François de Conzié (Bugey, v.1346 - Avignon, † ou 1432) est un prélat français de la fin du XIVesiècle et du début du XVesiècle. Il est issu de la famille de Conzié.
François de Conzié, appelé aussi de Consié, de Conzieu ou de Gonzie, est né en 1346[1], probablement en Bugey. Il est le fils de Pierre [III] de Conzié et d'Ancelize / Amphelise / Amphéliste de Verboz[1],[2].
Le , François de Conzié accède à l'archiépiscopat d'Arles où il fait rebâtir le palais archiépiscopal. L’historien Jean-Pierre Papon et la GCN[8] signalent la présence en 1390 d’un autre archevêque d’Arles, de l'obédience de Rome, dénommé Raimon III. Mais ce prélat qui apparaît dans une lettre de Boniface IX de , aurait été nommé par Urbain VI et n’aurait pas osé venir prendre possession de son archevêché. Il y aurait eu donc, en même-temps, deux archevêques d'Arles, nommés par les deux concurrents à la tiare[9]. François de Conzié est nommé par la suite archevêque de Toulouse en 1390, puis en 1391 de Narbonne où il accompagne les premiers pas ecclésiastiques de son neveu, le futur cardinal conciliaire Louis Aleman[10]. Il y fait réparer la tour nord de la cathédrale partiellement détruite en 1405 par un incendie. En 1391, il obtient la gouvernance de l'abbaye de Montmajour[1].
En 1411, Jean XXIII nomme François de Conzié, déjà camérier et Vicaire Général d'Avignon, gouverneur des États pontificaux. Ce pape, incapable de régler à Pise les problèmes du royaume de Naples et désirant s'installer à Avignon, lui adresse donc des instructions le , notamment pour les réparations nécessaires au palais des papes[11].
François de Conzié fait restaurer tous les édifices endommagés pendant la «guerre des Catalans», dont le pont d'Avignon, la cathédrale et les remparts[12].
Le , il reçoit l’empereur Sigismond de Luxembourg venu spécialement à Avignon pour passer les fêtes de Noël. L'empereur repart le en emportant une reproduction du palais des papes exécutée par Jean Laurent, architecte, et Maître Bertrand, peintre.
En 1418, quand l’élection de Martin V par le concile de Constance met un terme au Grand Schisme, Pierre d'Ailly est nommé légat à Avignon par le nouveau pontife. Il meurt toutefois peu de temps après et il n'est pas remplacé, François de Conzié continuant de gouverner seul.
Il intervient sur le plan diplomatique notamment auprès du roi d'Aragon.
Mort et sépulture
François de Conzié teste le [1]. Il meurt quelques jours plus tard, le [1],[14], peut être en 1432 selon la Gallia christiana novissima[15],[2], en Avignon[1].
Par son testament, il laisse plusieurs legs à ses neveux, Jacques de Conzié, Henri de Sacconay et François de Menthon. L'un des exécuteurs testamentaires est un autre neveu, le cardinal Louis Aleman[13].
Notes et références
123456789101112131415Sophie Vallery-Radot, Les Français au concile de Constance (1414-1418). Entre résolution du schisme et construction d’une identité nationale, vol.2, Bruxelles, Brepols, coll.«Ecclesia militans, vol. 5», , vol. 1: 629 pages + vol. 2: 354 pages (ISBN978-2-503-56464-7), vol.2, pp.69-72 ([PDF] Volume 2: Notices biographiques).
12Amédée de Foras, Armorial et nobiliaire de l'ancien duché de Savoie, vol.2, Grenoble, Allier Frères, 1863-1966 (lire en ligne), p.157-163.
↑Anne Lemonde, Prince, seigneurs et Église à la fin du Moyen Âge. Les enjeux de pouvoir autour du prieuré de Saint-Martin-de-Miséré (XIIIe – XVesiècles), Grenoble, PUG, coll.«La Pierre et l'Ecrit», , 57-86p. (lire en ligne), chap.26.
↑Gabriel Pérouse, Le Cardinal Louis Aleman, président du concile de Bâle, et la fin du grand schisme, Paris, , 513p. (lire en ligne), p.7.
↑Gabriel Pérouse, Le Cardinal Louis Aleman, président du concile de Bâle, et la fin du grand schisme, Paris, A. Picard et Fils, Éditeurs, , 513p. (lire en ligne).
12Jean-Louis Grillet, Dictionnaire historique, littéraire et statistique des départements du Mont-Blanc et du Léman, contenant l'histoire ancienne et moderne de la Savoie, vol.3, t.2, Chambéry, J.F. Puthod, , p.239.
Joseph-Hyacinthe Albanès, complété, annoté et publié par le chanoine Ulysse Chevalier, Gallia christiana novissima. Histoire des archevêchés, évêques et abbayes de France d'après les documents authentiques recueillis dans les registres du Vatican et les archives locales — Tome: Arles, Montbéliard, 1899-1920 (lire en ligne).
Hélène Millet, «Un archevêque de Narbonne grand officier de l'Église: François de Conzié (1347-1431)», dans Michelle Fournié, Daniel Le Blévec, L'archevêché de Narbonne au Moyen Âge, Toulouse, CNRS, (ISBN2912025443), pp.217–243.
Joseph Girard, «Les États du Comtat Venaissin depuis leurs origines jusqu'à la fin du XVIesiècle. II. Légation de François de Conzié (1411-1431)», Mémoires de l'Académie de Vaucluse, , pp.188-191 (lire en ligne).
Jean-Baptiste Lebigue, «L'ordo du concile de Perpignan», dans Hélène Millet (dir.), Le concile de Perpignan (15 novembre 1408-26 mars 1409), t.24, coll.«Études roussillonnaises-Revue d'histoire et d'archéologie méditerranéennes», 2009-2010, pp.57-67.
Pierre Pansier, «La maison du camérier François de Conzié (1411-1431) et la viguerie d'Avignon», Annales d'Avignon et du Comtat Venaissin, no4, , pp.243-255 (lire en ligne).