Léonor Fresnel
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Mathieu (Calvados) (France)
7e arrondissement de Paris (France)
| Naissance |
Mathieu (Calvados) (France) |
|---|---|
| Décès |
(à 78 ans) 7e arrondissement de Paris (France) |
| Nationalité |
|
| Domaines | Optique |
|---|---|
| Diplôme |
École polytechnique École nationale des ponts et chaussées |
| Renommé pour | phares |
Léonor François Fresnel, né le à Mathieu (Calvados) et mort le à Paris, est un polytechnicien et ingénieur des Ponts et Chaussées français. Il est le frère cadet d’Augustin Fresnel (1788-1827), inventeur de la lentille de Fresnel. Après la mort d’Augustin à 39 ans, il lui succède à la Commission des phares et poursuivit son œuvre[1] afin de doter tout le littoral de la France de phares améliorant la sécurité de la navigation.
Léonor Fresnel est né le à Mathieu près de Caen (Calvados). Il est le fils de Jacques Fresnel (1755-1805), architecte, et d'Augustine Mérimée (1755-1833)[2],[3]. Il a deux frères aînés et un frère cadet :
- Louis (1786-1809) qui est admis à l'École polytechnique, devient lieutenant d'artillerie et est tué à Jaca en Espagne la veille de son 23e anniversaire ;
- Augustin (1788-1827), déjà mentionné ci-dessus ;
- Fulgence (1795-1855) qui devient linguiste, diplomate et orientaliste.
Léonor Fresnel épouse le Eulalie Françoise Réal[2],[4] ( - 1875), la fille du comte Pierre-François Réal ( - )[3], un grand notable du milieu du XIXe siècle[2].
Éducation
Jacques Fresnel décède à Caen en 1804, laissant sa veuve seule pour élever les quatre garçons, avec un revenu d’environ six mille livres de rente annuelle. Léonor Fresnel fait ses études de latin au Lycée de Caen, puis il s’installe à Paris chez sa mère, au no 9 de la rue de la Sorbonne. Il entre le à l’École Polytechnique, comme ses deux frères aînés, et le à l’École nationale des ponts et chaussées[5], comme son frère Augustin[2].
Carrière
Léonor Fresnel est élève ingénieur des ponts et chaussées dans le Cher à partir du (il s’occupe des routes), puis dans le Bas-Rhin à compter du . Le , il est employé au secrétariat du Conseil général des Ponts et Chaussées. Le , il est nommé au grade d’aspirant. Le il est affecté dans les Landes, et le affecté au canal de Saint-Quentin. Nommé ingénieur de 2e classe le , il est admis en congé illimité avec demi-traitement le . Il travaille dans la Nièvre au canal latéral à la Loire à partir du . Il est promu ingénieur de 1re classe le et mis à la disposition de la Compagnie du canal de Paris à la mer le [5].
En , il doit abandonner ses travaux sur le canal qui devait relier la capitale à la mer pour rejoindre à Paris son frère Augustin, qui est malade. Il devient son adjoint[2] le [5], puis il le remplace comme secrétaire de la Commission des phares[2],[6] le . Augustin Fresnel meurt le . Pendant près de vingt ans, Léonor porte à leur maturité les innovations de son frère[5] et œuvre à les faire connaître, ce qui mena à l'adoption des phares lenticulaires dans le monde entier[7]. À la mort d'Augustin Fresnel, les appareils lenticulaires restaient rares et expérimentaux. L'installation du grand appareil du phare de Cordouan avait validé l'efficacité de cette nouvelle technologie, cependant plusieurs années furent nécessaires pour passer du prototype à des appareils produits en série dans des ateliers[8]. Léonor Fresnel consacre sa vie à l'installation de lentilles de Fresnel dans les phares des côtes de France[2]. Il dirige l'atelier central, situé à Paris, où l'administration fait construire en régie de petits appareils lenticulaires, une activité qui disparaîtra vers 1850[5]. Il rédige aussi de longues instructions à l’attention des gardiens de phare, expliquant comment mettre en œuvre et entretenir les délicats appareils imaginés par son frère Augustin[9]. Au milieu des années 1840, de grands appareils catadioptriques sont installés en France et dans de nombreux pays qui les achètent auprès des industriels parisiens[8]. Léonor Fresnel est aussi l'auteur d'une biographie très précise sur Augustin, parue en 1828[2].
Léonor Fresnel multiplie les tournées d'inspection sur le littoral. Il se bat pour que l'exploitation des phares soit rattachée au service public, contre les entrepreneurs qui les gèrent par marché. Il est promu ingénieur en chef de 2e classe le [5]. C’est à lui qu’on doit la construction du phare des Sept-Îles, dit phare de l'Île aux Moines, situé au point culminant de l'île, à Perros-Guirec. Dans sa lettre-programme de 1831, Léonor Fresnel reconnaît l'urgente nécessité de construire un phare sur l'Île-aux-Moines et sur le plateau des Héaux de Bréhat, afin qu’ils soient mis en service dès le , époque du retour des expéditions de pêche de Terre-Neuve. L'adjudication du phare des Sept-Îles a lieu en 1833, et le feu est allumé le [6].
Léonor Fresnel est nommé le secrétaire du Conseil général des ponts et chaussées. Il cumule jusqu’en 1837 ce poste avec celui de secrétaire de la Commission des Phares. Promu ingénieur en chef de 1re classe le , il cesse d'être secrétaire général du Conseil général des Ponts et Chaussées le , et prend en 1838 la direction de la Commission des Phares. Il est promu ingénieur en chef directeur le , inspecteur divisionnaire adjoint chargé de l'inspection des phares le et inspecteur divisionnaire le [5].
Il transmet en 1846 son poste de secrétaire de la Commission des Phares à Léonce Reynaud. Il peut désormais se consacrer à la publication des œuvres complètes de son frère Augustin, un travail qu'il poursuit jusqu'à la fin de sa vie. Il part en retraite le , avec une pension de 4 500 francs. Il décède le [2],[5] à Paris VIIe arrondissement[2].
Œuvres
- 1831 : Description sommaire des phares et fanaux allumés sur les côtes de France au , Imprimerie nationale, Paris
- 1832 : Description sommaire des phares et fanaux allumés sur les côtes de France au , Imprimerie nationale, Paris
- 1837 : Description sommaire des phares et fanaux allumés sur les côtes de France au , Imprimerie royale, Paris
- 1838 : Description sommaire des phares et fanaux allumés sur les côtes de France au , Imprimerie royale, Paris
- 1839 : Description sommaire des phares et fanaux allumés sur les côtes de France au , Imprimerie royale, Paris
- 1840 : Description sommaire des phares et fanaux allumés sur les côtes de France au , Imprimerie royale, Paris
- 1841 : Description sommaire des phares et fanaux allumés sur les côtes de France au , Imprimerie royale, Paris
- 1842 : Description sommaire des phares et fanaux allumés sur les côtes de France au , Imprimerie royale, Paris
- 1842 : Instruction sur l'organisation et la surveillance du service des phares et des fanaux des côtes de France, Imprimerie royale, Paris
- 1844 : Description sommaire des phares et fanaux allumés sur les côtes de France au , Imprimerie royale, Paris
- 1845 : Description sommaire des phares et fanaux allumés sur les côtes de France au , Imprimerie royale, Paris
- 1846 : Description sommaire des phares et fanaux allumés sur les côtes de France au , Imprimerie royale, Paris[10]
Hommages
- Dans son village natal de Mathieu (Calvados), une souscription publique a financé la pose d’une plaque commémorative dédiée aux hommes célèbres du village. Son nom y figure, ainsi que celui de ses deux frères Augustin (1788-1827), le savant, et Fulgence (1793-1855), l’orientaliste[5].
- Le Service des phares et balises a donné son nom à un navire baliseur, le Léonor Fresnel[11],[12],[13],[14].