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Maison natale Louis-Fréchette

maison à Lévis (Québec, Canada) From Wikipedia, the free encyclopedia

Lieu de naissance du poète Louis Fréchette (1839-1908), la maison natale de Louis Fréchette, construite entre 1837 et 1841, est aujourd'hui une actrice importante dans la vie culturelle de Lévis et de Chaudière-Appalaches. Homme de lettres et politicien, le personnage de Louis Fréchette est intimement lié à l’histoire lévisienne et québécoise. Natif de la paroisse Saint-Joseph-de-la-Pointe-Lévy (aujourd'hui incluse dans la paroisse Saint-Joseph-de-Lévis), Fréchette vit son enfance dans cette coquette maison de la rue Saint-Laurent, bâtie par son père entre 1837 et 1841.

Style
Néoclassique[1]
Construction
1837 à 1841[1]
Faits en bref Type, Style ...
Maison natale de Louis Fréchette
Maison natale de Louis Fréchette
Présentation
Type
Style
Néoclassique[1]
Construction
1837 à 1841[1]
Occupant
Patrimonialité
Immeuble patrimonial classé (2012)[1]
Site web
Localisation
Pays
Province
Région administrative du Québec
Commune
Coordonnées
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Il reçoit une formation classique au Collège de Lévis, puis au Petit Séminaire de Québec. Par contre, sa manie d’écrire des vers en français alors que seuls ceux en latin sont permis et d’autres mauvais tours lui valent d’être renvoyé en 1857. Il entre alors au Collège Saint-Anne-de-La-Pocatière, puis termine sa formation au Collège de Nicolet. En 1860 et 1861, il effectue des études de droit à l'Université Laval, même si c’est plutôt la littérature, et particulièrement la poésie, qui l’intéresse. À cette époque, il fréquente le cercle littéraire groupé autour du libraire Octave Crémazie et publie son premier recueil de poèmes Mes loisirs (1863).

Tour à tour avocat, journaliste, traducteur, il a été député de Lévis de 1874 à 1878. Il est le premier poète canadien à avoir été couronné par l’Académie française (1880 et 1887). Auteur du célèbre recueil de poésie La Légende d'un peuple, Louis Fréchette a écrit et publié près de 400 poèmes, auxquels s’ajoutent contes, pièces de théâtre, portraits et articles.

Histoire de la maison

1839-1852

Bâtie entre 1837 et 1841, cette maisonnette est construite par Louis-Marthe Fréchette, le père de Louis Fréchette. À ce moment, devant la maison, à l’emplacement aujourd’hui de la piste cyclable, s'étend le fleuve Saint-Laurent. À cet endroit, se trouvaient, comme dans chaque anse du fleuve, des chantiers de bois, où s’affairaient des ouvriers, tels que des équarrisseurs et des «cageux».

En effet, dans la première moitié du XIXe siècle, alors que la fin des guerres napoléoniennes approche et que le processus d'industrialisation bat de tout son plein en Angleterre, le commerce du bois au Canada, et particulièrement au Bas-Canada, est en pleine effervescence.

Les parents de Louis Fréchette lui interdisaient de se rendre près des chantiers de bois, car il y avait là, selon eux, un manque d’hygiène flagrant, des gens peu recommandables et il s’y parlait un langage vulgaire. Comme tous les interdits, celui-ci pique la curiosité et l’imaginaire de Louis. Ainsi, des années plus tard, il écrit longuement sur les «cageux» et sur les gens qui fréquentaient les chantiers de bois, notamment dans les Contes de Jos Violon, Originaux et détraqués ainsi que dans Mémoires intimes.

Fréchette ne vécut que les treize premières années de sa vie dans cette maison, puisque Louis-Marthe Fréchette vend sa demeure en 1852 à Georges Beswick, un entrepreneur du Grand Tronc.

1852-1940

Après les chantiers de bois, sur la grève devant la maison, s'étendent, dès 1854, des rails de chemin de fer, puis en 1897, les wagons commencent à y passer. Dans l'ancienne maison des Fréchette, le Grand Tronc loge des employés (dans la partie originale), surtout des cadres de la compagnie (1852-1897). Il stockera également du matériel dans la rallonge qu’il construit dans les années 1870-1880. Une fois la construction du chemin de fer terminée, c’est-à-dire en 1897, divers particuliers ayant une certaine richesse loueront la maison (tels que le démontrent les papiers peints) au Grand Tronc.

On suppose toutefois que la maison aurait été abandonnée entre les années 1925-1945 (temps de la crise financière et de la guerre). Corroborant ce fait, on ne retrouve aucun papier peint qui aurait été ajouté sur les murs entre 1925 et 1945. Pendant cette période d’abandon d’environ 20 ans, la maison aurait perdu beaucoup de valeur, se serait grandement détériorée, même que les fenêtres auraient été placardées.

1940-2008

Il faut donc attendre les années 1940 avant que la maison soit à nouveau pleine de vie. En fait, en 1939, monsieur Georges-Amand L’Hoir arrive de Belgique avec son fils, Georges L’Hoir, pour construire une usine d’acier inoxydable et d’aluminium, à la grande demande des acériculteurs du Québec. Il faut savoir qu’à cette époque, l’eau d’érable est récoltée à partir de chaudières de tôle soudées avec de l’étain ou du plomb. Ainsi, le sirop d’érable devient contaminé d’un métal lourd et par conséquent, impropre à la consommation. À ce moment, il n’y a aucun spécialiste au Canada en mesure de remédier au problème, c’est pourquoi le sénateur Vaillancourt (qui était alors président des caisses Desjardins) contacte M. L’Hoir, déjà propriétaire de deux usines d’acier inoxydable et d’aluminium, une en France et l’autre en Belgique, pour pallier la toxicité de l’eau d’érable québécoise.

Lorsque M. L’Hoir arrive en 1939, il remarque la petite maison placardée, visiblement inhabitée depuis plusieurs années, qui fait face au terrain où son usine est en construction. Devant la maison, une petite plaque commémorative indiquant qu’il s’agit de la maison où est né Louis Fréchette, célèbre poète, journaliste, avocat et député, est déjà installée. Sensible à la conservation de ce patrimoine, Georges-Amand L’Hoir décide de louer la maison et d’y installer ses bureaux pendant la construction de son usine. Il achète la maison voisine pour y vivre. Les deux maisons, en plus de l’usine, forment le « domaine L’Hoir ». Dans les années 1940, M. L’Hoir achète la maison natale de Louis Fréchette au CN et y effectue d’importants travaux dans le but de s’y installer. Il se remarie dans les mêmes années et s’installe avec sa femme, madame Alberta Anctil, dans la maison natale de Louis Fréchette. M. L’Hoir décède en 1948, sa femme habite la maison jusqu’à son décès en 1985.

En 1985, après le décès de madame L’Hoir, la maison est léguée à Georges L’Hoir fils, déjà propriétaire de l’usine de son père. Georges L’Hoir fils n’a jamais habité la maison natale de Louis Fréchette, choisissant de mettre celle-ci en location, comme l’avait fait le Grand Tronc auparavant. À son décès, Georges L'Hoir fils a légué, pour sa part, la maison à sa femme, madame Lasnier, qui la met, elle aussi, en location jusqu’en 2008.

Il faut retenir que la famille l'Hoir a été déterminante pour la conservation de ce lieu historique.

2008-aujourd'hui

En 1992, la fille du maire Chagnon, Hélène Chagnon, conseillère municipale, réunit différentes personnes intéressées (dont François Bilodeau) à fonder une Corporation de la Maison natale de Louis Fréchette. Ce groupe est soutenu par le Regroupement des citoyens de la rue St-Laurent et par la Société historique de Lévis. Les dix premières années, soit de 1992 à 2012, des études de faisabilité quant à la restauration de la maison sont effectuées. Des fouilles archéologiques sont également réalisées. En 2008, la Corporation de la Maison natale de Louis Fréchette reçoit le montant nécessaire pour acheter la maison à la famille L’Hoir. En 2011 seulement, la Corporation reçoit le feu vert pour que les travaux de restauration aient lieu grâce à l’engagement du Ministère de la Culture et des Communications du Québec. De 2013 à 2014, la restauration de la maison s’effectue. La maison natale de Louis Fréchette ouvre à l’automne 2014, entièrement restaurée.

Entre-temps, Carole Legaré, une artiste de la région, loue la maison de Mme L’Hoir pour l’habiter et pour l’animer dès 2001. De 2001 à 2005, des concerts intimes (35 chaises) sont organisés dans la maison. En 2003, la première édition du Festival de contes de Jos Violon (à l’époque appelé le Festival Interculturel du conte du Québec) a lieu. Les 25 ans de la Corporation ont également été soulignés à l’automne 2017 avec l’événement Les mots sur le pavé.

Composition de la maison

La Maison natale de Louis Fréchette comprend actuellement deux corps de logis disposés perpendiculairement, possédant chacun un rez-de-chaussée surmonté de combles où se retrouvent les chambres. La section la plus ancienne, la Maison natale de Louis Fréchette, se situe du côté du fleuve. La maison de bois est lambrisée de planches à clins.

Par ses différentes composantes extérieures, la résidence Fréchette se rattache au style néo-classique dans une de ses versions pittoresques propres au courant Regency. Ce dernier, particulièrement populaire à compter des années 1830-1840, se retrouve dans de nombreux cottages québécois de cette époque. L'intérieur a subi peu de transformations depuis le tournant du siècle et plusieurs éléments d'origine existent encore tels des portes, des lambris de plafond ou des moulures.

La seconde section, disposée perpendiculairement à la maison Fréchette, en constitue une allonge, érigée lors de la seconde moitié du XIXe siècle. Sa toiture mansardée est caractéristique de l'architecture américaine de la Nouvelle-Angleterre des XVIIe et XVIIIe siècles, réinterprétée dans le style néo-colonial vers la fin du XIXe siècle.

Notes et références

Annexes

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