Scherwiller

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Scherwiller
Scherwiller
Place de la Mairie.
Blason de Scherwiller
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Grand Est
Collectivité territoriale Collectivité européenne d'Alsace
Circonscription départementale Bas-Rhin
Arrondissement Sélestat-Erstein
Intercommunalité Communauté de communes de Sélestat
Maire
Mandat
Olivier Sohler
2020-2026
Code postal 67750
Code commune 67445
Démographie
Population
municipale
3 099 hab. (2023 en évolution de −3 % par rapport à 2017)
Densité 171 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 17′ 18″ nord, 7° 25′ 07″ est
Altitude Min. 168 m
Max. 532 m
Superficie 18,08 km2
Type Bourg rural
Unité urbaine Scherwiller
(ville isolée)
Aire d'attraction Sélestat
(commune de la couronne)
Élections
Départementales Canton de Sélestat
Législatives Cinquième circonscription
Localisation
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Scherwiller
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Scherwiller
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Scherwiller
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Scherwiller
Liens
Site web https://scherwiller.fr/

Scherwiller [ʃɛʁvilɛʁ] est une commune française située dans la circonscription administrative du Bas-Rhin et, depuis le , dans le territoire de la Collectivité européenne d'Alsace, en région Grand Est.

Cette commune se trouve dans la région historique et culturelle d'Alsace.

Localisation

La commune se situe à la fois sur la route des vins et sur la véloroute du vignoble d'Alsace (EuroVelo 5) à une altitude de 185 mètres. Elle se trouve au débouché des vallées de Sainte-Marie-aux-Mines à l'est, et de Villé au nord, à cinq kilomètres à l’ouest de Sélestat, en Alsace centrale et à 3,5 km de Châtenois vers le sud. La commune fait partie du canton de Sélestat et de l'arrondissement de Sélestat-Erstein. Les habitants sont nommés les Scherwillerois. Son nom est mentionné de bonne heure sous la forme de Sceravillare ou Scerwiller, désignant le hameau sur les bords de la Scheer, nom donné autrefois à la rivière qui traverse le village, devenue aujourd'hui l'Aubach. Scherwiller est implantée au carrefour de deux voies romaines importantes, sur l'axe ouest-est, la route du sel venant de la vallée de Villé et sur l'axe nord-sud sur une route romaine dont on peut encore admirer deux bornes milliaires repérables sur la commune même. Cette situation stratégique explique la présence du château de l'Ortenbourg au cours du XIIe siècle. Situé en plein cœur de l'Alsace, le village est bâti au centre d'un vignoble de 300 hectares, s'étendant sur des coteaux en contrebas des prestigieux châteaux de l'Ortenbourg et du Ramstein.

Le village de Scherwiller vu depuis le vignoble.

Le village est situé à km de Sélestat et 52 km de Strasbourg. La commune est membre du Parc naturel régional des Vosges du Nord.

Scherwiller, vue des ruines du château de l'Ortenbourg.

Communes limitrophes

Géologie et relief

Espaces naturels[1] :

Massif De L'Ortenbourg[2].
Massif de l'Ortenbourg à Scherwiller et crête du Falkenstein à Dambach-la-Ville[3],
Prairies du Val de Villé[4],
Cours, boisements et prairies humides de la Lièpvrette et du Giessen de Lièpvre à Châtenois[5],
Prairies et friches du piémont vosgien entre Diffenthal et Scherwiller[6],
Collines du piémont vosgien de Barr à Scherwiller[7].

Hydrographie

Réseau hydrographique

La commune est dans le bassin versant du Rhin au sein du bassin Rhin-Meuse. Elle est drainée par le Giessen, le ruisseau la Scheer, le ruisseau l'Aubach et le ruisseau le Rainbaechel[8],[Carte 1].

Le Giessen, d'une longueur de 34 km, prend sa source dans la commune de Urbeis et se jette dans l'Ill à Ebersmunster, après avoir traversé 18 communes[9]. Les caractéristiques hydrologiques du Giessen sont données par la station hydrologique située sur la commune de Sélestat. Le débit moyen mensuel est de 3,23 m3/s[Note 1]. Le débit moyen journalier maximum est de 125 m3/s, atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de 153 m3/s, atteint le même jour[10].

La Scheer, d'une longueur de 40 km, prend sa source dans la commune et se jette dans l'Andlau à Fegersheim, après avoir traversé 20 communes[11].

L'Aubach, d'une longueur de 13 km, prend sa source dans la commune et se jette dans l'Ill à Ebersmunster, après avoir traversé cinq communes[12].

Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune
Réseau hydrographique de Scherwiller[Note 2].

Gestion et qualité des eaux

Le territoire communal est couvert par le schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) « Giessen Liepvrette ». Ce document de planification concerne les bassins versants du Giessen et de la Lièpvrette. Son périmètre s’étend sur 317 km2. Il a été approuvé le . La structure porteuse de l'élaboration et de la mise en œuvre est le Syndicat des eaux et de l'assainissement Alsace Moselle[13].

La qualité des cours d’eau peut être consultée sur un site dédié géré par les agences de l’eau et l’Agence française pour la biodiversité[Carte 2].

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[14]. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche[15]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat semi-continental[16] et est dans une zone de transition entre les régions climatiques « Vosges » et « Alsace »[17]. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[18],[19].

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 10,6 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 17,8 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 579 mm, avec 7,1 jours de précipitations en janvier et 9,5 jours en juillet[14]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Sélestat à 4 km à vol d'oiseau[20], est de 11,4 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 621,1 mm[21],[22]. La température maximale relevée sur cette station est de 39,3 °C, atteinte le  ; la température minimale est de −17 °C, atteinte le [Note 3].

Statistiques 1991-2020 et records station SELESTAT SA (67) - alt : 173 m, lat : 48°16'22"N, lon : 7°28'41"E (à 4,8 km)
Records établis sur la période du au
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Record de chaleur (°C)
date du record
19,1
01.01.23
21,7
24.02.08
26,6
31.03.21
30,6
22.04.18
34,1
29.05.17
38,5
30.06.19
38,4
25.07.19
39,3
13.08.03
33,7
12.09.23
30,3
13.10.23
22,5
08.11.15
19,5
31.12.22
39,3
2003
Température maximale moyenne (°C) 5,5 7,5 12,1 16,9 20,8 24,5 26,2 26 21,5 16,1 9,4 6,1 16,1
Température moyenne (°C) 2,6 3,8 7,3 11,3 15,4 18,9 20,3 20 15,9 11,4 6,2 3,4 11,4
Température minimale moyenne (°C) −0,3 0,2 2,5 5,7 10 13,2 14,5 14 10,3 6,8 2,9 0,7 6,7
Record de froid (°C)
date du record
−15,9
02.01.1997
−14,7
05.02.12
−13,7
01.03.05
−4,2
04.04.22
−0,1
15.05.1995
4,4
08.06.05
5,4
07.07.1993
4,2
30.08.1993
1,4
30.09.02
−4,7
29.10.12
−10,1
23.11.1998
−17
20.12.09
−17
2009
Précipitations (mm) 36,1 33,5 35,9 42,6 77,6 66,6 70,2 64,1 50,5 58,4 43,6 42 621,1
Record de pluie en 24 h (mm)
date du record
33,6
14.01.21
18,2
06.02.22
19,8
05.03.09
24,6
26.04.13
43
11.05.16
86,5
15.06.25
46,8
16.07.02
49,3
01.08.25
65,7
04.09.11
37,8
03.10.06
35,4
12.11.1996
24,4
06.12.10
86,5
2025
Source : « Fiche 67462004 » [PDF], sur object.files.data.gouv.fr/meteofrance/data, édité le : 06/10/2025 dans l'état de la base (consulté le )
5,5
−0,3
36,1
J
7,5
0,2
33,5
F
12,1
2,5
35,9
M
16,9
5,7
42,6
A
20,8
10
77,6
M
24,5
13,2
66,6
J
26,2
14,5
70,2
J
26
14
64,1
A
21,5
10,3
50,5
S
16,1
6,8
58,4
O
9,4
2,9
43,6
N
6,1
0,7
42
D
Moyennes : max min °C ■ Précipitations mm

Urbanisme

Typologie

Au , Scherwiller est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[23]. Elle appartient à l'unité urbaine de Scherwiller[Note 4], une unité urbaine monocommunale constituant une ville isolée[24],[25]. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Sélestat, dont elle est une commune de la couronne[Note 5],[25]. Cette aire, qui regroupe 37 communes, est catégorisée dans les aires de 50 000 à moins de 200 000 habitants[26],[27].

Occupation des sols

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (49,3 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (52 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (39,8 %), terres arables (23,2 %), cultures permanentes (23,1 %), zones urbanisées (8,9 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (2 %), prairies (1,6 %), zones agricoles hétérogènes (1,5 %)[28]. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 3].

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie

Scherveiller (1793), Scherwiler (1801)[29].

Histoire

Scherwiller en alsacien, Scherviller en roman, est un domaine entre plaine alsacienne et rebord de la montagne vosgienne, d'abord à la confluence de la voie romaine de piémont venant de Châtenois ou de Dambach et de divers chemins gallo-romaines. Probablement reconstruit au cours du Bas-Empire et préservé par les habitants de Sélestat, un diverticule de la voie Salinaria a promu Scherviller à l'époque carolingienne en nœud de communication.

À la croisée des chemins entre vallées et piémont alsacien

Le site de Scherwiller est occupé depuis des temps lointains, peut-être depuis la fin de l'époque néolithique. À l’époque romaine, la voie du piémont passe par le ban communal. Au moment où les Romains investissent l'Alsace et les terres de la Gaule chevelue, c'est-à-dire après 80-90, les légions construisent une voie rectiligne, une via Salinatorum, qui relie Rhinau à Grand, traverse la montagne vosgienne par Etival, Saint-Blaise, emprunte le plateau du Ban-de-Sapt, Saales, et au-delà du col de Steige, le Val de Villé. C'est une voie du sel qui apporte sur l'Ill et le Rhin le salaire en nature des légionnaires[30].

De nombreuses voies romaines ont été ainsi édifiées à travers la Gaule vers les Germanies. La voie qui nous intéresse franchit vers l'orient le territoire leuque pour apporter le sel marin au limes des bords du Rhin. De l'an 100 à 160, de nombreux diverticules ont été élaborés pour favoriser les jonctions avec les voies de piémont. Ils subiront des réfections discriminantes au Bas-Empire. Parmi ceux-ci en aval de Villé, une voie de Thanvillé à Scherwiller se prolonge vers Sélestat et un axe en plaine rattrape Rhinau par Ebersmunster. Schervillé, idéalement placé, sort de l'oubli à l'époque carolingienne et commence à se développer.

Les tronçons ou diverticules préservés, ayant capté le trafic, deviennent mille ans plus tard une banale route d'échange empruntée par les marchands lorrains et alsaciens. On observe encore il y a moins de deux siècles leurs tracés rectilignes ou des coupes de gigantesques chaussée dans les Vosges[31]. Le tracé de la vieille route de Scherwiller à Thanvillé est connu. Non loin de l'ancienne route, des monnaies, des débris de tuiles et de la poterie romaine ont été mis au jour. Deux bornes milliaires subsistent, une sur l'axe nord-sud de la route du sel venant du Val de Villé et une au sud sur la route romaine de piémont[32]. La route actuelle de Villé à Saales par Steige emprunte grosso modo l'ancien axe romain.

Au débouché de la voie des Saulniers

Quelques érudits lui ont attribué le nom de Chaussée des Sarmates, lisant fort mal en sarmatorum des copistes qui écrivaient strata salinatorum[33] Les diplômes des souverains, la charte du roi mérovingien d'Austrasie Childéric II, attribuant le ban à Gondelbert ou à ses émules, datés de 661 et les chartes du roi de Germanie Henri IV en 949[34]. Après 1250, la voie s'appelle en ancien français la route des Saulniers ou voie des Saulniers : elle était surtout fréquentée par les marchands qui échangent les diverses denrées selon les saisons et les années entre Alsace et Lorraine. Le bétail sur pied, les grains, le sel extraits des salines du Saulnois lorrain, mais aussi des pierres et divers minerais proviennent souvent de l'ouest. Raon-l'Étape fondé au XIIIe siècle par le duc de Lorraine happe une grande part du trafic vers la vallée de la Meurthe. De nombreuses productions végétales, en premier lieu le vin et des variétés de blés et de fruits, ainsi qu'une foule de produits d'industrie manufacturière proviennent d'Alsace.

Cette situation stratégique au débouché de la plaine d'Alsace engendre dès les troubles carolingiens la reconstruction d'un château de l'Ortenbourg, à l'emplacement probable d'un petit castrum de surveillance. La famille guerrière des Ortenberg contribue à sécuriser la voie et vers l'an mil obtient la reconnaissance de fiefs qui forment ultérieurement la seigneurie du Villé. Le château associé à cette seigneurie est reconstruit au XIIe siècle, puis puissamment rénové ensuite.

Première mention du village

La première mention de Scherwiller date de l’année 817 sous le nom de Scerewilare. Louis le Pieux l'évoque dans un diplôme confirmatoire des biens de l’abbaye d’Ebersmunster. Scerwillare réapparaît en 1031, puis Scerewilre à l'époque où les biens publics et fiscaux sont à nouveau confirmés à l'abbaye d'Ebersmunster, puis est écrit Scherweilare en 1064 lorsqu'ils sont transférés au monastère d'Ottmarsheim et enfin Scherevillere en 1183. Entretemps, ces biens de plus en plus disputés sont passés en 1120 à l'abbaye de Hugshoffen, puis à celle de Hirsau en 1167.

Que peut en déduire l'historien ? Scheerwiller est un petit domaine sur les bords de la Scheer. Nous savons que la rivière qui traverse le village, l'Aubach est la Scheer des anciens habitants. Le paysage est-il le même ? Il existe un vignoble de coteau. La première trace écrite concernant le vignoble remonte à l'année 888. L'impératrice Sainte Richarde offre la dîme de la récolte des vignes au couvent de Gegenbach en Allemagne. Scherwiller possède une cour colongère, c'est une terre domaniale à l'impératrice fondatrice de l'abbaye d'Andlau. Elle appartiendra aux abbesses d'Andlau qui sont donc les premiers seigneurs connus de Scherwiller.

D'après la légende, sainte Odile aurait passé sa jeunesse à Scherwiller. La chronique d'Ebersmunster, probablement romancée qu'une hagiographie, raconte que deux frères de noble race possédaient des terres dans la région. Ils font entre eux un partage : l'un donne sa part à l'abbaye de Moyenmoutier, l'autre cède sa part à l'abbaye d'Ebersmunster. Ces biens étaient considérables, ils s'étendaient de Stotzheim à Kintzheim et Scherwiller[35]. Ce partage fait ressortir l'omniprésence de la voie de Saulniers en l'an mil, alors que les deux grandes entités administratives sont Moyenmoutier, puissamment restauré après 965 par les moines de Gorze et Ebersmunster. Toutefois, face au acteurs politiques de terrain, ces riches entités religieuses subissent une perte d'hégémonie en s'émancipant partiellement du pouvoir saxon.

En l'an 1000 le comte d'Ortenberg, Hermann, fonde l'abbaye de Honcourt ou Hugshoffen, dans le Val de Villé. Ses hommes contrôlent et possèdent une bonne partie de la région. Ces guerriers protecteurs de la voie qu'ils observent depuis leurs châteaux en délèguent l'administration aux moines, suscitant la rivalité et la crainte d'Ebersmunster et de Moyenmoutier.

Un domaine de la seigneurie de Villé

Les possessions des Ortenberg et de ses hommes, à l'origine de la seigneurie du Willer ou Villé, intègrent :

  • les villages situés sur la rive gauche de la Scher, Scherwiller, Dieffenthal, sous l'Ortenburg ;
  • une grande partie du Val de Villé ;
  • les villages outremont de Ranrupt, Salsey ou Salzée, Stampemont ou Stemberg[36] ;
  • le château de Bourg[37] ;
  • Saales, bourg de relais pour les marchands lorrains[38] ;
  • Colroy.
Château de l'Ortenbourg vu depuis la sortie ouest de Scherwiller.

Entre 1262 et le XIVe siècle, le village appartient à la famille des Habsbourg, héritière de facto des Ortenberg pour leur seigneurie du Villé. Plusieurs abbayes et monastères parmi lesquels dominent Munster au XVIe siècle, conservent des droits, des biens temporels et possessions issus de donations dans la commune.

Deux paroisses créées au XIIIe siècle existent à cette époque dans le village :

  • la chapelle Sainte-Odile dépend du chapitre de la cathédrale. La légende de sainte Odile tend à affirmer son antériorité, vraisemblable pour un historien, qui ne cherche plus le subterfuge d'une présence ou apparition de sainte Odile ;
  • l'église Saints-Pierre-et-Paul de l'abbaye de Honcourt ou Hugshoffen, édifiée en 1258.

Le village n’a jamais été entouré d’un rempart. Une petite forteresse a existé, dans le village même, comme semble l’attester l’ancien nom de la rue Joffre qui s’appelait Turmgasse ou rue de la Tour. La situation géographique du village située sur un axe très important lui vaut à plusieurs reprises d'être mêlé à des conflits sanglants. Le village est incendié en 1262 par les troupes mercenaires de l'évêque de Strasbourg puis détruit en 1370 par Jean de Lorraine lors du passage des Bourguignons.

Du XVIe siècle au XIXe siècle

1525 est une date importante dans l’histoire de Scherwiller. Lors de la guerre des Paysans en Alsace et Lorraine, une bataille opposa les Rustauds d’Alsace au duc de Lorraine : Antoine de Lorraine. La bataille se déroula sur le ban communal de Scherwiller, au lieu-dit Kreftzen, le et fit plus de 5 000 morts. Les deux paroisses seront réunies en 1528. La bataille de Scherwiller s'inscrit dans un contexte de révoltes de paysans, et fait suite à la révolte du Bundschuh en 1493, qui concerna toute l'Alsace moyenne et dont les chefs furent issus de communes voisines de Scherwiller : Hans Ulmann de Sélestat et Jacques Hanser de Blienschwiller.

En 1632, lors de la guerre de Trente Ans, le village fut dévasté par les Suédois. Le village prit son essor au XVIIIe siècle. De nombreuses maisons, qui existent encore aujourd’hui, datent de cette époque.

Le XIXe siècle fut un siècle difficile pour Scherwiller. Le village était très pauvre, la population connut une évolution importante mais restait essentiellement rurale. Pourtant, il bénéficia de l’industrialisation de la vallée de Sainte Marie-aux-Mines. Scherwiller comptait vers 1860, deux usines de tissage, deux tuileries, une usine de carton et papier ainsi que plusieurs fours à chaux.

En octobre 1870, pendant le siège de la place-forte de Sélestat, le village accueillit des soldats prussiens. Il n’y eut aucun dégât à Scherwiller. Après le traité de Francfort du , le village fut annexé à l’empire allemand, comme le reste de l’Alsace-Moselle.

À la fin du XIXe siècle, le village restait toujours dans une grande précarité, il comptait alors près de 2400 habitants. Une nouvelle église fut édifiée en 1899-1900, car l’ancienne était devenue trop exiguë.

De 1900 à 1939

Maison à Scherwiller vers 1925.

Vers 1900, l’usine de tissage installée près de la gare employait environ un quart de la population active du village. En 1908, l’empereur Guillaume II passa par le village, lors d’une de ses visites au château du Haut-Koenigsbourg, tout proche.

Le , Scherwiller fut le théâtre d'un gigantesque incendie. Le feu se répandit avec rapidité des deux côtés de la rue de l'Ortenbourg et de Dambach-la-Ville. Le mois d'août étant un mois très sec, les granges étaient remplies de paille, ce qui a pu déclencher le feu chez le voiturier Ernest Sonntag communiquant ainsi l'incendie à toute la rue. Des renforts venus de Thanvillé, de Châtenois et d'Ebersheim et un détachement du 8e bataillon de chasseurs de Sélestat furent sollicités pour éteindre l'incendie. L'incendie fit périr de nombreuses volailles. Les dégâts s’élevèrent à 150 000 marks.

Lors de la Première Guerre mondiale, le village perdit 51 de ses fils mais aucun dégât ne fut à déplorer. Le , Scherwiller redevint française.

Dans les années 1930, le village restait toujours assez pauvre. En 1935, un grand projet avait vu le jour : la réalisation de la canalisation d’eau potable.

Les habitants vivaient essentiellement de la culture de la terre : blé, pommes de terre, tabac et vignes étaient les principales activités agricoles. Certains possédaient également des animaux d’élevages comme des poules, des lapins, des cochons, des vaches…

D'autres habitants travaillaient dans le secteur textile : soit à l’usine textile de Scherwiller soit aux filatures de Sélestat. En 1936, les grèves du Front populaire avaient touché l’usine textile Hartmann de Scherwiller. Celle-ci fut rachetée à la fin de l'année 1936 par M. Robert Kientz, originaire de Muttersholtz.

De nombreux commerces existaient dans le village à la fin des années 1930. Il y avait donc : 8 restaurants ou cafés, 6 boulangeries, 6 épiceries, 4 boucheries, 4 tailleurs, 3 cordonniers, 2 entreprises de camionneurs, une entreprise de vente de vin en gros, une entreprise de maçons, un cinéma, plusieurs couturières…

Le village était déjà situé dans la zone d’attraction de Sélestat. On allait à la ville pour y faire des achats plus importants et pour certains divertissements (concerts, spectacles, cinéma…). La gestion du village était assurée, à la veille de la Seconde Guerre mondiale, par le maire Joseph Bleger, en fonction depuis les élections municipales de 1925.

Kientzville

L'église de Kientzville.

Kientzville[39] est un écart de Scherwiller qui se situe à un kilomètre au nord de la commune. Kientzville est longée par la ligne de chemin de fer reliant Sélestat à Molsheim. Il y a environ 600 habitants (2008). À Kientzville on trouvait jusqu'en 2015 une école (CP, CE1) grâce à un regroupement scolaire avec Scherwiller et Dieffenthal, et une chapelle où une fois par mois une messe est célébrée.

Robert Kientz est avant tout connu pour la création de la cité destinée aux ouvriers de son usine : Kientzville qui fut fondée en 1947[40]. Il fut l’un des premiers en France à œuvrer après la Seconde Guerre mondiale dans le domaine des logements ouvriers.

Les premiers chalets de Kientzville avaient été livrés à partir du mois de . Les travaux se déroulaient sous la direction de Kientz lui-même et de son architecte Charles-Gustave Stoskopf, prix de Rome. La construction était assurée par des prisonniers de guerre allemands dont l’effectif atteignait presque 200 hommes. Le premier pavillon fut achevé le . À la fin de l’année 1947, Kientzville comptait 40 maisons, 107 habitants et 51 enfants.

De nombreuses installations virent le jour à Kientzville : une école primaire, un stade de football, un lac artificiel, un hôtel-restaurant, une chapelle et même un aérodrome où 9 avions vinrent atterrir en 1951. Après avoir fait construire 45 chalets, Kientz éprouva de grandes difficultés financières liées à la crise du textile. De nombreux chalets furent vendus dès 1952 et par la suite, l’ensemble de la cité de Kientzville devint propriété de la commune de Scherwiller, excepté un terrain de 25 hectares, situé à l’est du nouveau village.

En 1956, Kientzville comptait 44 chalets en bois et 10 maisons en « dur », avec une population de 300 habitants. Depuis, la cité est devenue une annexe de Scherwiller.

Aujourd'hui, le lac, l’hôtel-restaurant, l’aérodrome ont disparu mais il subsiste toujours un cadre de vie agréable, sentiment partagé par tous les habitants de Kientzville, qui avait été voulu par le fondateur.

Politique et administration

Tendances politiques et résultats

Liste des maires

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
? ? François-Ignace Vogel   Vigneron-cultivateur
ca. 1869   François Antoine Schwey    
Honoré Haag   Viticulteur
Alphonse Haag    
Émile Barthel   Secrétaire général du SIVOM de Sélestat
Joseph Boesch[41] (1923-2020)   Retraité SNCF, maire honoraire
Adjoint au maire (1971 → 1989)
Vice-président du SIVOM de Sélestat et environs (1989 → 1995)
[42] Émile Barthel[43]   Ancien directeur du SMICTOM de Sélestat, maire honoraire
1er vice-président de la CC de Sélestat
André Boesch SE Maire honoraire
en cours
(au 31 mai 2020)
Olivier Sohler[44],[45]
Réélu pour le mandat 2020-2026
DVD Cadre supérieur
Président de la CC de Sélestat (2020 → )[46]

Budget et fiscalité 2024

La mairie.

En 2024, le budget de la commune était constitué ainsi[47] :

  • total des produits de fonctionnement : 2 702 000 , soit 841  par habitant ;
  • total des charges de fonctionnement : 1 923 000 , soit 599  par habitant ;
  • total des ressources d'investissement : 888 000 , soit 277  par habitant ;
  • total des emplois d'investissement : 751 000 , soit 234  par habitant ;
  • endettement : 1 283 000 , soit 399  par habitant.

Avec les taux de fiscalité suivants :

  • taxe d'habitation : 18,15 % ;
  • taxe foncière sur les propriétés bâties : 27,96 % ;
  • taxe foncière sur les propriétés non bâties : 44,30 % ;
  • taxe additionnelle à la taxe foncière sur les propriétés non bâties : 45,11 % ;
  • cotisation foncière des entreprises : 17,04 %.

Chiffres clés Revenus et pauvreté des ménages en 2021 : médiane en 2021 du revenu disponible, par unité de consommation : 26 360 [48].

Population et société

Démographie

Évolution démographique

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[49]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[50].

En 2023, la commune comptait 3 099 habitants[Note 6], en évolution de −3 % par rapport à 2017 (Bas-Rhin : +3,4 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
2 2092 1292 3302 5342 6312 7112 6512 8232 836
1856 1861 1866 1871 1875 1880 1885 1890 1895
2 7572 8443 0092 7462 6282 5592 4942 4012 336
1900 1905 1910 1921 1926 1931 1936 1946 1954
2 3862 4382 4112 1232 1622 1442 1042 0462 205
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2016
2 2692 3002 3682 3822 2782 6142 9583 0743 171
2021 2023 - - - - - - -
3 1533 099-------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[29] puis Insee à partir de 2006[51].)
Histogramme de l'évolution démographique

Enseignement

Établissements d'enseignements[52] :

  • Écoles maternelles et primaires à Scherwiller, Châtenois, Dambach-la-Ville, Sélestat.
  • Collèges à Châtenois, Dambach-la-Ville, Sélestat, Villé.
  • Lycées à Sélestat, Barr.

Santé

Professionnels et établissements de santé[53] :

  • Médecins à Scherwiller, Marckolsheim, Fréland, Colmar[54].
  • Pharmacie à Scherwiller.
  • Hôpitaux à Strasbourg, Rouffach, Les Trois-Épis[55].

Cultes

Culture locale et patrimoine

Voir aussi

Notes et références

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