Médaille miraculeuse

Version revue, assez différente de la médaille religieuse créée à l'origine en 1832 suite à l'apparition de la Rue du Bac From Wikipedia, the free encyclopedia

La médaille miraculeuse, aussi connue comme médaille de Notre-Dame des Grâces, est le nom que la piété populaire catholique a donné à une médaille créée à la suite d'apparitions mariales qui auraient eu lieu en 1830 rue du Bac, à Paris. C'est là qu'une novice du couvent des Sœurs de Saint Vincent de Paul nommée Catherine Labouré raconta à son confesseur avoir vu la Vierge Marie. Cette médaille fut frappée à la demande qu'aurait exprimée Marie au cours de sa deuxième apparition, le , comme un témoignage d'amour, gage de protection et source de grâce.

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Version actuelle inspirée de la Médaille miraculeuse
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Cette médaille, diffusée pour la première fois en 1832, en pleine épidémie de choléra à Paris et dans le reste de l'Europe, connait un succès immédiat : en quelques années, plusieurs millions d'exemplaires sont diffusés dans le monde. Très vite des « miracles » sont rapportés et attribués à cette médaille. L'un des plus retentissants, et qui sera reconnu par l'Église catholique après un procès canonique, est la conversion d'un Juif, Alphonse Ratisbonne, en 1842.

Aujourd'hui encore, la « médaille miraculeuse » fait toujours l'objet d'une dévotion active, et elle est diffusée à plusieurs millions d'exemplaires chaque année.

Origine et histoire

Le nom de « médaille miraculeuse » lui a été attribué parce que l'origine de cette médaille était « miraculeuse ». Dès le début de sa diffusion, il a été dit que la médaille avait été frappée d'après le dessin et le modèle vu par une religieuse anonyme, dans une vision. C'est pour cela que l'origine de la médaille était considérée comme « miraculeuse » et que la médaille prit ce nom[1]. Par la suite, très vite, des porteurs de la médaille attribuèrent à cette médaille, et à la Vierge Marie, l'origine de « grâces reçues » ou de « protection », souvent résumés sous le terme de « miracles »[2],[3].

Apparitions mariales

Azulejos représentant les 2 premières apparitions, Sanctuaire Notre-Dame de la Paix, à Ponte da Barca (Portugal).

Catherine Labouré, jeune fille de la campagne, rentre chez les Filles de la charité en et elle est envoyée en avril de la même année au couvent installé rue du Bac à Paris, pour y faire son noviciat. Elle raconte avoir une première apparition de la Vierge le , lui annonçant qu'elle aurait « une mission à remplir ». Le , lors d'une autre vision, la Vierge lui montre l'avers et le revers d'une médaille à faire frapper et diffuser, assurant que les « personnes qui la porteront jouiront d'une protection toute spéciale de la Mère de Dieu ». Une nouvelle vision en l'encourage à insister auprès de son confesseur pour faire frapper cette médaille[4].

Premières médailles

Vue deux faces de la « médaille miraculeuse ».

La jeune religieuse Catherine Labouré, toujours en phase de noviciat, parle de ses visions et de la « demande de la Vierge » à son directeur spirituel le père Aladel. Mais celui-ci se montre très hostile aux déclarations de cette novice. Catherine prononce ses vœux annuels en , et elle part à l'hospice d'Enghien. La jeune religieuse insiste auprès du prêtre qui, réticent, consulte le Supérieur de la congrégation et ils décident de porter l'affaire à l'archevêque de Paris, Mgr de Quélen, sans lui révéler l'identité de Catherine. L'évêque n'émet pas d'objection et déclare : « Nul inconvénient à frapper la médaille. Elle n'a rien que de très conforme à la foi et à la piété. Elle peut contribuer à faire honorer Dieu ». Mais l'archevêque se montre prudent sur la « vision » de la religieuse à l'origine de la médaille, et demande que celle-ci ne soit pas divulguée, concluant « qu'on jugera l'arbre à ses fruits »[2].

Les premières médailles sont frappées en , et aussitôt diffusées[2]. Paris est alors victime d'une épidémie de choléra, partie de Moscou et qui frappe la capitale au printemps 1832[N 1]. Les Sœurs de la Charité (dont fait partie Catherine Labouré), qui œuvrent au service des victimes de l'épidémie contribuent à la diffusion de la médaille. Certains rapportent des cas de « guérisons inexpliquées grâce à la médaille ». Cette médaille devient extrêmement populaire[5]; elle se répand dans toute la France et dans le monde à très grande vitesse : en sept ans, plus de 10 millions[N 2] de médailles sont frappées et répandues dans le monde entier[2].

En février 1834, cette médaille est déjà dite « miraculeuse », sans qu’aucun lien ne soit encore fait avec Catherine Labouré et les visions mariales dont elle aurait été gratifiée[N 3]. La médaille, communément appelée « médaille miraculeuse », doit ce titre « non pas au fait qu'elle serait, en soi, magique, mais parce que son origine est miraculeuse »[6]. Une brochure publiée le (intitulée Notice historique sur l'origine et les effets d'une nouvelle médaille en l'honneur de l'Immaculée Conception de la Très Sainte Vierge Marie, généralement connue sous le nom de la Médaille miraculeuse) est très vite diffusée à plusieurs dizaines de milliers d'exemplaires. Cette brochure indique que la médaille a été réalisée d'après les indications d'une religieuse qui avait eu une « vision », mais sans donner son nom ni d'éléments permettant de l'identifier[1].

Diffusion et succès

La diffusion de la médaille est très rapide : en 1834, plus de 500 000 médailles sont distribuées, en sept ans plus de 10 millions de médailles sont frappées et répandues dans le monde entier, en 1876, le cap du milliard de médailles diffusées est dépassé[2],[7].

Une enquête canonique approfondie est faite en 1836. L'archevêque de Paris demande à interroger personnellement la visionnaire, mais le père Aladel (son confesseur) refuse et tient tête à Mgr de Quélen, préservant ainsi l'anonymat de la voyante[1]. Dans ses conclusions (le ), on lit que « la médaille a son origine dans une vision spirituelle. Elle est une illustration de ce qu’aurait vu une sœur de la charité de Saint Vincent de Paul dans la chapelle de communauté (le nom de Catherine Labouré n’est pas mentionné) [...] Il est émis l'opinion que la vision ne pouvait pas être purement imaginaire, s’étant présentée plusieurs fois [...]. Elle n'était pas l'effet d'un rêve, ni le produit d'une imagination exaltée, ayant eu lieu durant la journée, au cours de la prière ou de la messe [...] Les effets de la médaille [...] semblent être des moyens par lesquels le ciel semble avoir confirmé la réalité de la vision, la vérité des dires de la visionnaire et avoir approuvé le tirage et la propagation de la médaille ».

Au XXe siècle, la diffusion de la « médaille miraculeuse » connaît une nouvelle impulsion grâce à saint Maximilien-Marie Kolbe et aux mouvements qu’il suscite, ou qui se sont inspirés de son apostolat marial. De fait, ce jeune religieux des Tiers Mineurs Conventuels choisit la « médaille miraculeuse » comme le signe distinctif pour les membres de la Mission de l’Immaculée qu’il fonde à Rome en 1917.

Aujourd'hui encore, il se vend chaque année 4 millions de médailles dans la seule chapelle de la Rue du Bac[8].

Drapeau européen

Le drapeau européen, Arsène Heitz, a choisi les douze étoiles en invoquant le même symbole biblique que la Médaille

L'auteur du dessin du drapeau européen, Arsène Heitz revendique lui-même, en 1987, son rôle dans la conception de la maquette du drapeau ainsi que dans l’inspiration religieuse de son dessin. Il affirme en effet que « le drapeau de l’Europe est le drapeau de Notre-Dame ». Le fonctionnaire du Conseil de l’Europe, en a déclaré « C’est à moi qu’on a demandé de dessiner le Drapeau de l’Europe. J’ai eu subitement l’idée d’y mettre les Douze étoiles de la Médaille miraculeuse de la Rue du Bac, sur fond bleu. Mon projet a été adopté à l’unanimité, le , fête de l'Immaculée Conception. »[9],[10].

Description de la médaille

Statue de la Vierge portant le globe, dans la chapelle de la Rue du Bac.

La forme de la médaille est ovale.

À noter que la description initiale de Vierge pour la médaille, donnée par Catherine était légèrement différente : la Vierge portait un globe doré surmonté d'une croix, que l'on ne retrouve pas dans l'iconographie de la médaille[11]. Dans sa vision, le mouvement de la Vierge consistant à incliner les mains vers le bas, était un second mouvement, et une seconde position. C'est celle qui a été retenue pour la réalisation de la médaille[12]. La statue de la Vierge au globe a été réalisée et installée dans la chapelle de la Rue du Bac des années plus tard[13]. Quand une religieuse de la congrégation, sœur Dufès, évoquera la différence entre la vision de la Vierge au globe, et la représentation sur la médaille, en interrogeant la visionnaire sur la question de « faut-il modifier le dessin de la médaille ? », Catherine répondra fermement « sûrement pas ! »[12]. La représentation du visuel de la médaille est donc resté inchangé et conforme à la dernière vision de la religieuse en décembre, et tel que le père Aladèle l'avait retranscrit en 1832. Un frère franciscain américain a néanmoins fait tirer quelques médailles de la « Vierge au globe »[13],[N 4].

Iconographie de l’avers

Vue de l'avers de la médaille, dans une église de Muntinlupa (Philippines).
  • La Vierge Marie est représentée en pied, les bras légèrement détachés du corps et les mains ouvertes, étendues vers la terre, en geste d’ouverture et de don.
  • Le serpent, sous les pieds de Marie est écrasé. Cela évoque l’image de la Genèse (Gn 3,15): « je mettrai l’hostilité entre toi et la femme [...] Celle-ci te meurtrira à la tête et toi, tu la meurtriras au talon ». Dans la lutte entre le bien et le mal (symbolisé par le serpent) Marie vient à notre aide.
  • Les rayons de lumière symbolisent les grâces qui sont obtenues par l’intercession[N 5] de la Vierge Marie[11].
  • La prière « Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous » circule le long du bord de la médaille, entourant la Vierge Marie. « Marie conçue sans péché » évoque le dogme marial de « l'Immaculée Conception », proclamé en 1854 par le pape, et que l'on retrouve lors des apparitions de Lourdes en 1858 : « Je suis l’Immaculée Conception »[14]. Cette prière est l’invocation suggérée pour en obtenir la grâce souhaitée[2].
  • 1830 est l’année des trois apparitions successives de la Vierge Marie à Catherine Labouré.

Iconographie du revers

Revers de la médaille.

Les éléments du revers sont les suivants[2] :

Vénération et grâces

La médaille érigée en statue à Coltons Point, dans le Maryland (États-Unis)

Notes et références

Voir aussi

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