Madeleine Tribolati

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Nom de naissance
Madeleine Marie Tribolati
Nationalité
Madeleine Tribolati
Madeleine Tribolati en 1993[1].
Biographie
Naissance
Décès
Nom de naissance
Madeleine Marie Tribolati
Nationalité
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Madeleine Tribolati, née le à Paris 14e où elle est morte le [2], fut secrétaire générale adjointe de la fédération CFTC des employés, vice-présidente de la confédération CFTC. Parmi ses actions, elle fut pionnière avant-guerre, en tant que négociatrice dans le cadre des conventions collectives, de la défense de l'égalité professionnelle, et du principe « à travail égal, salaire égal ».

Un square du 10e arrondissement de Paris porte son nom.

Jeunesse

L'École normale sociale, rue du Docteur-Blanche, à Paris.
Extrait 1re page du journal La Croix, « Le cinquantenaire du syndicalisme chrétien ». Photo de Madeleine Tribolati parlant à la tribune. 27 juin 1937.

Née le à Paris, d'un père ouvrier et d'une mère femme de ménage[3], Madeleine Tribolati fréquente l'école laïque et fait partie du patronage catholique de sa paroisse de Saint-Pierre de Montrouge (aujourd'hui à Paris, quartier Plaisance). C'est par ce patronage, qui était catholique (hasard des lieux)[4], que Madeleine Tribolati est gagnée à la culture chrétienne alors que son milieu familial n'était pas du tout pratiquant. Elle travaille, dès l'âge de treize ans, comme employée de bureau. Elle apprend, dans son patronage, par l'intermédiaire d'une amie, l'existence des syndicats féminins, et la possibilité pour les femmes de défendre leurs droits[5]. En 1924, à 19 ans, elle adhère à la Fédération française des unions des syndicats professionnels féminins (CFTC), appelée « fédération du boulevard des Capucines ». Considérant que son certificat d'étude est insuffisant à sa formation, elle s'inscrit à une formation de l'École normale sociale (au 56, rue du Docteur-Blanche à Paris), école fondée par Andrée Butillard, militante du syndicalisme chrétien. Elle y suit les cours du « 4e dimanche », pour les « propagandistes des syndicats féminins », on lui propose également une formation intensive, pendant l'été, qui sera pour elle « un émerveillement »[6]. Elle réussit l'examen de l'École Normale Sociale à l'issue des trois années du cycle. Cette formation ne se limitait pas à une formation théorique, mais était accompagnée d'une formation professionnelle. Elle accepte de donner des cours du soir de sténo-dactylo dans une section de Plaisance où venaient des employées du quartier pour évoluer professionnellement. Elle tient aussi une permanence de section le dimanche matin. À partir de 1926-1927, elle est régulièrement déléguée au congrès de la fédération des syndicats professionnels féminin. En 1933, lors du congrès de l'Union des syndicats professionnelles féminins, qui a lieu en février à Paris, Madeleine Tribolati présente un rapport sur le travail des jeunes[7]. Elle est, en 1934, déléguée générale des jeunes[8].

Ascension syndicale et défense de l'égalité professionnelle

Madeleine Tribolati gravit les échelons du Syndicat des secrétaires sténo-dactylographes et accède en 1935 au conseil de la Fédération des employés[9]. Lors du congrès de de la fédération des syndicats chrétiens d'employés, Madeleine Tribolati, conseillère du syndicat parisien des sténodactylographes, présente un rapport sur les conséquences actuelles ou futures pour les employés de la crise mondiale[10]. Durant ces années, Madeleine Tribolati collabora à la rédaction de plusieurs articles pour la Travailleuse, l’organe mensuel de la Fédération des syndicats professionnels féminins (fédération du boulevard des Capucines), à Syndicalisme[11], l'organe de la confédération CFTC et au journal l'employé, qui était le journal de la fédération française des syndicats d'employés, techniciens et agents de maîtrise[4].

Par ailleurs, en cette période où la France est touchée par la grande dépression mondiale, Madeleine Tribolati défend dans ses écrits (dans la presse syndicale[12]), et dans ses discours, le droit des femmes au travail[13]. Ce combat a lieu au sein même de son « camp », celui des catholiques sociaux qui mènent à cette époque une campagne en faveur des mères au foyer. Les dispositions législatives, « l'allocation pour une mère au foyer », votée en 1938, mais dont la première proposition de loi émane de 1935, suscitent à la CFTC une bataille entre les militants favorables, à l'instar du secrétaire Gaston Teissier à l'interdiction du travail des mères de famille, et les militantes qui, telle Madeleine Tribolati, se sont battues avec succès pour le droit des femmes au travail[14].

En 1936, lors du grand mouvement de revendication sociale, elle milite pour la CFTC, participe à de nombreuses réunions dans les usines occupées. Elle devient la même année 1936 permanente de la fédération des employés (elle a 31 ans).

Elle est propulsée dans les négociations sur les premières conventions collectives, qui se déroulent branche professionnelle par branche professionnelle. Représentante de la fédération des employés, cette militante célibataire se révèle par sa pugnacité[15] et sa connaissance des dossiers (elle s'appuyait notamment sur les enquêtes effectuées par son syndicat féminin auprès de ses adhérentes sur ce qui pouvait par exemple nuire à leur santé, et sur des canevas de classifications professionnelles établi par son syndicat). Dans ces négociations paritaires de 1936 portant sur l'établissement de barèmes de salaires, Madeleine Tribolati est souvent la seule femme. Lors des présentations aux organisations patronales des projets de classifications, elle présente un barème unique pour les hommes et pour les femmes, déclenchant une « incompréhension » patronale, et des arguments patronaux justifiant un salaire féminin inférieur[5] basés sur le fait que « les femmes mangent moins que les hommes » et « raccommodent elles-mêmes leur vêtement ». « En vertu de quel droit et au nom de quel principe, écrit-elle, en défendant une position alors d'avant-garde, voudrait-on séparer l'humanité en deux camps, dont l'un aurait le privilège de prendre librement son essor, cependant que l'autre pour éviter toute concurrence se verrait forcé de limiter le sien ? »[16] Madeleine Tribolati notait par ailleurs, lors du même entretien, que lors de ces négociations de conventions collectives de 1936, ses collègues syndicaux (masculins) ne la contredisaient pas, mais n'auraient pas mis autant d'ardeur à défendre une grille identique pour les hommes et pour les femmes, si une femme n'avait pas été présente dans ces négociations.

À l'issue de ces négociations de 1936, dans les branches concernées, la différence entre les salaires masculins et féminins est réduite (tout en étant maintenue), et des clauses particulières sont accordées aux femmes (pour des congés maternités par exemple)[17]. En 1937, Madeleine Tribolti est membre du conseil de la puissante fédération CFTC des employés, très majoritaire dans la profession des employés[4].

Les conventions collectives négociées et signées par Madeleine Tribolati sont par exemple celle de « la couture » en région parisienne (départements de la Seine et de Seine-et-Oise) (signée avec la CGT)[18], celle du « commerce des dentelles, tulles et broderies » de la région parisienne (signée par la seule CFTC/Madeleine Tribolati)[19] ou celle du commerce en gros des vins et spiritueux[20](signée avec la CGT).

Après-guerre

Bibliographie

Notes et références

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