Maison E. Lelong
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La Maison E. Lelong, appelée également Éditions E. Lelong ou Librairie E. Lelong, est une maison d’édition et une librairie spécialisée dans les œuvres musicales et théâtrales.
Fondé en 1901 par Élisabeth Lelong, cet établissement se situe successivement au no 40 et au no 33 de la rue des Pierres à Bruxelles. Son activité perdure jusque dans les années 1990[1] grâce à la gestion de Michette Lelong, fille de la créatrice.
La maison d’édition Lelong semble avoir été fondée par un certain J.A. Lelong, lequel est renseigné comme « imprimeur-éditeur, Libraire des Théâtres royaux, 46, rue des Pierres [1845] »[2]. En effet, plusieurs livrets d’opéras et textes de « comédie-vaudeville » ont été publiés par cet éditeur. L’exemple le plus ancien date de 1833[3].
Lorsqu’elle fonde la maison qui porte son nom, Élisabeth Lelong est l’épouse du célèbre chanteur et comédien bruxellois Nicolas Ambreville (de son véritable nom Nicolas Van Berkel), dont elle a publié certaines œuvres[4]. Le couple aurait eu deux enfants, Lucien Ambreville et Michette Lelong (de son véritable nom Marie-Louise Van Berkel, 1910- ?). Néanmoins, un troisième enfant est évoqué dans la revue française La Rampe[5], datée du , lors de l’annonce du décès du célèbre comédien.
Michette Lelong (alias Marie-Louise Van Berkel), leur fille, reprend la gestion de la Maison E. Lelong à un âge relativement jeune[1] et fait subsister l’activité de cette enseigne, déjà bien connue dans le milieu musical bruxellois, jusque dans les années 1990. En plus de cette fonction, elle compose des chansons, dont la plus célèbre et la plus répandue est sans doute Toute ma vie[6] dont une adaptation en anglais a été réalisée sous le nom Glorius. Elle fréquente et promeut de nombreuses personnalités de la chanson française en Belgique.
Spécialités
La Maison E. Lelong est spécialisée dans le théâtre parlé et la musique. Elle est présentée comme « Librairie théâtrale ancienne et moderne[7] », « Librairie théâtrale ancienne et moderne E. Lelong - Musique de drames et de vaudevilles - Musique d'opérettes - Chan[sons][8] » ou encore « Libraire théâtrale E. Lelong, 33 rue des Pierres 33 - Toutes les pièces jouées dans les théâtres de Bruxelles, toutes les chansons en vogue dans les music-hall, tous les morceaux joués par les orchestres, sont en vente dans cette librairie[9] ».
La dénomination « Librairie théâtrale » et ses variantes ne désignent donc pas seulement la publication et la diffusion d’œuvres purement scéniques mais plutôt une spécialisation dans le domaine de la musique et du théâtre, entrecroisés au sein d’une même œuvre ou autonomes.
E. Lelong, libraire-éditeur
Édition
La Maison E. Lelong publie et commercialise elle-même son propre catalogue. Dans le cadre de cette double mission, la collaboration avec des imprimeurs, des typographes et des lithographes est nécessaire. Par exemple, Élisabeth Lelong s'associe avec E. Guyot[10], typographe et lithographe (situé au no 12, rue Pachéco, Bruxelles) et éd. Biefnot[11], imprimeur (situé au no 37, boulevard Jamar, Bruxelles). Les illustrateurs tels que Valéry Vander Poorten[12] (dit V. Valéry, 1875-1932), Géo, A. Morel[13] et F. Droit ont travaillé pour les éditions E. Lelong.
L'activité de la Maison E. Lelong dépasse la culture francophone car ses éditions sont en français mais aussi en néerlandais. En effet, cinq chansons du catalogue reconstitué (non exhaustif) présentent la dénomination « Brussel, E. Lelong, Uitgever 40, Steenstraat, 40 ». Les deux exemples Chansonnetten en Monologen van Jan de Baets[14] et Ik ben Papa : Kluchtlied[15] sont entièrement composés et présentés en néerlandais. Le cas particulier de Kzou willen da'k ne klijchkop ha![16] se rapproche du brusseleir, un dialecte propre à Bruxelles.
L’expansion de la maison d’édition dépasse le territoire belge. Élisabeth Lelong s’associe à des éditeurs français et suisses. Par exemple, Louis Bousquet[17] (Paris), Michaud[18] (11, boulevard des Italiens à Paris) et Foetisch Frères (Lausanne). À travers son rôle d’éditeur, elle négocie plusieurs contrats d’exclusivité et devient l’homologue belge de plusieurs maisons d’éditions musicales européennes.
Diffusion
La boutique de la Maison E. Lelong (située au no 33, rue des Pierres à Bruxelles) permet à Élisabeth Lelong de diffuser ses propres éditions et des publications d’autres éditeurs[19]. Elle crée un véritable circuit pour vendre sa collection dans d’autres commerces musicaux belges et via la vente par correspondance.
Le Liégeois Joseph Halleux, éditeur et vendeur de partitions (situé au no 27, rue Saint-Gilles) fournit au public liégeois la possibilité d’acquérir des éditions bruxelloises sans devoir se rendre dans la capitale. Il est un relai de la Maison E. Lelong dans la Cité ardente.
En dehors de la Belgique, en France notamment, Élisabeth Lelong est qualifiée de « fournisseur[20] » de partitions. Elle communique avec l’acheteur, dans ce cas-ci Auguste Rondel, via l’envoi de factures et de documents écrits. Ce système de vente à distance ne nécessite pas nécessairement la rencontre entre les deux parties pour conclure la transaction. Le paiement se fait par mandat-poste international sans aucun retour possible des documents envoyés.
Dans le paysage de l’édition musicale et théâtrale, les activités de la Maison E. Lelong sont multiples, diversifiées et étendues au-delà des frontières nationales.
Administration
Élisabeth Lelong gère son commerce et ses commandes grâce à des documents administratifs personnalisés. Des bons de commandes, des cartes postales, des lettres de format A4, des feuillets, etc. sont imprimés avec la dénomination (ou ses variantes) « E. Lelong éditeur » comme en-tête. Le numéro de téléphone, les numéros de comptes bancaires et des données administratives sont également inscrites.
