Mahi Binebine
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Mahi Binebine est né en 1959 à Marrakech, il est le benjamin d’une fratrie de cinq enfants, dont deux sœurs jumelles. De son enfance, il se souvient de l’énergie revitalisante de la « Ronde des conteurs » où il s'arrêtait sur le chemin de l’école[1]. De 1971 à 1991, son frère Aziz est incarcéré au bagne de Tazmamart[2].
Des figures familiales apparaissent dans ses romans, notamment dans Les Funérailles du lait (1994) : sa mère Mamya, son frère Aziz, sa grand-mère. La famille était monoparentale, la mère travaillait comme secrétaire au ministère des Finances jusqu’à devenir directrice d’un service, cependant la famille était « pauvre ». Le frère Aziz devient l’officier Abel, « l’Absent » dans Le Fou du roi (2017). Trois femmes proches, décédées, réapparaissent dans La nuit nous emportera (2025) : la mère, la servante noire Johara, et la grand-mère qui dirigeait une grande ferme proche d’el Kelaâ[1].
Il s'installe à Paris en pour y poursuivre ses études de mathématiques. Il enseignera cette discipline durant huit ans[3].
Il se consacre ensuite à l'écriture et à la peinture. Il habite à New York de 1994 à 1999, ses peintures font partie de la collection permanente du musée Solomon-R.-Guggenheim de cette ville. Il revient s'installer définitivement à Marrakech en 2002 et partage son temps entre la France, le Maroc et les États-Unis.
À la suite des attentats de Casablanca du , Nabil Ayouch et Mahi Binebine créent la « Fondation culturelle Ali Zaoua », visant l’insertion psychosociale et économique des jeunes marocains issus de milieux défavorisés grâce à la pratique artistique et culturelle. Le premier centre culturel de proximité « Les Étoiles » est inauguré en 2014 à Sidi Moumen, un arrondissement de Casablanca[4]. En 2025, le Maroc compte huit centres éducatifs de ce type[1].
En 2022, il est l’un des créateurs du Festival du livre africain de Marrakech, avec Younès Ajarraï, Fatimata Wane et Hanane Essaydi[1].
Mahi Binebine a trois filles : Mina, Sarah et Dounia[5].
Carrière artistique
Cannibales (paru en 1999), Pollens (2001, prix de l'amitié franco-arabe) et Terre d'ombre brûlée (2004) ont été traduits en plusieurs langues[6].
Le roman Les Étoiles de Sidi Moumen publié en 2010 raconte l'histoire de jeunes hommes d'un bidonville situé à Sidi Moumen[7], cette fiction est inspirée des attentats de 2003, elle montre le chemin parcouru par des jeunes vers le terrorisme. Le film Les Chevaux de Dieu de Nabil Ayouch (2012) est basé sur le roman de Bibebine.
Il expose en 2014 au musée de la Palmeraie à Marrakech.
Il expose en 2020-2021 à la galerie Comptoir des mines à Marrakech. Sous le titre « Horizons obliques », les visiteurs sont invités à méditer sur la situation mondiale post Covid-19, sur la coexistence et la solidarité[8].
En 2024, il est initialement choisi comme commissaire d'exposition chargé de la préparation du premier pavillon marocain à la Biennale de Venise, puis remplacé[9].
Mahi Binebine offre en 2024 au musée de Gorée une peinture géante intitulée Dans le même bateau. En 2025, il commente : « J’aurais pu la nommer Dans la même galère »[1].
Prix et reconnaissances
Le premier roman de Mahi Binebine, Le Sommeil de l'esclave (Stock, 1992), a obtenu le prix Méditerranée[10].
En 2001, le roman Polens reçoit le prix de l'amitié franco-arabe.
En 2010, il reçoit pour Les Étoiles de Sidi Moumen le premier prix de La Mamounia (en) (qui a existé de 2010 à 2015) et le prix du roman arabe[11].
En , il est lauréat du Trophée de la Diplomatie publique remis à Rabat (secteur culture), pour sa contribution au rayonnement du Maroc à l'étranger[12].
Son livre Rue du Pardon paru en 2019 est sélectionné par le jury du prix Renaudot[13].
