Manoir de Blay
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| Manoir de Blay | |||
Façade sud-est du château avant restauration | |||
| Période ou style | Médiéval | ||
|---|---|---|---|
| Type | Maison forte | ||
| Début construction | XIVe siècle | ||
| Fin construction | XVIIe siècle | ||
| Propriétaire initial | Famille des Romestang d'Avalon | ||
| Destination actuelle | Ruiné | ||
| Coordonnées | 45° 36′ 47,1″ nord, 6° 26′ 27,4″ est[1] | ||
| Pays | |||
| Anciennes provinces du duché de Savoie | Tarentaise | ||
| Région | Auvergne-Rhône-Alpes | ||
| Département | Savoie | ||
| Commune | Esserts-Blay | ||
| Géolocalisation sur la carte : France
Géolocalisation sur la carte : Savoie (département)
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Le manoir de Blay est une ancienne maison forte, reconstruite à la fin du XIVe siècle, ou du début du XVe siècle[2], centre de la seigneurie de Blay, réhabilitée au début du XXIe siècle, qui se dresse sur la commune d'Esserts-Blay dans le département de la Savoie, en région Auvergne-Rhône-Alpes.
Le manoir de Blay est situé dans le département français de la Savoie sur la commune d'Esserts-Blay, à l'Est du bourg, sur un monticule rocheux et dominant la vallée de l'Isère.
Histoire
Un premier « château » aurait été construit à la fin du XIIe siècle ou au début du XIIIe siècle par Nicod d'Avalon ; un acte de partage, établi entre 1388 et 1422, entre demoiselle Marie d'Avalon, épouse de Nicod de Salins, et son frère, noble Guigne d'Avalon, mentionne que : « Nicod fit bâtir à neuf le château de Bleys, il y a environ deux cents ans ». En 1301[2], il est remis en fief à la famille d'Avallon. Le château ou manoir actuel pourrait avoir été érigé entre 1390 et 1418.
Les seigneurs de Blay
En 1354[3], François d'Avalon investi du fief de Saint-Paul, transmet la seigneurie de Blay à François de Salins, originaire de Salins-les-Thermes, marié à une fille d'Aymeric d'Avalon. François de Salins, le [3], reconnaît la tenir en fief du comte Amédée VII de Savoie, mais en 1391 et 1392, il en fait reconnaissance à l'archevêque-comte de Tarentaise.
Son fils Jean (†av. 1412) en rend hommage au comte de Savoie. Son propre fils, Pierre de Salins (†av. 1430), est, en 1412, co-seigneur de la vallée de Saint-Paul. Après lui, son fils, Nicod de Salins, marié à Marie d'Avalon, sœur de Guigue d'Avalon, est également qualifié de co-seigneur de Saint-Paul.
Le [3], ou juillet, Amédée VIII de Savoie en donne l'investiture à François de Conzié. Il reçoit le château ainsi que la seigneurie par l'héritage de son neveu Jean de Conzié.
Elle fait retour à la famille de Salins avant 1430. En 1432[3], Nicollet ou Nicod de Salins († v.1479), arrière-petit-fils de François de Salins, marié à Pernette de Duingt, reconnaît tenir en fief la seigneurie du duc Louis Ier de Savoie. En 1445, il se reconnaît être homme lige du duc Louis et en fait reconnaissance en faveur de l'archevêque-comte de Tarentaise.
Son fils, Urbain de Salins, marié à Claude de la Frasse, sans héritier mâle, teste en faveur de sa fille, Jeanne de Salins, le [3]. Cette dernière, le [3], désigne comme héritier universel son mari, Jean du Chatelard, dit de Riddes, fils de Mermet de Riddes, seigneur de Flumet et de Megève.
Jean du Châtelard, châtelain de Flumet, en 1534, pour éviter un fidéicommis, achète, le [3], à Urbain de Salins les terres de Blay et de Saint-Thomas. Cela n'empêchera pas la famille de Chappot, héritier fidéicommissaires, de lui tenir procès. Le , Jean du Chatelard reconnaît tenir, du duc Charles III de Savoie, la seigneurie de Blay. Il est précisé, qu'il détient un troupeau relativement important avec un grand nombre de bovins[4], lorsqu'il teste, le [3], en faveur, de son fils Antoine-Gaspard, et à défaut de descendance, de sa fille Thomassine.
Antoine-Gaspard, en 1573, acense, en 1574, le château et la seigneurie à Jean Clément, notaire ducal de Flumet, et, en 1606, il l'acense à Pierre de Rognaix, fils de Pierre Charles de Rognaix. Il est précisé dans le contrat que le seigneur de Blay ne réside plus au manoir sauf « 3 venues de 5 jours par an ». Il habite dans sa maison de Beauséjour à Saint-Paul. Mort le , l'inventaire de ses biens fait mention de moulins : « ung bastiment contenant trois moulins virantz avec leurs artifices »[5],[6]. Marié, en secondes noces, à Jacqueline de Salins, dont il n'aura pas d'enfants, il institue, le [3], comme héritier, le fils de sa sœur Thomassine et de Jean du Verger, Gaspard du Verger, ce dernier héritant également de sa mère.
Gaspard du Verger, qui épousera, avant 1620, Jeanne Charlotte du Villard, est seigneur de Blay et de Saint Thomas-des-Esserts, co-seigneur de Saint-Paul, de la Vallée de Bozel et Cornillon. À sa mort, il partagera ses biens entre ses deux fils, Gaspard Antoine et François, seigneur de Blay. Son fils ainé, Gaspard Antoine, hérite de la seigneurie de Saint-Thomas des Esserts, de la co-seigneurie de la vallée de Bozel, du château de Melphe (Salins-les-Thermes) et de la maison de Grand Cœur (Aigueblanche), et sera à l'origine de la branche des du Verger de Saint-Thomas. Son frère cadet, François, recueille la seigneurie de Blay, la co-seigneurie de Saint-Paul, la Maison rouge (Conflans), ainsi que des biens à Marthod, et sera à l'origine de la branche des du Verger de Blay, branche qui s'éteindra au début du XIXe siècle.
La dernière occupante du manoir fut dame Antoinette, fille de Laurent de Conflans et de Michée de Crescherel, première épouse du dernier représentant de la famille de Riddes, Gaspard de Riddes. Elle y dicte son testament, le , et y décède, le [3], de la même année.
La tradition veut qu'il ait brûlé la nuit de Noël 1599, mais plus probablement en d'après un inventaire réalisé en 1616. Les parements intérieurs en conservent la trace. Quelle que soit sa date de destruction, le château ne sera pas relevé à la suite de l'incendie.
En 1672, François du Verger acense la seigneurie à Philibert Fontannaz et teste, le . C'est son fils ainé, Joseph du Verger, qui hérite de la seigneurie, qui passe, après lui, à son fils Philibert. Le fils ainé de ce dernier, Charles Philibert, sera le dernier à porter le titre de seigneur de Blay. Le , les habitants de Blay rachètent les droits de la seigneurie.