Mafia albanaise
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| Mafia albanaise | |
Localisation de l'Albanie. | |
| Date de fondation | Albanie : Années 1990, Kosovo : Années 1970 |
|---|---|
| Territoire | Albanie, Grèce, Kosovo, Macédoine, Bosnie, Croatie, Italie, Grande-Bretagne, Belgique, Panama, Pays-Bas, Suisse, Allemagne, Autriche, Maroc, France, Équateur, Brésil, Colombie, États-Unis, Dubaï, Espagne, Turquie, Monténégro, Chine, Israël, |
| Années actives | 1990 à aujourd'hui |
| Ethnies présentes | Albanaise |
| Alliés | Mocro Maffia, 'Ndrangheta, Camorra, Sacra Corona Unita, Cosa Nostra, Clan del Golfo, Latin Kings, Los Choneros |
| Rivaux | DZ Mafia[réf. souhaitée], Mafia serbe, Cosa Nostra américaine, Los Lobos, MS-13 |
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« Mafia albanaise » et « crime organisé albanais » sont des expressions générales utilisées pour désigner diverses organisations criminelles basées en Albanie, Kosovo et en Macédoine ainsi que leurs ramifications à l'étranger et les organisations criminelles composées d'Albanais. Elle joue un rôle important dans la distribution de l'héroïne et de cocaïne en Europe, ainsi que dans plusieurs activités criminelles telles que le trafic d’armes de guerre, le proxénétisme et le trafic d'êtres humains.
Kompania Bello
Les membres sont soumis à un code d'honneur, le Kanun du XVe siècle écrit par Lekë Dukagjini. Selon ce code d'honneur qui régit tous les aspects de la vie comme le mariage, la famille et la propriété, il est impossible de revenir sur la parole donnée. Le Kanun a régi la vie quotidienne des clans du Nord et de l'Est du pays jusqu'au XXe siècle et a codifié la pratique de la vendetta, appelé Gjakmarrja (vengeance). De cette époque, les mafieux albanais ont conservé une certaine ruralité, une loi du silence efficace et un sens aigu des liens du sang[1].
Jusqu'à la chute du communisme en 1990, la vie et les pratiques de ces mafieux avaient peu changé depuis la guerre froide. Le marché noir était très développé. Ils se sont depuis adaptés aux nouvelles méthodes. Ils ont commencé à s'expatrier au début des années 1990 et le mouvement migratoire s'est poursuivi après la guerre du Kosovo.
Les guerres des Balkans transformeront le Kosovo en une vaste zone de non-droit[1] avec pour conséquence la revitalisation des groupes mafieux albanais[2].
Concernant la drogue dure, les clans Albano-Kosovars semblent avoir acquis une position dominante, parfois monopolistique, dans le trafic international d'héroïne, celui de la cocaïne étant partagé avec les « leaders » mondiaux que sont les Cartels mexicains et surtout colombiens. Depuis le début des années 1990, en effet, le système criminel en vigueur en Italie et en Europe de l'Ouest a considérablement évolué. Les Turcs ont conservé le monopole du marché en gros de l'héroïne, mais ont cédé aux Albanais, principalement kosovars, le contrôle de l'acheminement vers l'Ouest. Cette nouvelle configuration nécessite des centres de stockage, situés principalement en Hongrie, mais également en République Tchèque et en Bulgarie, principales plaques tournantes de la mafia albanaise à l'Est. D'après un rapport d'Interpol daté de novembre 1997, « les Albanais du Kosovo détiennent la plus grande part du marché d'héroïne en Suisse, en Autriche, en France, en Allemagne, en Hongrie, en Tchéquie, en Norvège, en Suède, en Pologne et en Belgique », et ils représenteraient à eux seul près de 15 % des arrestations d'Interpol pour le trafic de drogue. En avril 1999, les brigades anti-mafia de Bulgarie signalaient une véritable explosion du trafic d'héroïne depuis le début de la guerre du Kosovo. Les policiers anti-drogue et les experts d'Interpol sont impressionnés par les quantités phénoménales de drogue saisies auprès des réseaux albanais.[réf. souhaitée]
La Suisse, qui accueille environ 200 000 réfugiés albanais (deuxième communauté immigrée du pays), est l'une des principales plaques tournantes du trafic de drogues et d'armes vers l'Allemagne, l'Autriche, la Hongrie et la Tchéquie, où la police soupçonne les nombreux vendeurs et fabricants albanais de bijoux en or de procéder au blanchiment de l'argent du trafic. Le , le quotidien londonien The Independent révélait que les mafieux albanais contrôlaient 80 % du marché suisse de l'héroïne. Ce sont d'ailleurs près de 2 000 Albanais du Kosovo qui croupissent actuellement dans les geôles helvétiques pour trafic de stupéfiants. La Scandinavie est devenue une zone de refuge pour les criminels albanais. Plusieurs trafics de drogue dirigés par de jeunes Kosovars ont été démantelés au cours de l'année 1999. De fait, d'après un rapport de 24 pages des services de renseignement de l'OTAN révélé par le Washington Times du , les liens entre la mafia albano-kosovare, l'UÇK et l'actuel boom de l'héroïne en Occident ne fait plus aucun doute. D'après ce rapport, « de nombreux membres de l'UÇK sont plus ou moins impliqués dans le marché juteux de l'héroïne. La route des Balkans générerait plusieurs dizaines de millions de dollars américains par an ».
D'une manière générale, Il existe dans l'aire albanophone une importante production de marijuana[3]. L'Albanie serait devenue le premier producteur de marijuana en Europe, avec une production estimée entre 100 et 150 tonnes (2005)[3]. Celle-ci est exportée principalement vers l’Italie par l'intermédiaire des réseaux de passeurs de migrants et vers la Grèce[3].
Xavier Raufer explique : « Tous les pays ont un « milieu » criminel. Peu nombreux sont cependant ceux qui ont suscité une authentique mafia, une société secrète permanente dotée de rites d'initiation, d'une loi du silence et pratiquant un recrutement clanique ». Il y aurait 50 000 à 100 000 membres qui opéreraient en Albanie et dans le monde entier. Chaque clan aurait environ entre 250 et 500 membres pour les plus petits, et jusqu'à 2 000 membres pour les plus grands[4], au Kosovo et en Macédoine du Nord.
En , une vaste opération de police menée dans plusieurs pays européens démantèle un réseau de contrebande de cocaïne albanais. Le groupe « Kompania Bello » était l'un des réseaux les plus actifs de trafic de cocaïne vers l'Europe depuis l'Amérique du Sud, selon Europol. Le réseau aurait fonctionné sur toute la chaîne d'approvisionnement, de l'expédition à la revente[5]. Des centaines de policiers ont mené les raids coordonnés au cours desquels 4 tonnes de cocaïne et 5,5 millions d'euros (6,5 millions de dollars) ont été confisqués. Europol a déclaré que les personnes arrêtées étaient accusées de trafic international de stupéfiants, de possession illégale de drogues, ainsi que de crimes violents, y compris de meurtre[6].
Cette enquête longue de cinq ans, menée par la police de Florence (Italie) et baptisée « Los Blancos », est considérée, selon Europol, comme « la plus grande du genre jamais menée contre le crime organisé albanophone »[5] à ce jour, avec 84 personnes appréhendées au fil des ans[6].
Selon le bureau du procureur de Florence, Kompania Bello est un cartel composé de 14 organisations criminelles albanaises impliquées dans le trafic de drogue et fonctionnant depuis au moins 2014 en Équateur, aux Pays-Bas, en Belgique, en Albanie et en Italie[5]. Bénéficiant d'une relation privilégiée avec les producteurs de cocaïne sud-américains, Kompania Bello a permis à ses membres d'importer et de distribuer de grandes quantités de drogue d'Amérique du Sud via les ports néerlandais et belges. Les membres du réseau bénéficiaient d’un réseau d’agents publics corrompus chargés de surveiller les cargaisons dans les ports à différentes étapes du voyage[5].
Kompania Bello se vantait d'une solide hiérarchie, les chefs de cartel recrutant au sein de la vaste communauté de la diaspora albanaise aux Pays-Bas et en Italie. Leur capacité d'intimidation impose un pacte de silence au cas où l'un des collaborateurs serait arrêté, se basant sur la capacité de se venger sur les membres de leur famille[5].
Le succès de Dritan Rexhepi, dirigeant du cartel repose sur sa relation avec le trafiquant équatorien Cesar Emilio Montenegro Castillo, également connu sous le nom de « Don Monti » et qui est lié au cartel de la drogue colombien Norte dell Valle et à Sinaloa d'El Chapo au Mexique. Selon les documents du tribunal, Rexhepi a assuré sa bonne réputation avec Montenegro Castillo non seulement en raison de ses capacités avérées en tant que trafiquant de drogue, mais parce qu'il avait réussi à concurrencer les organisations criminelles chinoises dans le transfert d'argent de la drogue[5]. En règle générale, les paiements en espèces pour la cocaïne aux Pays-Bas et au Royaume-Uni étaient versés aux trafiquants d'Amérique du Sud par des personnes liées à ces organisations chinoises, sans transfert physique d'argent entre l'Europe et l'Amérique du Sud. Le désavantage étant que les trafiquants chinois facturent des taux de commission élevés. Rexhepi a cherché à éliminer les intermédiaires en utilisant des courriers de fonds et de multiples petits transferts via Western Union. Dans un cas, après une dénonciation de la police italienne, deux passeurs albanais avaient été arrêtés à l’aéroport équatorien de Guayaquil, transportant 350 000 euros en espèces[5].
Estimer les revenus du trafic de drogue est notoirement difficile mais, les procureurs ont estimé que l'une des sous organisation distribuait au moins 50 kilos par semaine, soit un chiffre d'affaires annuel de 70,2 millions d'euros. Les procureurs estiment que Rexhepi a trafiqué au moins 2 368 kilos de cocaïne en 2016 et 3 654 kilos en 2017. Avec un prix de gros moyen de 23 500 euros le kilo, les revenus pour les deux ans sont estimés à 141 millions d'euros[5].
Activités

Des criminels albanais sont implantés aux États-Unis (où un réseau nommé « la Corporation » serait impliqué dans les jeux clandestins)[7] et dans les pays de l'Union européenne[8] et participent à divers trafics d'armes et de stupéfiants[9], mais aussi de proxénétisme, avec une cruauté reconnue (violences, tabassages, représailles, meurtres)[10].
- Trafic de drogue : l'Albanie est devenue une plaque tournante du trafic de drogue, pas seulement l'héroïne afghane, puisque les narco-trafiquants colombiens connaissent désormais les portes des Balkans. Il semblerait qu'elle contrôle plus de 70 % de l'héroïne en Suisse, en Autriche, en Allemagne et dans les pays scandinaves[1].
- Lazarat est le plus vaste domaine de production de cannabis et de haschish en Europe.[Quand ?]
- Racket : la collecte de l'impôt révolutionnaire a permis à ces réseaux d'acquérir un « savoir-faire » incomparable dans le racket[1].
- Trafic de cigarettes : il semblerait que ce trafic soit couvert par les plus hautes autorités locales albanaises et soit largement alimenté par un embargo[1].
- Trafic d'armes : les filières albano-kosovares alimentent également le trafic d'armes grâce aux stocks pillés durant l'insurrection de Tirana. Elles s'approvisionnaient en Allemagne de l'Est à l'époque communiste ou encore auprès des mafias russes et italiennes implantées en Suisse, en Belgique et en Italie[11].
- Proxénétisme : Industrie du sexe avec des femmes des pays de l'Est dans toute l'Europe comme la France (Paris, Nice...), le Royaume-Uni, la Suisse, la Scandinavie, l'Allemagne… la plupart du temps travaillant dans des conditions inhumaines. Elles sont attirées par des promesses d’une vie meilleure en Europe ou par la drogue. À Paris, en 2000, le chiffre de prostituées travaillant pour la mafia albanaise serait de 600 à 700[12].
- Trafic d'êtres humains : une des sources de revenu de cette mafia est aussi le trafic d'êtres humains. Les groupes criminels mettent à profit leur savoir-faire pour guider les migrants clandestins, moyennant finance[13],[1]. Lors de la crise migratoire en Europe, un rapport de l'agence européenne Frontex montre ainsi que les faux papiers donnés aux migrants proviennent en premier lieu d'Albanie[14].

