Manifestations de 1961 en Bretagne

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Les manifestations de 1961 en Bretagne sont un mouvement de protestation paysan d'ampleur nationale qui eut lieu principalement dans le département français du Finistère en .

Manifestation de soutien au mouvement breton, juin 1961

En 1959, la suppression de l’indexation des prix agricoles par le gouvernement avait provoqué des manifestations parfois violentes des syndicats agricoles et de la FDSEA. En 1960, les paysans bretons avaient fait face à la crise de l'artichaut[1]. Durant l'hiver 1959-1960, des manifestations de la FDSEA avec des affrontements avec les forces de l’ordre avaient déjà eu lieu dans de nombreuses villes de France, notamment à Amiens en . En outre, ces protestations ont lieu alors que la France de la nouvelle Cinquième République est engagée dans la guerre d'Algérie qui provoque elle aussi de nombreuses manifestations[2]. La Bretagne souffre alors d'une image de région en retard[3] mais les jeunes élus de la Fédération départementale des syndicats des exploitants agricoles (FDSEA) tentent de penser la production en regroupement avec la création de la SICA (Société d'intérêt collectif agricole) de Saint-Pol-de-Léon[4].

Déroulement

Lors d'une réunion d’information de la FDSEA, le à Carhaix, le jeune Alexis Gourvennec dit que « quand la raison ne paie plus, il faut être déraisonnable ». Le , les agriculteurs déversent des kilos de pommes de terre souillées par du gasoil à Pont-l'Abbé[4]. Le , les barrages sont levés à Pont-l'Abbé. Le , après une semaine de mobilisation, lors des élections cantonales, les urnes électorales de Pont-l'Abbé sont brûlées par des paysans bretons[5]. La presse de l'époque parle alors de « jacquerie » bretonne[5].

Les jeunes leaders de la FDSEA (Alexis Gourvennec, Pierre Hénot, Jean-Louis Lallouet) ont une culture jaciste et lutte pour une « politique agricole digne de ce nom ». Ils combattent l’enclavement breton et de la régulation incertaine du marché agricole national avec des moyens nouveaux, notamment par la gestion de la violence et du rôle des médias donnant lieu à une théâtralisation du mouvement[6]. Les jeunes agriculteurs veulent aussi négocier avec l'entourage du ministre sans passer par l'intermédiaire de notables[5].

L'acmé du mouvement fut la « prise » de la sous-préfecture de Morlaix le [6]. Dans la nuit du 7 au , les présidents des syndicats locaux de producteurs du nord du département du Finistère dont les jeunes Alexis Gourvennec et Marcel Léon décident de mener une action à Morlaix et dans la matinée environ 4 000 agriculteurs, surtout des producteurs légumiers, mettent en place un barrage puis une « barricade » avant d'occuper la sous-préfecture abandonnée par le sous-préfet. Alexis Gourvennec et Marcel Léon sont arrêtés dans la soirée et incarcérés à Brest[7]. Le , le conseil d'administration de la FNSEA demande la libération des deux agriculteurs[1]. Des sabotages des lignes téléphoniques ont lieu dans la nuit suivante et dès le lendemain, des agriculteurs d'autres régions du pays expriment leur soutien aux paysans bretons[1]. Le , une manifestation de 2000 paysans a lieu à Rennes[1]. Des barrages sont aussi mis en place dans le Gers[1].

Michel Debré reçoit Joseph Courau et des mesures sont publiées par le gouvernement pour faire cesser les manifestations[8].Le mouvement gagne toute la région puis, à partir du , de nombreuses autres régions françaises[6]. Le , une manifestation intersyndicale a eu lieu à Saint-Nazaire[9]. Le ministre de l’industrie est pris à partie à Pau, on jette des cageots de pêche dans le Rhône et déverse du fumier devant la préfecture de Guéret[7].

Le , à Morlaix, une foule de 20 000 agriculteurs acclame Alexis Gourvennec et Marcel Léon après leur relaxe[10]. Les manifestations durent jusqu’au [7]. Au total, on a dénombré 112 mouvements de contestation en [7].

Conséquences

Une loi agricole est votée en 1962[2].

Références

Bibliographie

Filmographie

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