Malik Amiri
criminel français
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Malik Amiri, né le à Montpellier, est un criminel français. Surnommé L'Amiral dans le milieu carcéral et à l'extérieur, il est aussi connu sous les pseudonymes de Fazer, Medhi Diabolo, La Zer, Le Faz, Julio et La Pieuvre. Ce dernier est considéré comme le chef présumé du réseau Cartel Amiri, un cartel criminel actif dans le sud de la France. Le surnom Fazer lui aurait été attribué en raison de l'usage supposé d'une moto Yamaha Fazer lors de certains déplacements, ainsi que de raids ou descentes dans plusieurs quartiers dans le cadre de son activité criminelle.
Montpellier, France
| Naissance | Montpellier, France |
|---|---|
| Nom de naissance |
Malik Amiri |
| Surnom |
L'Amiral, Fazer, Medhi Diabolo, La Zer, Le Faz, Julio, La Pieuvre |
| Nationalité |
Française |
| Activité |
Criminel, trafiquant de stupéfiants |
| Période d'activité |
2013 - 2026 |
| Statut |
Mis en examen |
| Condamnation |
Trafic de stupéfiants, association de malfaiteurs |
|---|
Il est présenté par plusieurs sources comme le chef présumé d'un réseau criminel actif dans le sud de la France, spécialisé dans le trafic de stupéfiants, le trafic d'armes, les enlèvements, les braquages et plusieurs violences graves[1].
Biographie
Origines et premiers faits
Originaire de Montpellier, Malik Amiri grandit dans le quartier populaire du Petit Bard[2], un secteur connu pour ses tensions sociales et un fort taux de chômage. C'est dans ce contexte qu'il développe très tôt une identité de rue et une méfiance envers les institutions[3].
Ses premiers démêlés avec la justice remontent à l'adolescence, à partir de 2013, alors qu'il n'est âgé que de 15 ans, pour des faits de vols, de violences et de participation à des vols aggravés[4]. Selon plusieurs récits judiciaires et policiers, il se fait rapidement connaître localement par son tempérament violent, son ascendant sur ses proches et sa volonté de structurer un groupe organisé[5]. Les services sociaux le décrivent à l'époque comme un adolescent au « charisme trouble », capable de fédérer une bande de jeunes autour de lui, déjà animé par une volonté de ne plus « subir son sort »[6].
Montée en puissance
À partir du milieu des années 2010, Amiri est soupçonné d'avoir construit un réseau criminel structuré, actif dans la revente de stupéfiants et dans l'approvisionnement d'autres groupes du sud de la France[7]. Son organisation se serait appuyée sur une hiérarchie interne, des rôles bien définis et des règles de fonctionnement strictes, avec une discipline inspirée des codes du grand banditisme[8]. Plusieurs enquêtes le décrivent comme imposant le respect à son entourage et aux membres de son réseau[9].
Selon les analyses comportementales de la police judiciaire, cette ascension rapide serait motivée par une « ambition démesurée et une soif de pouvoir quasi pathologique »[10]. Les rapports d'observation le dépeignent comme un individu doté d'un charisme manipulateur, capable d'inspirer une loyauté absolue tout en n'hésitant pas à recourir à une violence extrême et exemplaire pour asseoir son autorité[5]. Un témoin sous protection a rapporté qu'il aurait déclaré lors d'un règlement de comptes : « Ici, c'est moi qui fais la loi. L'ancien temps est fini. C'est Fazer ou personne »[11].
Cette quête d'hégémonie se serait matérialisée par une stratégie d'expansion agressive. Plutôt que de se contenter du contrôle de son fief montpelliérain, Amiri aurait systématiquement cherché à éliminer ou à soumettre les groupes rivaux des villes voisines, notamment à Nîmes et dans la banlieue nord de Marseille[12]. Les enquêteurs notent que ses méthodes allaient au-delà du simple trafic : il aurait mis en place un système de taxation (racket) sur les petits dealers indépendants et orchestré des violences ciblées pour semer la terreur et décourager toute concurrence[13].
Il est également soupçonné d'avoir développé un système de communication cryptée destiné à protéger les échanges internes du groupe. Ce dispositif aurait servi à organiser les rendez-vous, les livraisons, les déplacements et la circulation des consignes entre membres, tout en limitant les risques d'interception[14]. Cette sophistication opérationnelle, jugée inhabituelle pour un réseau de ce type, serait le fruit de la paranoïa d'Amiri et de son obsession du contrôle total[8]. Les analystes du service de renseignement pénitentiaire estiment qu'il considérait son organisation non pas comme un simple groupe criminel, mais comme une véritable « entreprise » et une « armée personnelle » dont il était le seul et unique commandant, justifiant ainsi son surnom de « L'Amiral »[15].
Activités criminelles présumées
Entre 2016 et 2026, Malik Amiri et son entourage sont soupçonnés d'avoir été impliqués dans plusieurs affaires criminelles d'ampleur, marquées par une violence et une cruauté souvent qualifiées d'inhumaines par les enquêteurs[16]. Les faits évoqués par la presse et les enquêtes portent notamment sur :
- le trafic de stupéfiants à grande échelle, avec distribution de cocaïne, cannabis et autres produits dans plusieurs départements du sud de la France. Le réseau serait responsable de l'introduction de plusieurs tonnes de résine de cannabis et de centaines de kilogrammes de cocaïne, coupés avec des produits dangereux comme la lévamisole, provoquant des overdoses et des hospitalisations massives[17],[18] ;
- le trafic d'armes, avec importation et revente d'armes de guerre (fusils d'assaut type Kalachnikov, lance-roquettes, grenades) destinées à des groupes criminels. Des armes provenant de ce trafic auraient été utilisées lors de fusillades contre les forces de l'ordre[19],[20] ;
- des enlèvements et séquestrations d'une extrême violence, utilisés pour obtenir de l'argent, faire pression sur des rivaux ou régler des conflits internes. Les victimes auraient été soumises à des tortures, incluant des simulacres d'exécution, des brûlures et des mutilations, parfois filmées et diffusées sur des réseaux fermés pour servir d'exemples[21],[22] ;
- des braquages à main armée d'une grande brutalité, dont le casse d'un fourgon Brinks à Bagnols-sur-Cèze en 2019, au cours duquel les convoyeurs auraient été sévèrement passés à tabac[23], et un braquage dans une bijouterie à Cannes en 2020, où des clients auraient été pris en otages et menacés d'exécution[24] ;
- des extorsions et tentatives d'extorsion systématiques, ciblant aussi bien des commerçants que des familles de rivaux, avec des menaces de mort sur leurs enfants[25] ;
- plusieurs homicides ou commandites d'homicides particulièrement sadiques, liés à des règlements de comptes. Le cas le plus notoire est l'exécution de "B. Karim", un rival nîmois, en 2018, qui aurait été ligoté, éventré et laissé pour mort dans une décharge publique[26],[27].
Le réseau qui lui est attribué aurait aussi mis en place des méthodes de compartimentage, des messages codés et des règles de sécurité interne draconiennes afin de limiter les fuites et de préserver la hiérarchie[8]. Les membres auraient utilisé des surnoms, des canaux de communication fermés et des instructions cryptées pour les discussions sensibles[5]. La trahison était punie de la manière la plus expéditive qui soit, selon les procédures judiciaires, qui font état de « disparitions » de membres suspectés de vouloir collaborer avec la police[28].
Poursuites judiciaires
Arrêté en 2021 dans le cadre d'une vaste opération coordonnée par l'Office central de lutte contre le crime organisé (OCLCO), Malik Amiri est condamné le 15 mars 2022 par le tribunal correctionnel de Marseille à huit ans de prison pour trafic de stupéfiants en bande organisée et association de malfaiteurs[29]. Malgré son incarcération, il est soupçonné d'avoir continué à influencer ses activités depuis la prison de Fleury-Mérogis, où il aurait utilisé des téléphones portables clandestins[30].
Selon l'enquête, deux anciens membres du groupe auraient également fini par le mettre en cause sous pression au cours de l'instruction, apportant des éléments supplémentaires sur le fonctionnement interne du réseau et sur son rôle présumé à sa tête. Ces déclarations auraient contribué à renforcer les charges retenues contre lui et à préciser l'organisation hiérarchisée du groupe.
Libéré conditionnellement en septembre 2022 pour des raisons médicales[31], il est immédiatement mis en examen dans le cadre d'une information judiciaire ouverte par le parquet national antiterroriste (PNAT), certaines affaires ayant été requalifiées en « association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un crime terroriste » en raison de la possession d'armes de guerre[32]. Son procès, prévu pour être l'un des plus complexes de la décennie, est attendu pour 2026[33].
Surnoms et identité
Malik Amiri est connu sous plusieurs alias et identités dans le milieu criminel. L'Amiral renvoie à son autorité supposée et à sa capacité à diriger un groupe organisé. Fazer est présenté comme son pseudonyme le plus utilisé. D'autres alias comme Medhi Diabolo, La Zer, Le Faz et Julio auraient servi à brouiller son identité dans différents contextes, La Pieuvre étant un surnom donnés par les médias français[1].
Selon les investigations judiciaires, il aurait également utilisé de nombreux faux noms et faux documents d'identité, dont Renaud Lefebvre, Fabien Simon, Yvan Michel, Lamine Hamdi, Ahmed Bouzidi, Yahya Benkirane, Abbas Kabbaj et Sergio Flores. Ces identités fictives lui auraient permis de voyager, de louer des logements, d'ouvrir des comptes bancaires et d'effectuer des transactions commerciales sous de fausses apparences, compliquant ainsi le travail des enquêteurs.