Charleville-Mézières
ville et commune française
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Charleville-Mézières (prononcé [ ʃaʁ.lə.vil me.zjɛʁ]) est une commune française située dans le département des Ardennes, en région Grand Est. Elle est divisée en quatre cantons.
En 2022, la ville compte 45 634 habitants intra-muros[1], son agglomération 57 068 habitants[2], son aire d'attraction 124 644 habitants[3] et la communauté d'agglomération Ardenne Métropole qu'elle forme avec la ville de Sedan, 120 380 habitants[4],[5].
Avant la fusion des deux communes principales en 1966, les gentilés respectifs étaient Carolopolitains pour Charleville et Macériens pour Mézières. Ses habitants sont appelés les Carolomacériens ou plus couramment les Carolos[6].
Géographie
Localisation
La ville est située dans la région Grand Est, dans le département des Ardennes dont elle est le chef-lieu, à 19 km à l'ouest de Sedan, à 89 km au nord-est de Reims, à 239 km au nord-est de Paris.
Elle est distante de 10 km de la frontière belge, à 90 km au sud de Charleroi, à 108 km au sud de Namur et à 150 km de Bruxelles, ainsi qu'à 130 km à l'ouest de Luxembourg.
Communes limitrophes
Les communes limitrophes sont Aiglemont, Bogny-sur-Meuse, Damouzy, La Francheville, La Grandville, Montcy-Notre-Dame, Nouzonville, Prix-lès-Mézières, Saint-Laurent, Villers-Semeuse et Warcq.
Superficie
La commune de Charleville-Mézières s'étend sur 3 144 hectares[7],[8],[9] depuis la fusion des communes qui a eu lieu en 1966.
Géologie et relief
Charleville-Mézières est traversée par la Meuse, qui forme une multitude de méandres séparant Charleville de Mézières. La Vence se jette dans la Meuse après avoir longé Mézières par le sud. La vallée dans laquelle s'est développée l'agglomération est sujette aux inondations, comme en et en .
Charleville-Mézières a aussi la particularité de se situer à la limite entre le Bassin parisien au sud et le massif ardennais au nord, avec le mont Olympe (196 m) dominant la ville. L'altitude de la ville est de 150 m à la préfecture.
Hydrographie

La commune est dans le bassin versant de la Meuse au sein du bassin Rhin-Meuse. Elle est drainée par la Meuse, le canal de l'Est (branche-nord), la Vence, le ruisseau de Marbay, la déviation du square de Mialaret, le ruisseau du Relais, le ruisseau de Damouzy, le ruisseau de L'étang Garot, le ru de Warne, le ruisseau de la fontaine du Prince et le ruisseau du pré Allard[10],[Carte 1].
La Meuse, d'une longueur de 486 km dans sa partie française, est un fleuve européen qui prend sa source en France, dans la commune du Châtelet-sur-Meuse, à 409 mètres d'altitude et se jette dans la mer du Nord après un cours long d'approximativement 950 kilomètres traversant la France, la Belgique et les Pays-Bas[11]. Elle constitue une double boucle dont le tracé de la première constituaient les limites de l'ancienne commune de Mézières et celui de la deuxième aux limites de l'ancienne Montcy-Saint-Pierre, se développant sur une longueur d'environ 13,4 km, constituant la limite séparative de la commune avec les communes adjacentes.
Le canal de l'Est (branche-nord), d'une longueur de 141 km, est un chenal et un cours d'eau naturel navigable qui relie Givet à Troussey, où il rejoint le canal de la Marne au Rhin[12]. Il se superpose par endroits, dans la commune, à la Meuse.
La Vence, d'une longueur de 33 km, prend sa source dans la commune de Launois-sur-Vence et rejoint la Meuse dans la commune, après avoir traversé 13 communes[13].
Un plan d'eau complète le réseau hydrographique : le plan d'eau de la Warenne (9,6 ha)[Carte 1],[14].
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat des marges montagnardes, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[15]. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche[16]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré[17] et est dans la région climatique Lorraine, plateau de Langres, Morvan, caractérisée par un hiver rude (1,5 °C), des vents modérés et des brouillards fréquents en automne et hiver[18]. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[19],[20].
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 9,8 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 4,8 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 886 mm, avec 13,3 jours de précipitations en janvier et 9,4 jours en juillet[15]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique installée sur la commune est de 9,9 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 928,4 mm[21],[22]. La température maximale relevée sur cette station est de 39,2 °C, atteinte le ; la température minimale est de −17,5 °C, atteinte le [Note 1].
| Mois | jan. | fév. | mars | avril | mai | juin | jui. | août | sep. | oct. | nov. | déc. | année | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Températures (°C) | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Record de chaleur date du record |
15 05.01.1999 |
21,7 27.02.19 |
24,4 31.03.21 |
28,1 25.04.07 |
31,2 28.05.17 |
34,9 28.06.11 |
39,2 25.07.19 |
37 12.08.03 |
34,4 15.09.20 |
27,7 01.10.11 |
19,9 07.11.15 |
15,7 30.12.22 |
39,2 2019 |
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| Maximale moyenne | 5,6 | 6,9 | 11,3 | 15,3 | 19 | 22,1 | 24,1 | 23,9 | 20 | 15 | 9,3 | 6,1 | 14,9 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Moyenne | 2,7 | 3,1 | 6,2 | 9,1 | 12,8 | 16 | 18 | 17,6 | 14,1 | 10,4 | 6,1 | 3,3 | 9,9 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Minimale moyenne | −0,3 | −0,6 | 1 | 2,8 | 6,6 | 9,9 | 11,8 | 11,2 | 8,2 | 5,8 | 2,8 | 0,4 | 5 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Record de froid date du record |
−17,5 01.01.1997 |
−16,7 18.02.1991 |
−13,8 13.03.13 |
−8,5 08.04.03 |
−4,4 18.05.1991 |
−2,4 05.06.1991 |
1,7 11.07.1993 |
0,4 30.08.1993 |
−3,4 30.09.18 |
−6,7 30.10.1997 |
−11,8 24.11.1998 |
−16,4 21.12.09 |
−17,5 1997 |
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| Précipitations | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Hauteur (mm) | 100,4 | 78,3 | 68,6 | 56,6 | 67,6 | 66,8 | 72,3 | 74,4 | 63,4 | 80,1 | 83,8 | 116,1 | 928,4 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Record de pluie en 24 h (mm) date du record |
46,4 25.01.1995 |
38,6 24.02.1997 |
29,2 06.03.07 |
28,3 29.04.18 |
35,9 27.05.18 |
69,9 28.06.11 |
45,7 13.07.21 |
35,9 15.08.10 |
40,7 08.09.17 |
51,2 09.10.24 |
36,8 10.11.02 |
59,2 24.12.13 |
69,9 2011 |
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| Ensoleillement | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Heures | 50,4 | 69 | 128,1 | 176,7 | 197,3 | 202,9 | 214,2 | 198,6 | 152,5 | 96,8 | 48,4 | 40,7 | 1 575,5 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune[23], un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Urbanisme
Typologie
Au , Charleville-Mézières est catégorisée centre urbain intermédiaire, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[24]. Elle appartient à l'unité urbaine de Charleville-Mézières, une agglomération intra-départementale dont elle est ville-centre[I 1],[I 2]. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Charleville-Mézières, dont elle est la commune-centre[Note 2],[I 2]. Cette aire, qui regroupe 132 communes, est catégorisée dans les aires de 50 000 à moins de 200 000 habitants[I 3],[I 4].
Occupation des sols

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires artificialisés (54,2 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (57,2 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones urbanisées (43,6 %), forêts (24,7 %), prairies (15,7 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (6,3 %), espaces verts artificialisés, non agricoles (4,3 %), zones agricoles hétérogènes (3,5 %), terres arables (1,4 %), eaux continentales[Note 3] (0,5 %)[25].
L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l'occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[26].
Voies de communication et transports
Transports routiers
Pour se rendre à Charleville-Mézières à partir de Paris, il faut prendre l'autoroute A4 direction Reims / Strasbourg puis l'autoroute A34, ce dernier tronçon de 80 km étant gratuit ; il forme la partie sud du Y ardennais vers Bruxelles / Amsterdam (branche ouest) et Liège / Cologne (branche est). Lille, (puis Arras et Calais) ainsi que Metz (puis Strasbourg) sont à 2 heures de voiture. Une nouvelle autoroute, constituant l'axe nord-ouest du Y relie Charleville-Mézières à la frontière belge, vers Charleroi en Belgique, chaînon manquant entre Bruxelles et Dijon qui offrirait un itinéraire plus court que par Metz. Les travaux ont débuté en 2010 et se sont terminés en 2018, record de chantier de près de huit ans pour une portion d'autoroute de 31 km, c'est sans conteste[réf. nécessaire] la portion d'autoroute non concédée la plus chère au kilomètre construite en France.
Autoroutes
Charleville-Mézières est reliée à Rethel, puis Reims et Paris (autoroute A4 et A26) et à Sedan, avec ensuite une bifurcation vers la Belgique (Bouillon puis Liège et la Ruhr), par l'autoroute A34. Elle est également reliée à la Belgique (Charleroi puis Bruxelles et les Pays-Bas), par Rocroi par l'autoroute A304 (depuis le )[27]. L'autoroute (partie centrale de la rocade Nord-Lorraine) devant relier Sedan à Metz est arrêtée à Douzy et la partie en direction du Nord de la France, à partir de l'A304 à l'ouest de Charleville-Mézières, n'est pas programmée.
Routes nationales
- RN 43 :
- Vers Hirson, La Capelle, Cambrai, Douai, Lens, Béthune, Saint-Omer, Calais. La route nationale a été déclassée partiellement et cédée aux départements,
- Vers Sedan, Carignan, Montmédy, Longuyon, Briey, Moulins-lès-Metz.
Routes départementales
- D1 : vers Nouzonville et Bogny-sur-Meuse.
- D3 : vers Prix-lès-Mézières et Launois-sur-Vence.
- D5 : vers Lumes, Vivier-au-Court et Vrigne-aux-Bois.
- D9 : vers Warcq et Belval.
- D16 : vers Warcq et Signy-l'Abbaye.
- D58 : vers Aiglemont et Neufmanil.
- D58A : vers Montcy-Notre-Dame.
- D59 : vers Saint-Laurent et Gespunsart.
- D68 : relie le quartier d'Étion à la D8043.
- D69 : vers Montcy-Notre-Dame.
- D159 : relie les D59 et D979 à hauteur du Plateau de Berthaucourt.
- D951 (ex-N51) : vers La Francheville et Évigny.
- D979 (ex-N379) : vers Saint-Laurent et Gespunsart.
- D989 (ex-N389) : vers Sécheval et Monthermé.
- D8043 (ex-N43) :
- vers Revin, Hirson, Maubeuge et Cambrai,
- vers Villers-Semeuse, Les Ayvelles et Flize.
La ville de Charleville-Mézières est desservie par plusieurs lignes de cars à longues distances (FlixBus, BlaBlaCar Bus).
Transports ferroviaires
Le TGV Est met la gare de Charleville-Mézières à 1 h 35 min de la gare de Paris-Est depuis . Trois allers-retours sont proposés avec la capitale. Une ligne existe vers Givet et la Belgique mais elle n'est plus utilisée après la frontière : la ligne y est simplement entretenue (TER puis bus). Quant aux liaisons vers la Champagne-Ardenne, l'Aisne, le Nord et la Lorraine, elles se font grâce aux TER. Charleville-Mézières compte aussi une ligne RDTA vers Sorendal (Les Hautes-Rivières) par Bogny-sur-Meuse.
- La gare.
- Le kiosque de la gare.
Transports en commun
Charleville-Mézières dispose d'un réseau d'autobus urbains de 25 lignes — appelé transports de l'agglomération de Charleville-Mézières-Sedan (TAC) — desservant l'ensemble de la ville et le versant est de l'agglomération Ardenne Métropole, exploité par la RATP Dev. Les quatre lignes principales (1, 2, 4 et 5) fonctionnent de 5 h à 20 h[28]. Elles passent par chacune des stations sur leurs lignes toutes les 20 min, de 7 h à 20 h.
| Ligne | Destinations |
|---|---|
| 1 | Bellevue du Nord ↔ Centre Commercial Villers |
| 2 | Clouet ↔ Val de Vence 2 |
| 2C | Gare Centrale ↔ Campus Sup Ardenne |
| 3 | Gernelle / La Grandville / Aiglemont ↔ Gare Centrale |
| 4 | Etion Village ↔ Centre Commercial La Croisette |
| 5 | La Havetière / Grande Terre / La Houillère ↔ CRS 23 / Warcq / Les Granges Bertholet |
| 6 | Gare de Nouzonville ↔ Neufmanil / Gespunsart |
| 7 | Montcy-Notre-Dame ↔ Prix-lès-Mézières |
| 8 | La Francheville ↔ Gare Centrale |
| 9 | Gare de Nouzonville ↔ Nevers |
| 10 | Lumes Rult ↔ Nevers |
| 11 | Fagnon via Prix-les-Mézières ↔ Gare Centrale |
| 12 | Arreux ↔ Nevers / Meillier Fontaine |
| 13 | Sécheval ↔ Nevers |
| 14 | Tournes Mairie / Haudrecy ↔ Gare Centrale |
| 15 | Chalandry-Elaire ↔ Gare Centrale |
| 16 | Tournes / Cliron ↔ Nevers |
| 17 | Ville-sur-Lumes ↔ Gare Centrale / Nevers / Jacques Félix |
| 18 | Nevers ↔ Centre Aquatique |
| A1 | Charleville-Mézières ↔ Gare de Sedan via Vrigne-aux-Bois |
| A2 | Charleville-Mézières ↔ Quai de la Régente (Sedan) via Flize |
| M | Gare de Nouzonville / La Houillère ↔ Victor Hugo |
Une desserte fluviale tournée vers la plaisance
Si la Meuse est un fleuve navigable permettant une liaison avec la Belgique et les Pays-Bas, le trafic fluvial de marchandises débute réellement à Givet, en limite de la France et de la Belgique, où d'ambitieux projets de modernisation de son port sont envisagés. En effet, les écluses en aval de Givet sont adaptées à des bateaux de 1 350 tonnes alors que c'est le gabarit Freycinet (300/350 t) qui est toujours en application en amont.
À Charleville-Mézières, le trafic fluvial est à vocation touristique et des bateaux de plaisance, dont des péniches aménagées en bar, boîte de nuit ou en restaurant, accostent les quais de la ville.
- La Meuse vue de la passerelle du Mont-Olympe.
- La Meuse vue du quai Rimbaud.
Toponymie
Histoire
Charleville-Mézières a réuni en plusieurs décennies des communes adjacentes pour devenir la commune qu'elle est actuellement. À l'origine, Charleville (XVIIe siècle) fondée par Charles de Gonzague et Mézières (Xe siècle) sont les villes mères de l'agglomération. Elles fusionnent en 1966 avec Montcy-Saint-Pierre, Étion et Mohon.
Étion
Aussi appelé Estionum ou Eltio, le village apparaît dans une charte de relative à l’abbaye de Sept-Fontaines[30]. Il dépendait alors de la paroisse de Tournes, avant d’être rattaché ultérieurement à celle de Warcq[30].
Selon la tradition locale, le village aurait été brûlé par les troupes du comte de Nassau qui se retiraient devant Bayard lors du siège de Mézières en [réf. nécessaire]. Les synthèses historiques sur le siège attestent des destructions dans plusieurs villages proches de Mézières, ainsi que le passage du comte de Nassau « ravageant » la frontière ardennaise à l’été 1521[31],[32],[33].
Plusieurs communautés religieuses régionales possèdent au fil des siècles des biens à Étion ou dans son voisinage : l’abbaye prémontrée de Laval-Dieu, le prieuré du Mont-Calvaire de Bélair, les Sépulcrines de Charleville, ainsi que les chanoines de Braux et de Mézières[réf. nécessaire][34],[35],[36],[37].
Au XIXe siècle, le travail à domicile des cloutiers — activité caractéristique du nord des Ardennes — prospère sous la houlette de plusieurs marchands-patrons ; le village se développe et la population augmente[38],[39].
Le poète Jean-Baptiste Clément vient soutenir les habitants[réf. nécessaire]. Il est attesté actif dans les Ardennes à la fin du XIXe siècle, où il fonde et dirige à Charleville les journaux L’Émancipation puis L’Émancipateur[40],[41], sans qu’aucune source ne documente un passage spécifique à Étion.
Le , les troupes coloniales subissent dans la localité un intense bombardement qui détruit l’église et contraint les forces françaises à se replier[30]. Les habitants vivent ensuite pendant plusieurs années dans des baraques en bois provisoires[réf. nécessaire].
La commune d’Étion est finalement intégrée à Charleville-Mézières lors de la fusion intercommunale effective le [42].
Castrice
Originellement, les Romains avaient construit, sur la voie romaine reliant Reims (Durocortorum) à Cologne (Colonia Agrippinensium), sur une colline dans une boucle de la Meuse, la cité de Castrice (Castricum)[réf. nécessaire]. L’axe antique reliant Reims à l’est de la Gaule est documenté par les recherches archéologiques et historiques ; des travaux de synthèse et des observations de terrain montrent la permanence de cette desserte dans le secteur de Reims vers Charleville-Mézières[43],[44],[45].
Le traité de Verdun de , qui consacre la partition de l’Empire de Charlemagne, fixe la Meuse comme frontière entre la Francie occidentale et la Francie médiane[46]. La Francie médiane est rapidement divisée, notamment en Lotharingie au nord. Le pagus Castricius (Castrensis pagus), cité par les sources carolingiennes, relève alors de la Lotharingie[47],[48],[49].
Mézières
- La tour du mess des lieutenants.
- La tour du roy.
- La porte neuve et la tour Cauchiette.
Mézières quant à elle aurait été fondée en 899[50]. L'étymologie du nom Mézières vient du latin Maceriae dont la signification peut être ruines ou fortifications[51].
Castrice fut détruite par le feu au Xe siècle ; Erlebade, comte de Castrice, fit reconstruire à proximité une enceinte autour de la motte castrale sur laquelle s'élevait un château disparu. Ces remparts modernisés au XVIe siècle sont conservés sur presque un tiers de leur longueur d'origine. Il en reste la porte de Bourgogne, la tour du Roy, la porte du Theux, la tour Milard et quelques tronçons d'anciennes murailles. La citadelle qui date des guerres de religion (1591 et années suivantes) et la ville se trouvent sur la rive droite de la Meuse, elles dépendent cependant des rois de France en raison des méandres parcourus par le fleuve autour du site.
Mézières
| |

Une église dédiée à Notre-Dame est construite de 1499 à 1611 et, en , y est célébré le mariage de Charles IX et d'Élisabeth d'Autriche. L'édifice devient basilique en 1946. Des restaurations sont entreprises ensuite avec notamment des vitraux de René Dürrbach, collaborateur de Pablo Picasso. Des restaurations sont effectuées sur le portique sud au cours des années 2010.
En 1521, Bayard défend la ville de Mézières contre les troupes impériales de Charles Quint.
Le siège de 1521 a eu une conséquence importante sur le développement de la ville. Il a, en effet, démontré l'importance de la place de Mézières pour la défense du royaume. La ville devient une citadelle enfermée dans un système de défense important entravant son développement. Lorsque Charles de Gonzague crée en 1606 la ville nouvelle de Charleville sur les terres de sa principauté souveraine d'Arches, cette ville de Mézières voit par contre sa population passer rapidement de 1 600 chefs de famille à 200.
Arches et Charleville
L'existence de la petite cité d'Arches est bien antérieure à celle de la ville de Charleville, et même celle de Mézières : la localité est peuplée à partir de l'époque gallo-romaine, mais surtout au début de la dynastie carolingienne (avant 800). Les historiens se divisent quant à l'origine du nom Arches : l'existence d'un pont muni de plusieurs arches qui rejoignait la rive de l'actuel Mont-Olympe pourrait l'expliquer[52]. Arches se situait au nord-ouest de l'actuelle place Ducale, à l'emplacement des rues Jean-Baptiste-Clément, Noël, Condé, Baron-Quinart, Daga, de l'Orme, d'Euskirchen (construite sur l'ancienne cour de Neuville) et la place de Condé.

Le , le jour même de ses 26 ans, Charles de Gonzague, duc de Nevers et de Rethel, décide la création de Charleville pour en faire la capitale de sa nouvelle principauté souveraine d'Arches, appuyée sur son duché de Rethel et sur l'antique comté de Castrice.
Le lieu choisi est situé à environ 45 km au nord de l'ancienne capitale Rethel, dans un double méandre de la Meuse. La citadelle de Mézières occupe déjà l'accès à la boucle la plus au sud, en rive gauche. La cité de Charleville se trouve un peu plus au nord dans le méandre suivant, à côté du hameau d'Arches ; une forteresse située au nord et en regard de Charleville, à l'emplacement même de l'ancienne Castrice, dans la deuxième boucle, en assure la défense.
L'intérêt de l'emplacement de la nouvelle cité est qu'elle se trouve sur le territoire de l'ancien comté de Castrice, dépendant du Saint-Empire romain germanique et donc libérée des règles économiques du royaume de France. Cependant, l'activité de Mézières est asphyxiée par le statut de ville de garnison et par la contrainte de commercer avec le royaume. Les négociants de Mézières qui s'installent à Charleville ont toute latitude pour commercer avec les villes au nord telles que Dinant, Charleroi, Namur et Liège et surtout ne sont pas soumis à la gabelle. Comme la petite localité d'Arches compte seulement 300 habitants, la création de la nouvelle ville ne rencontre pas de réelles contraintes urbanistiques.
Outre son désir d'afficher son rang de prince souverain, Charles de Gonzague, fervent catholique, entend faire de sa nouvelle capitale un bastion de la Contre-Réforme : la nouvelle cité ducale est ainsi destinée à rivaliser avec Sedan, autre capitale princière mais devenue fief protestant. Charles fait appel à l'architecte Clément II Métezeau, frère de Louis Métezeau, architecte de la place Royale (place des Vosges) à Paris. Les travaux commencent d'ailleurs par la place Ducale, très apparentée à la place des Vosges. Près de 35 ans seront nécessaires pour en faire une ville digne de ce nom.
La cité neuve, élevée selon un plan en damier dit plan hippodamien, construite en ardoises bleues, pierres de taille ocre, briques rouges, devient très vite le nouveau centre économique de l'Ardenne. Ces trois couleurs se retrouvent sur l'étendard de la ville (bleu, jaune, rouge).
Charleville
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Charleville et Mézières
Le développement de Charleville
En 1608, Charles III déclare Charles-ville « capitale » de sa principauté souveraine d'Arches et cité monacale, ce qui lui permet d'étendre son influence dans le Nord de l'Europe.
En 1611, Charles III acquiert, des princes de Conti, le mont Castelet c'est-à-dire la colline qui fait face à Charleville et où se situait la cité gallo-romaine de Castrice. Il la renomme « Mont Olympe » et elle est, dans un premier temps, le symbole de la cité et de la principauté. Elle devient ultérieurement, après la destruction de la citadelle en 1686, en même temps que les fortifications de la cité, le village de Montcy-Saint-Pierre, aujourd'hui intégré à la ville.
Un nombre important d'édifices consacrés et de constructions civiles voient le jour :
- en 1612, la citadelle du mont Olympe dont les travaux dureront jusqu'en 1635 ;

- en 1616, un collège de jésuites ;
- en 1620, un couvent de carmélites,
- en 1620 également, l'église des capucins ;
- en 1622, un couvent du Sépulcre ;
- en 1623, le grand prieuré de la Milice chrétienne qui sert d'hôpital ;
- en 1624, un pont qui relie la ville et le mont Olympe ;
- en 1626, un moulin banal ;
- en 1627, la chapelle du collège des jésuites.
En 1627, à la suite de l'extinction de la branche aînée des Gonzague à Mantoue, Charles part pour l'Italie. Il ne revient jamais à Charleville. À la suite de ce départ, les travaux du palais ducal sont interrompus. Il n'est jamais achevé.
L'existence d'une petite principauté souveraine à sa frontière nord est une épine dans le pied de la monarchie française qui n'a de cesse d'en réduire l'importance. Louis XIII achète le Mont-Olympe en 1629. L'atelier monétaire est fermé en 1656 et les fortifications bastionnées sont détruites en 1686.
Les successeurs de Charles ne s'intéressent que peu à leur principauté. Charles III n'y fait que de brefs séjours et Ferdinand-Charles n'y vient qu'une seule fois, pour en obtenir un soutien financier. À sa mort, en 1708, la principauté échoit à un prince français, Henri-Jules de Bourbon-Condé, prince de Condé.
Tout cela n'empêche pas Charleville de prospérer. En 1667 commence l'activité d'une grande manufacture d'armes qui en 1675 devient manufacture royale.
En , Pierre Ier de Russie fit étape à Charleville au cours de son voyage en Europe occidentale. Une délibération du dans les archives municipales atteste la préparation de son accueil[53],[54]. Le tsar arriva dans la soirée du 22 ou , fut salué par des salves et logé rue de Flandre, dans la maison de l’avocat général du bailliage. Le lendemain, il visita la manufacture d’armes de Charleville, alors l’une des plus importantes d’Europe[55]. Les comptes communaux mentionnent une dépense de 455 livres et 13 sols pour la collation qui lui fut offerte et de 4 327 livres pour l’hébergement, accompagnées de l’affrètement d’une barque sur la Meuse pour le conduire vers Liège et Spa[56]. Il quitta Charleville par voie fluviale et arriva à Spa le , comme le rappelle la commémoration du tricentenaire en 2017[57].
En 1748, sur proposition de Nicolas de Chastillon, commandant de la citadelle de Charleville, au comte d'Argenson, secrétaire d’État à la Guerre, l'École royale du génie de Mézières est créée : cet établissement, essentiellement destiné aux jeunes gentilhommes, forme l'essentiel des ingénieurs militaires jusqu'au Premier Empire.
Révolution française
Les massacres de Septembre font une victime à Charleville : le commandant de la place est tué le par les volontaires du 3e bataillon de Seine-et-Oise, sur l’accusation de trahison[58].
XIXe et XXe siècles
La ville s'est surtout développée aux XIXe et XXe siècles grâce à l'industrie métallurgique (nombreuses petites usines et ateliers) ; les noms les plus connus étant certainement Adolphe Clément-Bayard, les établissements Deville (Charleville) et plus récemment Citroën. La ville accueillait l'étape du circuit de l'Est sur le terrain d'aviation de Villers-Semeuse.
La ville a souffert lors de chaque conflit. Lors de la Guerre franco-allemande de 1870, elle a été le théâtre proche de la chute du Second Empire à Sedan. Lors de la Première Guerre mondiale, elle a abrité le quartier général du Kronprinz (prince héritier allemand) et a dû subir des bombardements notamment place de l'Hôtel-de-Ville à Mézières où la mairie et l'hôpital ont été détruits. Le nouvel hôtel de ville a été inauguré en 1933 par le président de la République Albert Lebrun, dont l'épouse était originaire de Mézières, en style Art déco et le nouvel hôpital s'est appelé Manchester en hommage à la ville britannique qui participa à sa construction, le lord maire de la ville avait d'ailleurs aussi participé à son inauguration la même année.
Lors de la Seconde Guerre mondiale, la ville étant presque vidée de ses habitants dès le début du conflit (ordre d'évacuation oblige), le quartier de la place de Nevers a brûlé pendant plusieurs jours sans que les pompiers interviennent ; il en est de même de la synagogue du XVIIIe siècle, bombardée.
En , la ville est victime des bombardements américains. Le dimanche , devant la basilique Notre-Dame-d'Espérance, toute une famille a été fauchée, ainsi que deux jeunes communiantes. Les habitations autour de la place de l'église sont touchées. Le jeudi 11, plusieurs immeubles sont détruits et une famille de six personnes périt ensevelie[59].
À chaque conflit mondial, la ville et sa région étaient déclarées « zone de peuplement » (1er conflit), littéralement colonie, ou « zone interdite » (2e conflit), ce qui ne facilita pas le ravitaillement et la circulation des biens et des personnes. Les Ardennes ont été, avec le Bas-Rhin, le seul département de France à appliquer l'ordre d'évacuation (chaque commune du département était jumelée avec une commune des Deux-Sèvres), durant lequel le train transportant la plupart des archives départementales a été bombardé.

En 1965, Mézières et Le Theux fusionnent, suivies en 1966 de Charleville, Etion, Montcy-Saint-Pierre et Mohon, pour former Charleville-Mézières, malgré l'intégration de Mohon à la ville réunie, la commune a conservé sa gare.

La vallée de la Meuse a été soumise à plusieurs crues majeures. En , la hauteur de la Meuse au barrage de Mézières a été relevée à 5,10 m[60]. En , une nouvelle crue porta ce niveau à 5,78 m, battant les précédents records[60]. En , la Meuse atteignit 6,30 m, provoquant des dégâts significatifs dans l'agglomération carolomacérienne[60]. Ces épisodes ont conduit à renforcer les mesures de protection et à la création, en 1996, de l’Établissement public d’aménagement de la Meuse et de ses affluents (EPAMA), chargé de coordonner la prévention des inondations dans le bassin[61].
XXIe siècle
Depuis 2008, des travaux de ré-urbanisation sont déployés dans tous les quartiers de la ville. De nombreux changements sont prévus pour rendre la ville plus attrayante et pour augmenter le confort des habitants. De nombreuses maisons seront construites pour créer de nouvelles rues. La ville a annoncé la création d'un campus sur l'actuel site du Moulin-Leblanc au sud de la ville[62]. Ce campus entre dans sa première phase de construction en 2017 et il est inauguré en . Il ne s'agit néanmoins que de la 1re étape d’une stratégie de long terme à l'horizon 2027[63] qui doit abriter 4 000 étudiants dans un premier temps.
Depuis 2009, le Festival mondial des théâtres de marionnettes se tient tous les deux ans[64].
Politique et administration
La commune de Charleville-Mézières a été créée en 1966 par regroupement de cinq communes qui formaient une même agglomération : Charleville, Étion, Mézières (chef-lieu du département), Mohon et Montcy-Saint-Pierre. Une autre commune, Le Theux, avait déjà été rattachée à Mézières en 1965.
Rattachements administratifs et électoraux
Rattachements administratifs
La commune est le chef-lieu de l'arrondissement de Charleville-Mézières et le chef-lieu du département des Ardennes.
Elle était le chef-lieu de 1800 à 1973 du canton de Charleville, année où sont créés les cantons de Charleville-La Houillère, de Charleville-Centre et de Nouzonville[65].
Il existait également jusqu'en 1973 le canton de Mézières, supprimé par le même décret qui a créé les cantons de Mézières-Centre-Ouest et de Mézières-Est[66].
Dans le cadre du redécoupage cantonal de 2014 en France, cette circonscription administrative territoriale a disparu, et le canton n'est plus qu'une circonscription électorale.
Rattachements électoraux
Pour les élections départementales, la commune est depuis 2014 le bureau centralisateur des quatre cantons suivants : Charleville-Mézières-1, Charleville-Mézières-2, Charleville-Mézières-3 et Charleville-Mézières-4
Pour l'élection des députés, elle fait partie pour partie de la première circonscription et pour le surplus de la deuxième circonscription des Ardennes.
Intercommunalité
Le , la communauté d’agglomération de Charleville-Mézières est créée sous le nom de Cœur d'Ardenne, et regroupe le chef-lieu et sept communes voisines pour un ensemble de plus de 75 000 habitants. Disposant de compétences propres et d’une autonomie budgétaire, la communauté d'agglomération a pour but le développement économique du bassin de vie et une plus grande cohérence dans l’aménagement du territoire. Le président de la communauté d’agglomération a été élu le de la même année par le conseil communautaire de cette nouvelle collectivité territoriale.
Le , Cœur d'Ardenne a fusionné avec la communauté de communes du Pays sedanais, la communauté de communes des Balcons de Meuse et la communauté de communes du pays des Sources au Val de Bar pour former Ardenne Métropole. Cette nouvelle communauté d'agglomération, regroupe désormais 64 communes rassemblant 132 029 habitants au total, ce qui la place au sixième rang des agglomérations de la nouvelle région Grand-Est en nombre d'habitants.
Tendances politiques et résultats
En 2014, la mairie carolo-macérienne, bastion socialiste depuis sa fusion en 1966, passe à droite. Le jeune maire LR Boris Ravignon sort alors vainqueur du second tour avec 54,94 % des voix face à ses concurrents mais avec une très forte abstention. Ses adversaires, le maire socialiste sortant Philippe Pailla et le candidat frontiste Guillaume Luczka obtiennent respectivement 33,88 % et 11,18 % des suffrages[67], un département qui avait placé François Fillon (73,06 %) loin devant Alain Juppé au second tour de la primaire de la droite[68].
Au premier tour des élections municipales de 2020 dans les Ardennes, la liste LR-UDI-LREM-MoDem conduite par le maire sortant Boris Ravignon obtient la majorité absolue des suffrages exprimés, avec 6 992 voix (77,61 %, 40 conseillers municipaux élus, dont 29 communautaires), devançant largement les listes conduites respectivement par[69],[70] :
- Sylvain Dalla Rosa (PCF-PS-G.s, 1 103 voix, 12,24 %, 2 conseillers municipaux et communautaires élus) ;
- Christophe Dumont (EELV-LFI, 691 voix, 1 conseiller municipal et communautaire élu) ;
- Mink Takawe (LO, 222 voix, 2,46 %, pas d'élus)
lors d'un scrutin marqué par la pandémie de Covid-19 en France où 68,26 % des électeurs se sont abstenus.
- Récapitulatif des résultats électoraux sur les 10 dernières années
| Scrutin | 1er tour | 2d tour | |||||||||||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 1er | % | 2e | % | 3e | % | 4e | % | 1er | % | 2e | % | 3e | % | ||||||||
| Municipales 2014 | UMP | 46,72 | PS | 30,42 | FN | 15,87 | EXG | 3,05 | UMP | 54,94 | PS | 33,88 | FN | 11,18 | |||||||
| Européennes 2014[71] | FN | 24,88 | UMP | 24,31 | PS | 16,17 | UDI | 9,39 | Tour unique | ||||||||||||
| Régionales 2015[72] | FN | 30,05 | LR | 28,82 | PS | 19,66 | EELV | 5,95 | LR | 48,84 | FN | 30,03 | DVG | 21,12 | |||||||
| Présidentielle 2017[73] | FN | 24,38 | LFI | 22,04 | EM | 21,97 | LR | 16,43 | LREM | 62,95 | FN | 37,05 | Pas de 3e | ||||||||
| Européennes 2019[74] | RN | 28,67 | LREM | 19,73 | EELV | 11,22 | LR | 7,55 | Tour unique | ||||||||||||
| Municipales 2020[75] | LR | 77,61 | DVG | 12,24 | EELV | 7,67 | EXG | 2,46 | Tour unique | ||||||||||||
| Présidentielle 2022[76] | RN | 25,79 | LREM | 25,52 | LFI | 25,18 | REC | 6,43 | LREM | 56,14 | RN | 43,86 | Pas de 3e | ||||||||
| Européennes 2024 | RN | 34 | RE | 13,6 | PS | 12,9 | LFI | 12,4 | Tour unique | ||||||||||||
| Municipales 2026 | DVD | 65,91 | UG | 20,15 | IDL | 9,77 | LO | 2,49 | Tour unique | ||||||||||||
Le conseil municipal
Le conseil municipal est issu des élections municipales de 2020, donnant une large majorité au maire sortant, Boris Ravignon.
| Maire | |||
| Boris Ravigon (LR) | |||
| Nuance | Sigle | Élus | |
| Majorité (40 sièges) | |||
| Divers droite | DVD | 20 | |
| Les Républicains | LR | 10 | |
| Renaissance | RE | 4 | |
| Horizons | HOR | 2 | |
| Mouvement démocrate | MoDem | 1 | |
| Divers gauche | DVG | 1 | |
| Opposition (3 sièges) | |||
| Parti communiste français | PCF | 1 | |
| Génération.s | G.s | 1 | |
| Les Écologistes | EELV | 1 | |
Liste des maires
Jumelages
Charleville est jumelée avec de nombreuses villes comme Nevers dans la Nièvre et Mantoue en Italie, deux villes dont Charles Gonzague était duc.
Dans le cadre des activités culturelles sur le thème de Rimbaud, des liens forts ont été tissés avec Harar en Éthiopie.
Population et société
Classement démographique
| Zones | Population | Surface (km²) | Densité (/km²) | croissance 1999-2008 |
| Agglomération de Charleville-Mézières | ||||
| Charleville-Mézières | 50 876 | 31 | 1 618 | - 8,30 % |
| Unité urbaine | 61 899 | 75 | 821 | - 7,09 % |
| Aire urbaine | 106 747 | 962 | 111 | - 2,87 % |
| Ardennes | ||||
| Ardennes | 284 197 | 5 229 | 54 | - 2,04 % |
Selon les données de l’Insee, la population de la ville de Charleville-Mézières s'établit à 49 975 habitants au recensement de la population du (population municipale).
Avec une superficie communale de 3 144 hectares, la densité de population s'élève à 1 618 habitants par km², ce qui en fait la ville la plus densément peuplée du département des Ardennes.
En 2008, l’unité urbaine de Charleville-Mézières, qui s'étend sur huit communes[N 1], regroupe 61 899 habitants et se classe au 1er rang départemental[92], et son aire urbaine, incluant les communes périurbaines situées dans la zone d’influence forte de la ville, rassemble 106 747 habitants[93].
Ces différentes données font de Charleville-Mézières non seulement la ville la plus peuplée du département des Ardennes, où elle devance Sedan, la deuxième ville du département, mais également l'aire urbaine où elle occupe le premier rang, regroupant plus du tiers de la population départementale avec une proportion de 37,6 % en 2008.
Au niveau régional, elle occupe invariablement la troisième place en Champagne-Ardenne aussi bien au niveau de la ville intra-muros où elle se classe après Reims et Troyes mais avant Châlons-en-Champagne, la capitale régionale, qu'au plan de son unité urbaine et de son aire urbaine.
Évolution démographique
L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de plus de 10 000 habitants les recensements ont lieu chaque année à la suite d'une enquête par sondage auprès d'un échantillon d'adresses représentant 8 % de leurs logements, contrairement aux autres communes qui ont un recensement réel tous les cinq ans[94],[Note 4].
En 2023, la commune comptait 45 560 habitants[Note 5], en évolution de −1,87 % par rapport à 2017 (Ardennes : −2,81 %, France hors Mayotte : +2,36 %).
L'évolution très forte entre 1962 et 1968 n'est pas anormale et est essentiellement due à la fusion en de Charleville avec Mézières et différentes communes, pour devenir Charleville-Mézières.
Pyramide des âges
En 2021, le taux de personnes d'un âge inférieur à 30 ans s'élève à 35,4 %, soit au-dessus de la moyenne départementale (32,7 %). À l'inverse, le taux de personnes d'âge supérieur à 60 ans est de 29,1 % la même année, alors qu'il est de 29,2 % au niveau départemental.
En 2021, la commune comptait 21 963 hommes pour 24 435 femmes, soit un taux de 52,66 % de femmes, légèrement supérieur au taux départemental (51,15 %).
Les pyramides des âges de la commune et du département s'établissent comme suit :
Enseignement
La ville dispose de 23 écoles primaires, 12 groupes scolaires (maternelle et primaire confondues), ainsi que de 3 écoles privées (maternelles et primaire confondues).
En ce qui concerne les collèges, ils sont au nombre de 8 pour les collèges publics et de 2 pour les collèges privés.
Charleville-Mézières compte plusieurs lycées :
- Le lycée Chanzy. Le lycée de Charleville a été aménagé en 1876 dans les anciennes écuries impériales à la suite de l’incendie du collège de la place du Saint-Sépulcre. En 1893, un agrandissement a été nécessaire pour accueillir le premier lycée d'État du département des Ardennes baptisé « lycée Chanzy » par décret du président Sadi Carnot. Pendant la Première Guerre mondiale, les bâtiments ont été utilisés à des fins d’infirmerie et de prison par les troupes d’occupation. Pendant toute la durée de la Seconde Guerre mondiale le lycée a été occupé par les soldats allemands, puis par les prisonniers français[96]. La moyenne de réussite au bac en 2006 toutes sections confondues s'élève à 91,6 %[97] ;
- Le Lycée Madame de Sévigné créé en 1882 comme lycée de jeunes filles. À la suite d'un incendie en 1967, le lycée Madame de Sévigné est reconstruit par l'architecte Jean Faugeron, qui venait de bâtir le pavillon français de l'exposition universelle de Montréal. Il conçoit une barre à structure poteaux/poutres en béton armé de deux étages, couverte d'un toit plat. En 2008, s'ajoute un bâtiment réalisé par l'agence Thiénot-Ballan-Zulaica qui reprend l'esthétique de celui de Jean Faugeron. Ce bâtiment est aussi labellisé architecture contemporaine remarquable (ACR) depuis les années 2011[98] ;
- Le lycée François-Bazin. Il forme de nombreux élèves à différents BTS, de nombreuses séries de génie, les spécialités restent la plasturgie et la fonderie, etc.
- Le lycée professionnel des métiers du bâtiment Charles de Gonzague, anciennement Armand-Malaise (du nom d'un instituteur, chef de la résistance dans les Ardennes pendant la Seconde Guerre mondiale). Lycée ouvert en (sous le nom du lycée du Bois-Fortant à l'époque puis sous le nom Armand-Malaise en 1981).
- Autres lycées : lycée d’enseignement professionnel d’Étion, lycée Monge, lycée privé Saint-Paul (issu de la fusion des lycées privés Notre-Dame et Saint-Remi).
Charleville-Mézières, reconnue capitale mondiale de la marionnette avec son Festival mondial des théâtres de marionnettes, accueille également un centre international important de formation et de recherche dans le domaine de la marionnette : l'Institut international de la marionnette[99], situé place Winston-Churchill juste à côté du Musée de l'Ardenne. Il a été créé en 1981. Partie intégrante de l’Institut, l'École nationale supérieure des arts de la marionnette (ESNAM)[100], fondée en 1987, accueille des étudiants du monde entier pour les former au métier de comédien-marionnettiste (DNSPC, diplôme national supérieur professionnel de comédien, spécialité acteur-marionnettiste).
Enseignement supérieur
Campus Sup Ardenne

Charleville-Mézières dispose également de plusieurs antennes de l'Université de Reims-Champagne-Ardenne (URCA) et d'une école de commerce du Pôle formation de la CCI des Ardennes regroupées sur le Campus Sup Ardenne :
- une antenne de l'Institut national supérieur du professorat et de l'éducation (INSPE) ;
- d'une antenne de l'Institut universitaire de technologie de Reims-Châlons-Charleville (3 diplômes universitaires de technologie (DUT), 4 licences professionnelles, 375 étudiants en 2019 sur le site de l'IUT à Charleville) ;
- d'une école d'ingénieurs en sciences industrielles et numérique (EiSINe) — anciennement institut de formation technique supérieure (IFTS)[101] — de l'Université de Reims-Champagne-Ardenne (URCA).
Charleville-Mézières dispose aussi d'un centre régional d'innovation et de transfert de technologie (CRITT) : CRITT-MDTS, créé en 1984, qui est un centre de recherche et d'expertise, spécialisé dans les matériaux, dépôts et traitements de surface).
Le centre de formation de la CCI Ardennes à Charleville-Mézières dispose également de plusieurs écoles de commerce (EGC, ISCEE, Nogoventis), et d'une formation de développeur web et application mobile : Simplon.
Autres centres d'enseignement supérieur
Charleville-Mézières dispose aussi d'un Institut de formation en soins infirmiers (IFSI)[102] et d'un Institut de formation d'aides-soignants (IFAS)[103].
En 2009, l'organisme de gestion de l'établissement d'enseignement supérieur privé Institut Supérieur International de Leadership (INSIL)[104], vient établir son siège à Charleville-Mézières. L'institut est actif dans le domaine des formations diplômantes en direction. Les cours sont dispensés principalement en enseignement à distance, à des élèves résidant dans le monde entier. Depuis 2021 l'INSIL assure également l'égide de l'école Jean-Paré qui est une entité d'enseignement supérieur d'artisanat d'art, hautement spécialisée, puisqu'active spécifiquement dans les formations préparant aux métiers de malletier en conception et fabrication de malles, et de conservation-restauration de malles de voyage antiques. Jean-Paré est jumelée à l'école Nicolas Gilbert de Belgique, formant ainsi la binationale École des Malletiers Paré & Gilbert.
Sports
La commune de Charleville-Mézières dispose de deux équipes de basket.
L'Étoile de Charleville-Mézières évolue en Nationale masculine 1. La ville compte également une équipe féminine : les Flammes Carolo basket, équipe de ligue féminine qui est l'une des cinq meilleures de l'hexagone et qui dispute régulièrement la coupe d'Europe[105]. Ces clubs jouent tous les deux dans l'enceinte flambant neuve de l'Aréna (3 000 places) depuis la saison 2015-2016.

De même elle dispose d'un club de canoë-kayak : Charleville-Mézières Canoë-Kayak, qui depuis plusieurs années évoluent dans le haut niveau.
En football l'Olympique Charleville Neufmanil Aiglemont (anciennement Olympique football club Charleville) a eu aussi son heure de gloire : en 1936 il atteint la finale de la Coupe de France alors qu'il évoluait en division 2. Il est battu par le RC Paris sur le score de 1-0. L'Olympique était encore en division 2 dans les années 1990, avant d'être rétrogradé en National. Après sa liquidation judiciaire, un nouveau club a été fondé, portant le même nom ; il évolue en Division d'Honneur lors de la saison 2016-2017. Depuis 2018, le club s'appelle Olympique Charleville Neufmanil Aiglemont, réduit sous l'acronyme OCNA[106].
En gymnastique, le club de la Jeanne d'Arc[107] a été champion de France à Saint-Étienne en 2009 et a terminé en troisième place en 2010 à Limoges.
Avec les Wildboars Charleville Mézières, la ville compte un club permettant la découverte ou la pratique du football américain.
La ville compte plusieurs piscines dont le centre aquatique du Mont-Olympe. Charleville a été élue ville la plus sportive de France par le journal L'Équipe en 2004.
Entre 2001 et 2009, la ville a accueilli le critérium international de la route.
Depuis , le roller hockey est de retour dans la ville de Charleville-Mézières, avec une équipe senior engagé en Nationale 4. Ils terminent la saison 2015-2016 à une très honorable 4e place ex æquo avec le 3e.
Charleville-Mézières est également la ville du patinage de vitesse (également appelé le short track). La cité Carolo compte deux prestigieux patineurs de renommée mondiale, Véronique Pierron et Ludovic Mathieu sélectionneur de l'équipe de France.
Santé
Charleville-Mézières est desservie par le Centre hospitalier intercommunal Nord Ardennes (CHI NA), qui regroupe les sites de Charleville-Mézières, Sedan, Fumay et Nouzonville. En 2024, il dispose de 1 401 lits et places répartis entre la médecine, la chirurgie et l’obstétrique, les soins de suite et de réadaptation, les unités de soins de longue durée et les structures d’hébergement pour personnes âgées dépendantes[108].
Le centre hospitalier Bélair, spécialisé en psychiatrie, fait l’objet d’un programme de reconstruction lancé en 2025, prévoyant la modernisation complète de ses unités et la création de nouveaux espaces dédiés aux patients et au personnel[109].
Médias
Presse locale
- L'Ardennais : journal local quotidien du département. Il appartient au Groupe Rossel[110],[111].
- L'Union : journal régional quotidien. Son siège est à Reims et paraît dans les départements de la Marne, des Ardennes et de l'Aisne. Lui aussi appartient au Groupe Rossel[112],[113].
Radios locales
- RVM (Radio Val de Meuse) (88.6 FM) : radio locale commerciale des Ardennes. Ses studios sont situés cours Aristide-Briand à Charleville-Mézières. Elle émet aussi à Sedan sur 105.3, à Monthermé sur 101.5 et à Revin sur 107.1[114],[115].
- Radio Bouton (90.6 FM) : radio associative de Boutancourt[116],[117]. Elle est implantée dans un centre médico-éducatif.
- Radio 8 (91.2 FM) : L'autre radio commerciale des Ardennes. Ses studios sont à Sedan (98.6 FM), sur le quai de la Régente. Elle émet aussi à Rethel sur 93.3 et à Vouziers sur 91.6[118],[119].
- RCF Reims-Ardennes (94.6 FM) : radio locale chrétienne du diocèse de Reims. Elle possède un studio carolomacérien dans la Maison Jules-Bihéry[120],[121].
- Contact FM (96.6 FM) : radio régionale commerciale du Nord-Pas-de-Calais. Elle appartient au Groupe La Voix[122],[123].
- Ici Champagne-Ardenne (100.9 FM) : radio locale publique de la région. Ses studios sont à Reims[124],[125].
- Champagne FM (102.2 FM) : radio régionale commerciale. Elle émet des Ardennes à Saint-Dizier, dans la Haute-Marne. Ses studios sont à Reims et elle appartient au Groupe La Voix[126],[127].
Télévision
France 3 Champagne-Ardenne est présente à Charleville grâce à un bureau local situé au 34 rue de la Porte-de-Bourgogne. Elle émet grâce aux sites TDF de la Pointe à Sury qui diffuse tous les multiplexes TNT et du chemin de la République à Montcy-Notre-Dame qui les diffuse tous sauf le multiplex R3 (Canal+, LCI...)[128],[129],[130].
Économie
L'économie de Charleville-Mézières repose sur plusieurs secteurs clés, notamment la métallurgie, la construction mécanique, l'agroalimentaire et le Tertiaire[131],[132],[133],[134].
La ville abrite le siège de l’Agence nationale des titres sécurisés, l'agence publique unique chargée de la délivrance des titres sécurisés en France[135].
Parmi les principaux employeurs publics, on compte le centre hospitalier Manchester et la municipalité, tandis que dans le secteur privé, des entreprises comme Hanon Systems (anciennement Visteon) et des bailleurs sociaux, tels qu’Habitat 08, jouent un rôle important[132],[136],[137],[138].
Charleville-Mézières accueille également une antenne de la Chambre de commerce et d'industrie des Ardennes, qui gère l’aérodrome situé à Belval[139],[140].
En 2021, la médiane du revenu disponible par unité de consommation s’élevait à 18 380 €, valeur inférieure à la médiane nationale de 23 080 € pour la même année[134],[141].














