionnistes rendent hommage à ce précurseur de leur art. Auguste Renoir dessine sur la première page de la Vie moderne () un portrait de l'artiste « emporté dans un tourbillon de bacchantes nues et des fleurs »[12] .

Henri Fantin-Latour se dévoue à son souvenir en classant ses peintures et ses dessins et en organisant deux expositions, dont une à la galerie Georges Petit.

Quant à Duranty, après avoir évoqué « ce compagnon ardent de tous les chercheurs et de tous les novateurs » et « le précurseur des gens venus plus tard », il dit sa conviction que « dans l'histoire de la peinture du siècle, son nom restera inscrit avec les belles, délicates et fortes couleurs de sa palette[13]. »

Son œuvre

Notes et références

Annexes

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