Madame Hermann
From Wikipedia, the free encyclopedia
| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Sépulture | |
| Nom de naissance |
Jeanne Léonide Poinat |
| Autres noms |
Jeanne Léonie Poinat, Jeanne Léonide Kling, Veuve Hermann, (Jeanne) Marthe Hermann |
| Nationalité | |
| Activités | |
| Période d'activité |
- |
Madame Hermann, dite aussi Madame Veuve Hermann, née Jeanne Léonide Poinat le à Paris 4e et morte le à Sèvres, est une photographe française, spécialisée dans les portraits d'enfants.
D'abord collaboratrice de son mari Louis Justin Kling, elle a dirigé seule l'atelier Hermann & Cie après leur séparation, puis durant son veuvage.
Jeunesse et famille
Jeanne Léonide (ou Léonie[Note 1]) Poinat naît en 1842 à Paris, fille de Gabriel Poinat, négociant, et de Jeanne Marthe Legavre, son épouse, résidant 50, rue de l'Arbre-Sec[1]. Elle a deux frères aînés, Jean né en 1839 et Maxime né en 1841[2]. Elle a 16 ans lorsque sa mère meurt, en 1858, à l'âge de 46 ans[3].
En 1862, âgée de 20 ans et sans profession, elle épouse Louis Justin Kling, un négociant de 28 ans né à Scherwiller en Alsace[4]. Le couple a un fils, Gabriel Léon, en 1864[Note 2].
Son père, devenu maire d'Ivry-sur-Seine en 1878, meurt en 1879[6].
Parcours
Au début des années 1860, les époux Kling-Poinat sont établis comme passementiers 11, rue des Fossés-Montmartre[7]. Après avoir fait faillite[8], Louis Justin Kling crée en une société en nom collectif faisant commerce de comestibles, vins et spiritueux, société dissoute huit mois plus tard[9]. Au début des années 1870, le couple reprend sous le nom commercial Hermann (& Cie) la gérance d'un atelier de photographie situé 20, rue de la Chaussée-d'Antin[10]. L'établissement a d'abord été tenu par le photographe Paul Émile Pesme[11] jusqu'à sa mort en , puis racheté le pour la somme de 825 francs par Émile Augustin de Verdier de Suze[12], qui en a confié la gestion aux Kling[9].
L'atelier Hermann, spécialisé dans la photographie au collodion, vend par ailleurs des fournitures pour la photographie et propose aux photographes établis à Paris ou en province de sous-traiter certains travaux techniques, comme la photographie sur émail ou les agrandissements[13],[11].

En sont saisis dans l'atelier 22 000 photographies de Louis-Napoléon Bonaparte, fils unique de l'impératrice Eugénie et de Napoléon III[14]. Autour du portrait sont reproduits un discours que le prince impérial a prononcé le , ainsi que les dates de quatre des cinq plébiscites favorables à son père[15]. Depuis la mort de ce dernier le , Louis-Napoléon est considéré par les bonapartistes comme l'héritier dynastique des Bonaparte. Quelques jours après la saisie des clichés, le ministre de l'Intérieur lève néanmoins la mesure prise contre l'atelier Hermann[16].
Au début des années 1880, l'atelier se spécialise dans les portraits pour enfants[17], que réalise Jeanne Léonide Kling sous le nom de Madame Hermann[18]. Dans Le Figaro, le journaliste Marc de Rossieny insiste sur le fait qu'elle « opère elle-même » et loue ses talents de physionomiste avec les enfants et les bébés dont elle parvient à capter l'attention pour obtenir la meilleure pose[19]. Parmi les enfants photographiés à l'atelier figurent Marcel Proust et son frère Robert, vers 1885[Note 3].
Séparée de corps de son mari à une date indéterminée, Jeanne Léonide Kling continue seule son activité de photographe. Elle se fait parfois prénommer Marthe[20] (ou Jeanne Marthe[21],[Note 4]), comme à l'occasion de l'Exposition universelle de 1889 où elle présente plusieurs portraits[22]. Leur qualité est remarquée par le jury, à l'instar des travaux de Reutlinger fils ou de Gervais-Courtellemont[23]. En 1899, Louis Justin Kling meurt à Bois-Colombes, à son domicile du 205, avenue d'Argenteuil[24]. Sur son acte de décès, il est dit « célibataire » et « sans profession ». La raison sociale de Jeanne Léonide Kling devient Mme Vve Hermann[25].
Médaille d'argent à l'exposition universelle de 1900[26], elle est décrite comme une « photographe distinguée, recherchée du monde entier pour ses portraits d’enfants et bien connue dans le quartier de la Chaussée d'Antin[27]. » Elle compose par ailleurs quelques valses[28], dont elle vend les partitions dans son atelier pour financer ses œuvres philanthropiques, notamment La Maternelle de Sèvres[29].
Jeanne Léonide Kling meurt en 1910 à son domicile du 108, rue Brancas à Sèvres, toujours photographe selon son acte de décès[30]. Elle est inhumée trois jours plus tard au cimetière du Père-Lachaise, dans le caveau de la famille Poinat surmonté d'un buste en bronze de son père sculpté par François-Auguste Charodeau[31]. Elle est dite « compositeur » et « officier de l'Instruction publique » sur sa sépulture.

Peu après sa mort, Gabriel Léon Kling vend le fonds de commerce du 20, rue de la Chaussée-d'Antin à M. Siré[32],[33]. La dénomination Hermann est conservée au moins jusqu'en 1950, année de la revente du fonds pour la somme de 3 millions de francs[34].
Récompenses et distinctions
Décorations
Officière de l'ordre des Palmes académiques, 1902 (sous le nom de Mme veuve Hermann, Jeanne Marthe)[21]
Officier de l'Instruction publique, 1909 (sous le nom de Mme Hermann, Marthe)[35]