Madeleine Dechavassine

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Nom de naissance
Madeleine Marie RogerVoir et modifier les données sur Wikidata
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Madeleine Dechavassine
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Biographie
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Nom de naissance
Madeleine Marie RogerVoir et modifier les données sur Wikidata
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Madeleine Dechavassine, née Madeleine Marie Roger le à Létanne (Ardennes) et morte le à Levallois-Perret, est une ingénieure chimiste, militante communiste et résistante française, déportée dans le convoi des 31000 et survivante d'Auschwitz, Rajsko, Ravensbrück et Mauthausen[1].

Engagement politique

Fille d'instituteur, son père Achille Roger enseigne dans les Ardennes, tandis que sa mère, Berthe (ou Marguerite, selon les sources) n'exerce pas de profession. Madeleine suit un parcours scolaire brillant qui la conduit à obtenir un diplôme d’ingénieure chimiste à Nancy, dans l’entre-deux-guerres[1].

Le , elle épouse Jean Dechavassine, négociant parisien. Le couple n’a pas d’enfants et se séparera après la guerre. Madeleine conserve son nom d'épouse bien que le divorce soit prononcé en [1].

Marquée par les grèves et l’élan social de 1936, elle adhère au Parti communiste français (PCF), persuadée que le Front populaire peut ouvrir des débouchés aux femmes dans les sciences[2].

Après l’interdiction de L'Humanité le à la suite du pacte germano-soviétique, la section communiste de Montreuil organise une édition clandestine. Madeleine participe au transport et à la distribution du journal avec un groupe de militants dont Jean Renard], Fernand Vandenhove] et Marceau Vergua], futurs déportés du Convoi des 45000[1].

La police, alertée, tente une souricière mais le groupe échappe à l’arrestation. En parallèle, Dechavassine travaille comme ingénieure dans une usine, tout en poursuivant l’activité clandestine[2].

En , elle est dénoncée, arrêtée par la police de Montreuil, puis inculpée pour infraction au décret interdisant la presse communiste. Elle est placée en détention préventive à la Maison d’arrêt de la Petite Roquette (Paris 11ᵉ)[3]. Lors de la débâcle militaire de , les prisonnières de la Petite Roquette sont transférées à Blois, puis évacuées en colonnes sur les routes. Madeleine profite de ces déplacements pour s’évader, gagner Toulouse, puis se procurer de faux papiers au nom de « Suzanne Delaborde ». Elle rentre ensuite clandestinement à Paris en [3].

De retour à Paris, Madeleine reprend un rôle actif dans les réseaux communistes. Elle coordonne l’action des femmes dans la zone sud de Seine-et-Oise et continue à assurer la circulation de matériel militant. Le , elle est condamnée par défaut à un an de prison et 100 francs d’amende pour activité communiste[1].

Grâce à sa formation scientifique, elle est sollicitée pour la préparation d’engins explosifs pour les Francs-tireurs et partisans (FTP). En , le groupe FTP est démantelé presque entièrement, la plupart de ses membres étant arrêtés par la police. Madeleine échappe aux arrestations, n’ayant pas été identifiée par les autorités. Privée de toute liaison et totalement isolée, elle tente alors de reconstituer un contact avec la Résistance. Ses efforts la mènent vers Jacqueline Quatremaire, qu’elle connaît d’avant-guerre et qui est devenue agent de liaison au sein du réseau des imprimeurs clandestins[1].

Arrestation et déportation

Ce réseau qu'intègre Madeleine Dechavassine est précisément celui visé par les Brigades spéciales dans ce qu’on appelle l’affaire Tintelin : un ensemble d’arrestations frappant la filière technique du Front national, organisée autour d’Arthur Tintelin, responsable de la fabrication, du tirage et de la diffusion de la propagande communiste. L’arrestation de Tintelin en entraîne une vaste opération policière contre les imprimeuses et agentes de liaison du réseau[4]. Le , Madeleine est arrêtée par les Brigades spéciales en même temps que plusieurs techniciennes et imprimeuses du réseau, dont Jacqueline Quatremaire.

Le , Madeleine Dechavassine est transférée, avec 19 autres femmes, au Fort de Romainville[1]. Le , elle fait partie des cent premières femmes transférées vers le camp de Royallieu à Compiègne[1]. Le , elle est intégrée au convoi des 31000, composé de 230 femmes résistantes et de plus de 1 450 hommes. À Halle, les wagons sont séparés : les hommes envoyés à Sachsenhausen, les femmes à Auschwitz-Birkenau. Il s’agit du seul convoi de résistantes non juives dirigé vers Auschwitz.

À leur arrivée au camp le , les femmes chantent La Marseillaise. Elles ne subissent pas de sélection mais sont tatouées : Madeleine devient le matricule 31639, donnant au groupe le nom de « 31000 »[1].

Dès , en raison de sa formation scientifique, elle est affectée au Kommando de Rajsko, un laboratoire agronomique dirigé par les SS. De mars à , les détenues font l’aller-retour quotidien entre Auschwitz et Rajsko ; à partir de l’été, elles y sont logées en permanence. Dechavassine y reste jusqu’au , date à laquelle elle est transférée à Ravensbrück. Au début du mois de , elle fait partie des 33 femmes transférées de Ravensbrück vers Mauthausen, un des derniers camps encore en activité à la fin de la guerre[3].

Elle y est libérée le par la Croix-Rouge internationale, puis évacuée en camion vers Saint-Gall (Suisse) avant d’être rapatriée à Paris le [3].

Après-guerre

De retour en France, Madeleine Dechavassine reprend ses activités professionnelle et participe à la fondation de l’Amicale d’Auschwitz et des camps de Haute-Silésie], dont elle devient secrétaire générale pendant plusieurs mois[3].

Elle prend sa retraite en 1960, et s'installe à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) où elle meurt le , à la veille de sa 83e année[3].

Reconnaissance

Notes et références

Voir aussi

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