Maggy Biskupski
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| Présidente Mobilisation des policiers en colère | |
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| Nom de naissance |
Maggy Mélanie Biskupski |
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| A travaillé pour |
Brigade anti-criminalité (jusqu'au ) |
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| Membre de |
Maggy Biskupski, née le [1] à Charleville-Mézières[2] (Ardennes) et morte le à Carrières-sous-Poissy (Yvelines)[3], est une policière française, présidente, militante et porte-parole de l'association « Mobilisation des policiers en colère » (MPC).
Elle était devenue une des figures emblématiques du malaise et du « ras-le-bol » des policiers en France, jusqu'à son suicide survenu à son domicile le .
Enfance et jeunesse
Maggy Biskupski naît le à Charleville-Mézières[2] d'une mère française, Patricia, et d'un père, maçon, d'origine polonaise, Christian[4]. Elle grandit à Haybes, petite commune du nord des Ardennes[3] en Champagne-Ardenne, avec ses parents, sa sœur et son frère, où elle vit une enfance paisible[5].
En 2006, alors âgée de 23 ans, dotée d'un BTS, Maggy Biskupski devient assistante de direction dans les Ardennes, son département natal[6]. Un soir, après avoir visionné le reportage Cinq femmes à l'école de police à la télévision, son rêve d'enfant la rattrape : elle souhaite intégrer la police nationale.
Débuts dans la police
En 2007, elle quitte son poste d'assistante de direction et s'engage dans la Police nationale[2]. Elle devient adjoint de sécurité (ADS). En 2010, elle passe le concours de gardien de la paix qu'elle obtient[7]. Elle officie, dès lors, en tant que gardienne de la paix à Sartrouville, dans les Yvelines en région parisienne[8].
Militantisme et porte-parole des policiers
En , Maggy Biskupski devient porte-parole et présidente de l'association Mobilisation des policiers en colère (MPC), fondée par des policiers non-syndiqués dont Guillaume Lebeau, membre de la BAC de Gennevilliers[9]. Cette association avait été créée à la suite de l'attaque de policiers à Viry-Châtillon au cocktail Molotov dans l'Essonne, en . Deux membres des forces de l'ordre avaient été gravement brûlés dans cette attaque[10]. Après ce drame, Maggy Biskupski s’était engagée pour porter la voix des policiers en colère. Leurs manifestations et prises de parole, perçues comme populistes, ont suscité un large débat dans les médias[11].
Cet événement avait provoqué une fronde inédite parmi les policiers. Selon Maggy Biskupski, la création de cette association « apolitique » et « asyndicale » visait « à crédibiliser aux yeux de l'administration ces 18 jours de manifestation qui sont restés sans réponse »[12] et exprimer leur malaise face à la « haine anti-flics ». La création de l'association était intervenue après la convocation à l'Inspection générale de la Police nationale (IGPN) de Guillaume Lebeau, meneur des manifestations policières[13], pour avoir parlé à visage découvert dans les médias[14].
En , Maggy Biskupski a également été visée par une procédure de l'IGPN pour être sortie de son devoir de réserve[15].
Le , Guillaume Lebeau, auteur du livre Colère de flic et Maggy Biskupski, présidente de l’association « Mobilisation des policiers en colère », étaient auditionnés au Sénat dans le cadre de la commission d’enquête sur l’état des forces de sécurité intérieure. Le sénateur François Grosdidier a rédigé un rapport à la suite de la commission d'enquête[16].
Elle était devenue depuis membre de la Brigade anti-criminalité (BAC) de nuit des Yvelines à Sartrouville, seule femme dans une équipe de dix hommes, où elle travaillait de 21 h à 5 h du matin[7]. Lors d'une interview accordée au Figaro, elle évoquait des moyens insuffisants et détaillait ses conditions de travail : « des souris dans le commissariat, des inondations quand il pleut, l’odeur d’égouts infâme dans les vestiaires et le manque à la fois d'effectifs et de véhicules pour travailler correctement. »[17].
À l’aise avec les médias et multipliant les apparitions médiatiques, Maggy Biskupski était devenue le porte-voix d’une jeune génération de policiers, dont elle portait la souffrance et la colère. Elle était en formation pour devenir officier de police judiciaire[7].
Mort
Le , la femme de 36 ans, célibataire et sans enfant, a été retrouvée tuée avec son arme de service à son domicile de Carrières-sous-Poissy où elle vivait en colocation, dans les Yvelines[18]. Une lettre a été retrouvée. Le parquet de Versailles a ouvert une enquête sur les circonstances de sa mort, bien que la piste du suicide soit privilégiée[19].
Controverse après son décès
Une seconde enquête a été ouverte contre X, par le même parquet, pour « abus de confiance » au sein de son association[20]. Selon Le Figaro, « des échanges de messages entre la jeune femme et ses collègues de MPC laissent présumer un détournement de fonds »[21]. Maggy Biskupski aurait reconnu, quelques jours auparavant, avoir détourné quelques milliers d'euros destinés aux familles de policiers endeuillées[22]. D'après l'un des proches contacté, la policière, d'un naturel anxieux, aurait redouté que cela soit rendu public et a craint de perdre son statut au sein de l'association ainsi que son emploi au sein de la BAC[23].
Obsèques
Ses obsèques ainsi que sa crémation ont lieu le à l'église de Haybes, village dont elle était originaire, en compagnie de ses proches[4].
Hommage et marche blanche
Le , l'association « Mobilisation des policiers en colère », dont elle était porte-parole et présidente, organise une marche blanche et des rassemblements en hommage à Maggy Biskupski dans plusieurs villes de France, notamment place du Trocadéro à Paris, accompagné de sa famille et de ses collègues. « Venez revêtus de votre tristesse, mais aussi de vos sourires, de vos rires, de votre colère et de votre hargne. Juste comme Maggy ! Montrons à Maggy, qui était notre voix, qu'elle n'était pas seule, et qu'elle ne l'est toujours pas »[23], l'association écrit-elle sur les réseaux sociaux.
Près de 500 personnes, dont des policiers, ont participé ce samedi à cette « marche blanche » en souvenir de Maggy Biskupski, mais aussi des non-policiers, venus par « solidarité ». La plupart portaient une rose blanche, certains arborant le drapeau tricolore. Une minute de silence a été observée par la foule, suivie de La Marseillaise. Partis de la place du Trocadéro, les participants se sont ensuite dirigés en silence vers les Invalides. Ils suivaient une grande banderole « Policiers en danger, soutien aux forces de l’ordre, citoyens avec nous », sigle l'association[24].