Maison de Vignory

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Blasonnementrameau (ou créquier) à cinq branches
FondateurRaoul Barbeta
PériodeXe siècle - XIVe siècle
Maison de Vignory
Image illustrative de l’article Maison de Vignory
Armes de la famille

Blasonnement rameau (ou créquier) à cinq branches
Fondateur Raoul Barbeta
Période Xe siècle - XIVe siècle
Allégeance Comté de Champagne
Comté de Bourgogne
Évêché de Langres
Royaume de France
Fiefs tenus Vignory
Laferté-sur-Amance
Demeures Château de Vignory

La maison de Vignory est une famille noble titulaire d'une seigneurie issue du démembrement du comté de Bolenois et par la suite incorporée dans le comté de Champagne, lui-même inclus dans le royaume de France, durant le Moyen Âge central, et dont sont issus plusieurs seigneurs et abbés.

Issus d'un guerrier normand qui a probablement épousé une sœur de l'évêque Lambert de Bassigny, héritier des comtes de Bassigny et de Bolenois, les premiers membres de cette famille s'installent dans le Bolenois dans la première moitié du XIe siècle après le démembrement de ce comté à la mort de l'évêque. Le premier seigneur fait alors bâtir un château fort à Vignory, qui devient le chef-lieu de la seigneurie. Cette forteresse est agrandie par son fils qui élève également un prieuré bénédictin au pied du château qui prend rapidement de l'importance dans la région. Cette famille fonde également d'autres prieurés et maisons-Dieu et compte parmi les bienfaiteurs de l'abbaye de Montier-en-Der à qui elle donne deux abbés.

Tout d'abord vassaux des comtes de Bourgogne et des évêques de Langres, il placent progressivement la mouvance de leur seigneurie sous les comtes de Champagne, à qui ils resteront fidèles en toutes circonstances. Seigneurs peu querelleurs, de nombreux membres de cette famille s'illustrent toutefois pendant les croisades en Terre sainte et plusieurs y trouvent même la mort.

Ils acquièrent par mariage la seigneurie de Laferté-sur-Amance au début du XIIIe siècle, qui devient l'apanage d'une branche cadette. Quant à la branche aîné, elle s'éteint par les mâles à la fin du XIIIe siècle et transmet ses possessions à la maison de Chalon à la suite du mariage de sa dernière héritière.

Étymologie

Le nom du bourg de Vignory vient d'un petit ruisseau qui y prend sa source, la Vangion, et qui se jette dans la Marne deux kilomètres et demi plus loin. Le village est ainsi nommé « Vangionis Rivus » dans un document du IXe siècle[Hum 1], puis par déformation s'est transformé en « Vaugne Rupt »[1] avant de donner la forme moderne de Vignory, qui est donc composé du nom de ce ruisseau suivi de la terminaison toponymique et hydronymique –riva ou –rupt[Hum 2].

Paradoxalement, l'ancien nom de ce ruisseau est maintenant oublié et il est désormais appelé le Rigolot[1].

Quant au nom de Vangion, il pourrait provenir d'un ancien peuple germain provenant des abords de l'actuelle ville de Worms, les Vangions, et qui se serait installé dans la région lors des invasions barbares. Jules César mentionne ce peuple dans ses Commentaires sur la guerre des Gaules[Arb 1].

Toutefois, une autre hypothèse indique que ce nom pourrait provenir de Wangion, un chef barbare à qui Charlemagne aurait donné la région[Hum 2], charge à lui d'y défricher des terrains boisés afin d'y établir une colonie agricole protégée par un camp fortifié[Hum 3].

Ces deux hypothèses ne sont toutefois pas antinomiques l'une avec l'autre, car rien n'empêche d'imaginer que ce seigneur de guerre du nom de Wangion soit le chef de la tribu des Vangions[Hum 2].

Fondation

Carte ancienne montrant un bourg entouré de forêt.
Le bourg de Vignory sur l'Atlas de Trudaine, réalisé au milieu du XVIIIe siècle.

Aucune trace d'occupation gallo-romaine n'a jamais été découverte à Vignory, ce qui pourrait faire dater sa fondation au Haut Moyen Âge. En effet, cette zone géographique est habitée dès le VIe ou VIIe siècle lors de la construction de la chapelle Saint-Hilaire[a], qui porte le titre de basilique dans une charte de 1050, afin d'évangéliser les habitants des environs, c'est-à-dire très probablement des villages voisins de Vignory, Soncourt et Vouécourt[2],[Hum 3].

La première mention du bourg de Vignory date d'une charte de l'an 815 qui rappelle que Charlemagne avait donné son « fief de Vignory avec les églises qui en dépendent » à l'abbaye de Luxeuil et par laquelle son fils Louis le Pieux confirme les donations paternelles. L'authenticité de ce document a été remise en cause par plusieurs historiens du XIXe siècle, mais les faits qu'il décrit concordent en tous points avec ce qui est connu. Il s'agit très probablement d'un vidimus de la fin du Xe siècle dont l'original, alors conservé à Luxeuil, a été brûlé lors de la Révolution française[Arb 2].

Dans l'organisation territoriale carolingienne, Vignory fait partie du pagus Boloniensis, dont le chef-lieu est la ville de Bologne, qui fait partie des pagi de la Bourgogne franque, et qui devient dans le courant du Xe siècle le comté de Bolenois[1].

La tige de la lignée

Dans ses recherches pour la rédaction de son Histoire des ducs de Bourgogne de la race Capétienne, l'historien Ernest Petit cite une note découverte par Auguste Longnon à la bibliothèque de Troyes et qui fournit une courte généalogie du début de la maison de Vignory. Cette notice, qui pourrait dater de la fin du XIIe siècle[b], indique :

« Domini de Vangionis Ripa : Rodulfus Barbeta, Normannus ; Vuido ; Rogerus, qui dedit monachis furna et molendina ; Vuido Rubeus ; Vuido ; Vuido ; Vuido ; Bartolomeus[c],[3]. »

Le premier membre connu de cette maison serait ainsi Raoul Barbeta, un normand de la fin du Xe siècle, terme servant à cette époque à désigner les Vikings et leurs descendants[d]. Si l'Histoire n'a pas gardé de trace de ses actions, il a très probablement épousé une sœur de Lambert de Bassigny, évêque de Langres et héritier des comtés de Bassigny et de Bolenois. Lors du démembrement de ces deux comtés au début du XIe siècle, celui-ci aurait alors partagé ses fiefs entre ses proches. Le comté de Bassigny aurait ainsi été fragmenté dans les seigneuries de Clefmont, Choiseul et Nogent tandis que celui de Bolenois aurait donné celles de Sexfontaines, Chaumont et Vignory[4].

Histoire

Des premiers seigneurs très pieux

Photo une église de style préroman.
Église Saint-Étienne de Vignory, fondée par les sires de Vignory au début du XIe siècle[5].

Guy Ier est le premier membre de la maison de Vignory a avoir laissé une trace dans l'Histoire. En effet, la Chronique de Saint-Bénigne rapporte que l'église Saint-Étienne a été édifiée par ce seigneur pour y placer des chanoines, mais que ceux-ci furent par la suite chassés par son fils Roger pour y installer à la place un prieuré bénédictin[Arb 3].

Aubry de Trois-Fontaines, moine et chroniqueur des XIIe et XIIIe siècles, cite également Guy Ier et son fils Roger dans un court passage tout en prenant la peine de préciser qu'ils avaient beaucoup donné aux moines[Arb 4].

De même, une courte généalogie de cette famille, découverte à la bibliothèque de Troyes et datant probablement de la fin du XIIe siècle, indiquant principalement les noms des premiers seigneurs qui en sont issus, précise comme unique détail que Roger donna aux moines des fours et des moulins[3].

Une mouvance partagée

Carte postale ancienne en noir et blanc montrant une terre médiévale carrée en état de ruine.
Vue ancienne du donjon du château de Vignory avant sa restauration[6].

La charte de fondation du prieuré de Vignory, datée d'entre 1050 et 1052, donne des indications de la mouvance primitive de la seigneurie. Elle indique ainsi :

« Ego Rotgerius, castri quod vocatur Wangionum rivus indigena et advocatus... tradidi sancto Benigno... quandam juris mei cellam penes prescriptum habitationis meæ castrum sitam, cum consensu et laude seniorum meorum, Hugonis videlicet Laingonicæ sedis episcopi, atque comitis Raynaldis[e],[Arb 5]. »

Outre le fait que le prieuré ait été donné à l'abbaye Saint-Bénigne de Dijon, ce document précise que les premiers seigneurs de Vignory n'étaient qu'avoué  c'est-à-dire les protecteurs  de leur château et qu'ils avaient deux principaux suzerains dont l'accord était nécessaire pour la fondation de ce prieuré. Tout d'abord l'évêque de Langres dont le diocèse comprend l'ensemble des terres de la seigneurie. Quant au comte Renaud, certains historiens ont pensé qu'il s'agissait d'un comte de Sexfontaines, héritier des comtes de Bologne dont avait été démembré la seigneurie de Vignory au début du XIe siècle[7], mais les différents documents historiques ne montrent aucun lien de vassalité de Vignory envers Sexfontaines[f],[Arb 6]. Ce comte Renaud pourrait être plus probablement le comte de Bourgogne Renaud Ier. En effet, une charte de l'an 815 indique que Charlemagne avait donné son « fief de Vignory avec les églises qui en dépendent » à l'abbaye de Luxeuil, dont l'avoué est l'empereur du Saint-Empire germanique, qui a possiblement laissé la garde des terres de cette abbaye dans le Bolenois et le Bassigny à son vassal le comte de Bourgogne, qui en aurait progressivement usurpé la propriété[Arb 7].

Vers la fin du XIe siècle, les seigneurs de Vignory apparaissent également dans l'entourage des comtes de Champagne, dont ils deviennent progressivement des vassaux suite à l'expansion de la zone d'influence de ces comtes. Ainsi, dès 1097, Guy II de Vignory apparait comme témoin dans plusieurs chartes du comte Hugues Ier, d'abord comte de Troyes avant de prendre définitivement le titre de comte de Champagne vers 1102. La mouvance du château de Vignory reste alors sous la suzeraineté des comtes de Bourgogne tandis que celle du bourg est placée sous celle des comtes de Champagne. De ce fait, les sires de Vignory se disent « liges du comte de Champagne sauf la légéité qu'ils doivent au comte de Bourgogne »[Arb 8].

L'influence des comtes de Bourgogne diminue par la suite progressivement au profit de ceux de Champagne, à qui ils resteront fidèles. Ainsi, le sire de Vignory fait partie des plus importants vassaux du comté et assiste à ce titre aux ordonnances de 1212 et de 1224 sur le règlement de la succession des fiefs et sur les duels[8]. De plus, pendant la guerre de succession de Champagne qui oppose la comtesse régente Blanche de Navarre et son fils, le futur Thibaut IV de Champagne, contre les prétentions d'Érard de Brienne et de son épouse Philippa de Champagne, Gautier Ier de Vignory reste fidèle à la famille comtale malgré sa proche parenté avec le prétendant briennois[9],[Arb 9].

Toutefois, en 1226, Blanche de Champagne, la fille de Thibaut IV, est fiancée au comte de Bourgogne Otton III et Gautier Ier, de même que Simon IV de Clefmont, Richard de Dampierre et Henri de Fouvent, sont cautions pour le comte de Bourgogne. Mais pour une raison inconnue, il semble que vers 1235 Othon III rompt les fiançailles et ne remplit pas ses engagements envers Thibaut IV. De ce fait, Gautier Ier abandonne sa légéité bourguignonne et place son château dans la mouvance champenoise[10],[Arb 10].

Au service de l'Église

Photo montrant l'extérieur du cœur d'une église imposante de style gothique champenois.
Église abbatiale de Montier-en-Der dont deux membres de la maison de Vignory deviennent abbé.

Plusieurs membres de la maison de Vignory ont exercé des fonctions ecclésiastiques. Ainsi, Girard est prévôt, puis doyen et enfin archidiacre de Langres jusqu'à sa mort avant 1059[11],[Arb 11],[Hum 2]. Puis son neveu Roger devient chanoine, également à Langres, vers 1050[Arb 12],[Hum 4]. La génération suivante voit Lambert, archidiacre et trésorier de Langres vers 1120[Arb 13],[Hum 5]. Plus tard, on retrouve deux frères, Guillaume et Gérard, qui sont chanoines de Langres, le second devenant par la suite archidiacre en 1237[Arb 14],[Hum 6].

D'autres membres de cette famille se sont quant à eux engagés dans le clergé régulier. Brunon, dont le prénom de naissance est Wandalger, devient moine à l'abbaye de Montier-en-Der avant d'en devenir abbé en 1049 jusqu'à sa mort en 1082. Tout au long de son abbatiat, il parvient à s'attirer l'amitié des grands de son époque que sont le comte Thibaud III de Blois, le roi Philippe Ier ou encore le pape Léon IX[12].

Son neveu Roger suit la même voie et s'engage dans la vie monastique à Montier-en-Der, où il est élu abbé en 1097 et le demeure jusqu'à sa mort en 1125. Comme son oncle, son abbatiat est marqué par son zèle et sa piété[13].

Par lignée cognatique, la famille de Vignory compte également un évêque de Châlons en la personne de Guy de Joinville[Hum 7] ainsi que plusieurs abbesses d'Avenay avec Adelidis et Wilhelmine de Joinville et Hélisende de Roucy[14].

Le temps des croisades

Tableau représentant une longue file de Musulmans partant d'une ville fortifiée avec un rempart détruit sous les yeux de plusieurs chevaliers chrétiens, donc le roi Philippe-Auguste.
Représentation du XIXe siècle de la reddition de Saint-Jean-d'Acre à Philippe II Auguste en 1191, par Merry-Joseph Blondel avant 1853.

À la fin du XIe siècle débute la période des croisades, et la maison de Vignory répond régulièrement à l'appel des papes. Dès la première croisade, en 1099, le cartulaire du prieuré de Vignory indique qu'un chevalier du nom de Milon d'Ambonville, fils d'un certain Ingelbert de Vignory, lui-même probable fils de Guy Ier, fait un don au prieuré Saint-Étienne en présence de la dame de Vignory avant de partir pour la Terre sainte[Arb 15],[Hum 5].

Plus tard, en 1125, Guy IV fait le pèlerinage à Jérusalem, alors qu'il n'est pas encore seigneur de Vignory, où il participe à la défense du nouveau royaume de Jérusalem contre les Sarrasins. Il y retourne une seconde fois en 1147, en compagnie de fils aîné Guy V, à l'occasion de deuxième croisade où tous deux trouvent la mort[Hum 8],[15].

Lors de la troisième croisade, c'est Barthélemy et son fils Guy VI qui décident de partir pour la Terre sainte, où là encore ils meurent tous les deux pendant le siège de Saint-Jean-d'Acre vers 1190[Hum 9].

Quelques années après, c'est au tour de Gautier Ier de se porter volontaire lors du Tournoi d'Écry avec de nombreux autres chevaliers champenois à la suite du prêche de Foulques de Neuilly[Hum 10], mais sa réelle participation à la quatrième croisade reste toutefois incertaine, bien que son nom soit inscrit dans la deuxième salle des Croisades du château de Versailles[16].

Seigneurie de Laferté-sur-Amance

Carte ancienne en couleurs relativement succincte montrant un village et où on distingue l'emplacement d'un château.
Laferté-sur-Amance sur la carte d'état-major, dressée au XIXe siècle, sur laquelle on distingue l'emprise du château en bas à gauche[17].

À la fin du XIIe siècle, Gautier Ier épouse Isabelle de Laferté-sur-Amance, fille de Guy de Laferté-sur-Amance, dont la seigneurie, vassale de la maison de Choiseul, est située à environ 66 kilomètres au sud-est de Vignory, aux confins de la Champagne et à la frontière avec la Bourgogne. Lorsque ce dernier meurt sans héritier mâle, Isabelle hérite des titres et des terres de son père en qualité de fille aînée et Gautier Ier en devient seigneur de jure uxoris[18].

À la génération suivante, cette seigneurie devient l'apanage d'une branche cadette de la famille, la branchée aînée se réservant celle de Vignory. C'est ainsi qu'en 1229, Guy VII de Vignory devient seigneur de Laferté-sur-Amance, tandis que son frère aîné Gautier II devient le chef de famille et hérite de la seigneurie de Vignory. Ce même Guy déclare par lettres patentes qu'il est d'abord l'homme lige de son frère aîné et ensuite du seigneur de Choiseul et que ce ne sera qu'après la mort de son frère qu'il tiendra ligement de Choiseul la seigneurie de Laferté-sur-Amance[18].

En 1265, Gautier III, fils de Guy VII, place en échange d'une rente annuelle de quarante livres son château de Laferté-sur-Amance sous la suzeraineté des comtes de Champagne pour qu'il leur soit « jurable et défendable contre tous, sauf la légéité due aux seigneurs de Vignory et de Choiseul »[18].

La seigneurie de Laferté-sur-Amance reste encore dans le giron de la maison de Vignory pendant quelques générations, puis semble pour une raison inconnue passer dans la maison des comtes de Bar, qui la donne au sénéchal de Champagne Anseau de Joinville en 1329[19].

Fin de dynastie

Dessin en couleur représentant un chevalier en armure avec de grandes ornementations.
Jean IV de Vergy, lointain descendant et héritier de la maison de Vignory, en chevalier de la Toison d'Or, dans Le grand armorial équestre de la Toison d'or, manuscrit BNF Arsenal 4790.

Après avoir possédé la seigneurie de Vignory de père en fils depuis la fin du Xe siècle et le démembrement de l'ancien comté de Bolenois, la lignée agnatique de cette maison s'arrête vers 1260 avec la mort de Gautier II sans que celui-ci n'ait eu d'héritier de sexe masculin malgré quatre mariages. De ces multiples unions, une seule fille sera née, Jeanne de Vignory[Hum 11].

Celle-ci épouse vers 1262 Étienne de Chalon et lui apporte en dot la seigneurie de Vignory. Celui-ci en devient alors seigneur de jure uxoris et c'est d'ailleurs lui le signataire de la première charte d'affranchissement de Vignory en 1296, par laquelle les habitants sont exempts du droit de mainmorte[20].

Jeanne et Étienne ont deux fils qui se succèdent à la tête de la seigneurie, Jean et Étienne, mais aucun n'a de descendance et la lignée agnatique est de nouveau rompue. C'est leur sœur Jeanne de Salins qui devient alors dame de Vignory et qui la transmet par mariage à Guillaume IV de Dampierre[Hum 12]. Quelques générations plus tard, cette branche cadette de la maison de Dampierre tombe elle aussi en quenouille et Vignory passe ensuite à la maison de Vergy[Hum 13].

Généalogie

Cette liste des membres de la maison de Vignory couvre la période qui va de sa fondation à la fin du Xe siècle jusqu'à sa dissolution dans toutes ses branches au milieu du XIVe siècle. Elle est partiellement incomplète et peut comporter plusieurs inexactitudes, y compris dans l'orthographe des prénoms, assez libre à l'époque. Elle a été dressée à partir de chartes, parfois non datées, dont certaines ont été sujettes à des interprétations.

Généalogie simplifiée

Généalogie complète

Seigneurie

Possessions

Photo montrant l'extérieur du cœur d'une église ancienne.
Église Saint-Maurice de Guindrecourt-sur-Blaise bâtie au milieu du XIe siècle par l'abbé Brunon. Lors de sa consécration solennelle en 1054 par l'évêque Harduin, le sire de Vignory donne les droits seigneuriaux de ce village à l'abbaye de Montier-en-Der[28].

Le domaine primitif de la seigneurie de Vignory n'est pas connu avec exactitude, mais il a probablement peu changé jusqu'à son démembrement en 1559 par la famille de Lenoncourt qui indique qu'il était constitué alors, outre le chef-lieu, des villages suivants : Ambonville, Argentolles, Sainte-Bierne, Blaise, Bracancourt, Cérizières, Champcourt, Colombey les Deux Églises, Curmont, Daillancourt, Guindrecourt, Harricourt, La Genevroye, Lamothe-en-Blaisy, Lavilleneuve-aux-Fresnes, Marbéville, Mirbel, Oudincourt, Pratz, Rouécourt, Soncourt, la Voivre[h] et Vraincourt[30],[Arb 16],[i].

Outre ces 23 villages, la seigneurie a probablement possédé d'anciens hameaux depuis longtemps disparus, comme Trigny, près de Champcourt[35], ou encore Ceffonds, près de Beurville, qui semble avoir fait partie de la foret dit du Blaisy qui appartenait à Vignory[36],[37]. De plus, les seigneurs de Vignory semblent avoir également des droits sur Viéville, bien que située sur la rive droite de la Marne[38].

Ces seigneurs avaient également comme arrière-fief la Vaunoise  ou la Valnoise  qui consiste essentiellement en une rue et une porte du même nom, situées au sud du bourg de Vignory[Arb 16].

Fondations

Fondations militaires

Photo d'une maquette d'un village fortifié situé à côté d'une colline sur laquelle se trouve un château fort.
Maquette du bourg de Vignory à la fin du Moyen Âge, avec ses fortifications, son château et son prieuré, présentée au musée du Vignory.

Le premier seigneur a s'être installé à Vignory semble être Guy Ier à la fin du Xe ou au début du XIe siècle. Celui-ci fait alors bâtir un château, qui n'est probablement à cette époque qu'une simple motte castrale, sans doute à l'emplacement d'un ancien château du IXe ou Xe siècle. Ses descendants et successeurs agrandiront et amélioreront cette forteresse au cours des siècles suivants[39],[Hum 16].

À partir de 1204, Gautier Ier fait construire une enceinte fortifiée englobant les maisons édifiées au pied de son château et en fait un véritable bourg fermé, protégé par plusieurs tours et portes. Cette enceinte sera toutefois démolie au cours du XVIIIe siècle[Hum 17].

Une maison-forte devait également exister à Ambonville, car des seigneurs de ce lieu  probablement issus d'une branche cadette de la famille de Vignory  apparaissent dès la fin du XIe siècle dans l'entourage des sires de Vignory et en portent le nom[Arb 17]. Ces seigneurs semblent posséder eux-mêmes des vavassaux du nom de Marault, bien que le village du même nom fasse partie des possessions des seigneurs de Sexfontaines. Ce village dû alors être partagé entre ces seigneurs et les chevaliers de Marault qui ne devaient en posséder qu'une partie moindre[33].

Une autre maison-forte ou un petit château existait également à La Voivre, qui devient par la suite le siège d'une baronnie qui avait sous sa dépendance Argentolles, Biernes, Harricourt et Pratz. Toutefois, la période à laquelle cette forteresse aurait été construite demeure inconnue. Elle fut détruite pendant les guerres de religion et les ruines d'une tour étaient encore visibles au XVIIIe siècle[29],[40].

Deux forteresses sont également construites par les seigneurs de Vignory à la fin du XIIe ou au début du XIIIe siècle : l'une à Blaise et l'autre à Lamothe-en-Blaisy  à l'époque « La Mothe-de-l'Isle »  toutes deux situées sur la Blaise. Ainsi, alors que se profile la guerre de succession de Champagne, une charte de de Gautier Ier promet à la comtesse régente Blanche de Navarre qu'il lui ouvrira les portes de ces deux forteresses, qu'il venait de construire, à grande et petite force et qu'elles devront lui être rendues quarante jours après la fin de la guerre[Arb 9],[Hum 18].

Fondations religieuses

Vue aérienne d'un village centrée sur un église accolée à un cimetière et à des bâtiments.
Vue aérienne de Colombey-les-Deux-Églises. Les bâtiments du prieuré sont à droite de l'église paroissiale.
Photo d'un corps de ferme composé de bâtiments anciens et d'un pigeonnier.
Le prieuré Saint-Bon à Champcourt de nos jours, désormais une exploitation agricole.
Photo d'une chapelle ancienne dans un espace agricole.
Chapelle du prieuré de La Genevroye à Soncourt-sur-Marne.

Si la seigneurie de Vignory n'a pas connu la naissance d'une abbaye, plusieurs prieurés s'y sont épanouis. Le premier d'entre eux est le prieuré Saint-Étienne à Vignory même. Il a été fondé entre 1050 et 1052 par Roger de Vignory en remplacement de chanoines installés auparavant par le père de celui-ci, Guy Ier. Le prieuré est alors donné à l'abbaye Saint-Bénigne de Dijon et adopte également la règle de saint Benoît[Hum 3].

Un second prieuré est ensuite fondé à la fin du XIe ou au début du XIIe siècle à Colombey les Deux Églises, ce qui lui donne ainsi sa deuxième église. On retrouve ainsi mention du prieuré Saint-Jean-Baptiste de Colombey dans une charte de 1108 dans laquelle le seigneur Guy III  qui peut donc être considéré comme son fondateur  lui confère des biens. Ce prieuré, de l'ordre de Cluny, était dépendant de la célèbre abbaye de Cluny[41],[42].

À l'est de Champcourt est fondé à une date indéterminée dans le courant du XIIe siècle le prieuré Saint-Bon, de l'ordre de Saint Benoît et dépendant de l'abbaye de Montier-en-Der. À la même époque est également fondée une maison-Dieu, desservie par les mêmes moines. Le fondateur originel de ce monastère demeure inconnu, mais le seigneur Gautier Ier et son épouse Élisabeth de Laferté-sur-Amance  également prénommée Berthe dans certains documents  lui font des dotations importantes en 1202 et en sont parfois considérés comme les fondateurs. Ce prieuré ne sera toutefois légalisé qu'en 1236 par l'évêque de Langres avec la clause expresse que tout le revenu généré devrait être consommé sur place car ce prieuré et l'abbaye-mère n'étaient pas situés sur le même diocèse[43],[44].

Un quatrième prieuré est ensuite fondé par les seigneurs de Vignory en 1217 par Gautier Ier. Bien que situé sur le finage de la commune de Soncourt-sur-Marne, dont il est situé à 3 kilomètres à l'ouest, il porte le même nom que le village de La Genevroye et en est situé à 4 kilomètres au sud-est. Quatrième fille de l'abbaye du Val des Choues, le prieuré de l'Annonciation de Notre-Dame de La Genevroye ne dut finalement prendre son essor qu'en 1230 lorsque son fondateur lui donne « toute la vallée de dam-Richier, au finage de Soncourt, pour y bâtir une maison de l'ordre »[45],[46].

À noter également sur le territoire de la seigneurie l'existence de deux ermitages. L'un au sud de Guindrecourt-sur-Blaise, où se situe depuis l'actuel cimetière du village, qui possédait un petit oratoire dédié à Saint-Maurice. En temps de peste, les pestiférés y étaient relégués[47],[28]. L'autre, au nord-ouest de Vignory, fondé au XIe siècle par deux religieux, Eudes et Aubert, qui se disaient frères « non par la chair, mais par l'esprit » qui y avaient construit une chapelle dédiée à la Sainte-Trinité et qui, avant de mourir, l'avaient donné à l'abbaye Saint-Bénigne de Dijon[48],[49]. Cet ermitage devient par la suite un gagnage puis une grange  sous le nom de « Les Hermites »  du prieuré de Vignory qui dépendait de la même abbaye[Hum 19]. Ce prieuré possédait également la grange de Froideau, située au sud de Cerisières[50],[51].

D'autres granges monastiques sont également présentes sur les terres de la seigneurie, comme celle de Méline  ou Méligne  au sud-ouest d'Argentolles, qui avait été donnée au prieuré de Colombey en 1260 par Gautier II[52],[53]. Au nord-ouest d'Argentolles se trouve la grange de Cornet qui dépendait de l'abbaye de Clairvaux et qui avait été donnée en même temps que la précédente[53].

À noter également le prieuré d'Orimont qui possédait la grange de La Borde, au nord-ouest d'Oudincourt[34], et l'abbaye Saint-Nicolas de Bar-sur-Aube qui possédait celle de Fresne  qui inspire son nom à la ville neuve voisine de Lavilleneuve-aux-Fresnes  qui lui a été donnée en 1170 par le chevalier Abelin d'Ambonville[54]. Il est également probable que l'abbaye Saint-Pierre de Poulangy possédait la grange dite « La Priousse » sur le finage de Mirbel[34].

Fondations hospitalières

Dessin en noir et blanc d'un bourg fortifié avec une église à gauche et un château en haut d'une colline en arrière plan.
Représentation du bourg du Vignory tel qu'il était en 1669.

Pour l'accueil des pèlerins les plus pauvres et des malades des environs, le bourg de Vignory disposait de deux maisons-Dieu. La première fut créée dès 1170 à l'est du bourg, près de la Porte Notre-Dame, le long de la route de Chaumont. Cet hospice à vraisemblablement cessé de fonctionner dans la fin du XVe siècle[Hum 20]. La seconde était quant à elle située à l'ouest, près de la Porte de l'Étang, le long de la route de Joinville. Elle a été fondée à la fin de XIIe ou au début du XIIIe siècle et n'était plus en service dès la fin du XVIe siècle[Hum 21].

Pour ce qui est des maladies incurables, et notamment de la lèpre, le bourg possédait un troisième établissement avec une léproserie. Celle-ci était située sur le route de Chaumont, à l'est du village, après la maison-Dieu de la Porte Notre-Dame. Elle fut fondée à la fin du XIIe siècle par la dame Elvide de Brienne après que son époux, le seigneur Barthélemy, et son fils aîné Guy VI soient morts durant le siège de Saint-Jean-d'Acre dans le cadre de la troisième croisade[Hum 22]. Cette maladrerie est alors donnée aux sœurs hospitalières de Saint-Jean-de-Jérusalem et Elvide elle-même se fait hospitalière. Elle initie ensuite la fondation d'un établissement semblable à Reynel, dont elle devient la première supérieure[55],[Hum 23].

Deux autres maisons-Dieu sont également installées à Vouécourt, quelques kilomètres au sud-est de Vignory. Tout d'abord celle de Grandvaux, au sud de Vouécourt, de l'ordre de Saint-Antoine, qui a été fondée par les seigneurs de Vignory au XIIe siècle[56],[28]. Puis la maison-Dieu d'Heu, à l'est de Vouécourt, également de l'ordre de Saint-Antoine et qui est citée dans une charte de 1231, mais cette dernière est probablement une dépendance de la précédente[57],[46].

Les religieux du prieuré Saint-Bon à Champcourt possédaient également une maison-Dieu, probablement relativement modeste, qui dépendait de l'abbaye de Montier-en-Der et qui existait déjà au XIIe siècle[43],[44].

À noter également au sud de Guindrecourt-sur-Blaise, l'existence d'un ermitage, équipé d'un petit oratoire dédié à Saint-Maurice, dans lequel les pestiférés étaient relégués en temps d'épidémie[47],[28].

Villes neuves

Dessin en noir et blanc d'une église au premier plan avec en arrière plan une colline avec des ruines d'un ancien château féodal.
Représentation de l'église et du château de Vignory tels qu'ils étaient en 1839, par Girault de Prangey[58].

Les seigneurs de Vignory ne semblent pas avoir octroyé beaucoup de chartes d'affranchissement à leurs serfs. Les archives contemporaines de ces seigneurs font mention d'une charte pour la commune de Champcourt, qui a été affranchie en 1236 de concert entre Gautier II et Rodolphe, abbé de Montier-en-Der, qui semblent avoir été beaux-frères. Gautier II devait en avoir été le seigneur dominant tandis que cette abbaye, qui y possédait le prieuré Saint-Bon ainsi qu'une maison-Dieu, devait en être signeur secondaire[43],[59].

Les deux villages de La Genevroye et de Mirbel ont quant à eux été fondés au début du XIIIe siècle par les sires de Vignory grâce à l'impulsion de la fondation du prieuré de l'Annonciation de Notre-Dame de La Genevroye en 1217, mais ne se sont pas vus accordés de chartes communales. Ils ne seront affranchis qu'en 1531[45],[46].

Quant au bourg de Vignory, il est affranchi de la mainmorte en 1296 par Étienne de Chalon, seigneur de Vignory de jure uxoris à la suite de son mariage avec Jeanne de Vignory. Celui-ci était alors à la recherche d'argent et a donc vendu différentes chartes à ses sujets[60]. Mais dans les faits, Vignory ne sera véritablement affranchi qu'en 1319 par Jean de Dampierre, seigneur de Saint-Dizier et héritier des maisons de Vignory et de Chalon[61]

Quatrième village de la seigneurie à posséder un prieuré, Colombey les Deux Églises sera affranchi en 1297 par le même Étienne de Chalon[41],[62].

En 1206, sur le territoire de la seigneurie de Vignory, est fondé le village de Lavilleneuve-aux-Fresnes  le surnom aux Fresnes venant d'une ferme voisine qui porte ce nom  par le comte de Champagne et l'église Saint-Remi de Reims, à qui appartenait ces terres. Il n'est pas connu comment les sires de Vignory en deviennent par la suite les seigneurs[63],[64].

Sigillographie

L'étude des chartes des seigneurs de Vignory permet de retrouver leurs sceaux depuis la seconde moitié du XIIe siècle et d'en identifier les armoiries[65].

Héraldique

Notes et références

Voir aussi

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