Maisonfort (quartier de Royan)
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Au Moyen Âge, Maisonfort n’est encore qu’un petit hameau situé à bonne distance de Royan et de Saint-Georges-de-Didonne, campé sur une hauteur dominant les marais de Belmont et de Boube. Comme son nom l’indique, il se situe à proximité d'une maison forte, c’est-à-dire un logis fortifié, où les habitants peuvent se mettre à l’abri en cas de force majeure : le logis de Belmont, mentionné en 1595 mais sans doute bien plus ancien. Il est alors la propriété de Jean de Videgrain, procureur du marquisat de Royan[1]. L’histoire de ce quartier reste cependant largement méconnue, et il n’en est guère fait mention dans les ouvrages consacrés à la ville. Il garde un aspect champêtre jusqu’au milieu du XXe siècle, avec ses quelques maisons adossées à une colline, ses potagers et la proximité de la forêt de Belmont et des marais, inondés en hiver, mais verdoyants en été, où les troupeaux sont mis à paître.
Intégré à la poche de Royan par les occupants allemands au cours de l’été 1944, le site de La Triloterie abrite un important poste de commandement (PC divisionnaire de la 708e infanteriedivision de la Wehrmacht[2]) fortifié, défendant l'accès à la seconde ligne de défense de la forteresse de Royan. L'ensemble est bombardé pendant la nuit du 13 au , prélude à l’opération « Vénérable » menée conjointement par les alliés et les FFI afin de libérer la ville. Les troupes du groupement nord, placé sous l’autorité du colonel Granger, attaquent par Saujon et Médis, tandis que celles du colonel Adeline attaquent par Cozes et Talmont. Après de rudes combats, elles font leur jonction à La Triloterie, qui est ainsi un des premiers quartiers à être libéré (avec Bernon), avant de continuer leur progression vers le centre-ville[3].
L’urbanisation du quartier se poursuit dans les années d’après-guerre, avec la construction du collège Henri Dunant, du lycée de La Triloterie (aujourd’hui Lycée Cordouan), de la cité HLM de Touvent et de nombreux lotissements. En quelques décennies, le bâti devient continu entre cette partie de Royan et Saint-Georges-de-Didonne.
Le , un incendie détruit le collège Henri Dunant, laissant une plaie béante au cœur du quartier[4]. Des baraquements sont construits en toute hâte pour accueillir les élèves, avant qu’un nouvel établissement soit construit près de la limite administrative avec Vaux-sur-Mer. En 2003, la mise en service de la rocade Est entre l’échangeur de Belmont et Saint-Georges-de-Didonne marque une séparation avec les marais et la forêt de Belmont, sans véritablement faciliter les échanges avec le quartier puisqu’aucune sortie n’est mise en service entre l’échangeur de Belmont et le rond-point des parasols, à Saint-Georges-de-Didonne.
L’emplacement de l’ancien collège reste vierge pendant de nombreuses années, et ce n’est qu’en 2011 qu’est édifié à son emplacement la halle des sports, rapidement rebaptisée « Espace Cordouan » et premier maillon d’un vaste complexe sportif destiné aux jeunes. Il est suivi l’année suivante par un skate-park, un des plus importants au niveau régional[5], puis en 2014 par un bike park urbain de 7000 mètres carrés, un des plus grands de France[6]. En parallèle, un programme de modernisation et d’agrandissement de la cité de Touvent est mis en œuvre par la municipalité, s’inscrivant dans un programme de rénovation urbaine touchant également le quartier voisin de Marne-Yeuse. Les deux immeubles existants sont réhabilités[7], mis aux normes, et de nouveaux bâtiments, pour la plupart en habitat individuels et volontairement pensés comme de petites entités pour éviter de créer une perspective trop monotone, sont édifiés progressivement. Ces nouveaux logements à hautes performances énergétiques, inspirées de l’esthétique cubiste et entièrement en bois à l’exception des murs de séparation, sont issus d’un projet porté par l’architecte Liang Minh, de l’atelier Dune, déjà à l’origine de projets similaires dans la région (chantier de la cité Clemenceau à Royan ou encore reconversion de la cité Génicard de Lormont, dans la banlieue de Bordeaux)[8].
Aucun bâtiment n’est prévu pour ressembler totalement à son voisin, d’où l’intégration d’ « éléments compensatoires » : balcons, jardins, garages fermés, etc. La voirie est entièrement repensée (reconversion de la rue des Arts, création de nouvelles rues et de places de stationnement en adéquation avec l’accroissement prévu de la population du quartier) avec pour ambition de donner un aspect « village au cœur de la ville », loin des considérations esthétiques des grands ensembles urbains des années 1960 ou 1970[8].
